Le cercle vicieux du savoir populaire
…ou comment les grands médias abrutissent la masse.
Ma blonde travail dans une maison d’édition, elle est directrice du marketing. Cette maison d’édition a récemment publié un livre sur l’apprentissage morale chez les jeunes enfants.
Voulant diffuser ce livre un peu plus grand public que ce qu’ils font généralement ma blonde a pensé en faire tirer quelques copies par une station de radio et ce en collaboration avec une grande chaîne de libraire et un journal local.
Le livre fut donc envoyé à la station de radio pour évaluation. La recherchiste de l’émission qui devait faire le tirage aimait l’idée alors le livre a été envoyé à la critique littéraire de la station et je ne parle pas ici d’une station de radio communautaire, je parle d’un diffuseur majeur.
La critique littéraire a lu le livre qui fait à peu près 150 pages. Elle l’a trouvé très intéressant, le sujet malgré sa difficulté est bien amené, travaillé et détaillé. Mais, ô grand mais, ce n’est pas ce que leurs auditeurs veulent. C’est trop difficile pour eux. Les auditeurs veulent du « point form », des petits trucs simples alignés dans une liste facile à lire…
Alors le tirage ne sera pas fait. Le livre est bon, intéressant, ce n’est pas le livre le problème c’est l’auditeur : il va être déçu du livre. Ce ne sera pas ce à quoi il s’attendait!
…
À part du fait que l’animateur de l’émission aurait très bien pu, après avoir abordé le sujet, expliquer le type du livre qu’il faisait tirer, je ne vois vraiment pas ce que l’on peu opposé à ce type de raisonnement.
Le besoin de vendre de la pub, de faire vivre la station, de maintenir les auditeurs et en cela de ne pas les décevoir avec le tirage de livre trop difficile à lire tombe sous le sens. Malheureusement ce sens à une direction très claire : celui de l’abrutissement progressif de la masse.
Les grands médias s’adressent à la masse et celle-ci, le croit-on, ne veut pas lire des textes un peu plus difficiles que ceux d’une boite de conserve alors les grands médias ne leur en donne pas et donc la masse ne lit pas autre chose que des listes d’épicerie.
…
Malheureusement, je n’ai pas la force ou le courage de m’indigner ce matin – je me suis couché trop tard.
Il semble bien que le laisser-aller intellectuel est partout aujourd’hui…
.jpm
This entry was posted on Thursday, February 22nd, 2007 at 10:26 am and is filed under Société. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.