Archive pour January, 2012

Réforme de la santé en Ontario

Tuesday, January 31st, 2012

On apprenait hier que la ministre de la santé de l’Ontario, Deb Mattews, allait mettre de l’avant plusieurs réformes dans le système de santé ontarien – ces même réformes que l’on tarde à mettre en œuvre ici…

Plus de pouvoir aux hôpitaux, décentralisation de la gestion, tâche accrue pour les médecins de famille et externalisation des soins. Externalisation des soins? Oui, en fait, sans passé par le privé, la ministre ontarienne veux éviter que les gens se rendent à l’hôpital si ce n’est pas vraiment nécessaire. On parle donc de plus de cliniques externes pour les petits bobos et même de salles d’opération spécialisé où la légèreté d’une petite équipe spécialisé contribuerait à diminuer les coûts et à accélérer le traitement des patients.

Mais il y a plus! Ils comptent également inverser le financement des hôpitaux, un concept dont j’ai parlé à plusieurs reprises et qui fait partie de la plateforme de la CAQ. Radio-Canada parle d’argent qui suit le patient – c’est ça inverser le financement, plutôt que d’envoyer une grosse enveloppe au début de l’année, l’hôpital reçoit des fonds au fur et à mesure qu’elle traite ses patient, ce qui devrait forcer les hôpitaux à devenir plus efficient. C’est d’ailleurs aussi ce qui est appliqué en Suède avec un cadre encore plus intelligent (mon texte sur le sujet).

Et, ho, soit dit en passant, le budget de santé de l’Ontario gruge aussi tout près de 50% du budget provinciale, qui au Québec, regroupe – je le rappelle encore une fois – la santé et les services sociaux. Ainsi donc contrairement à ce que laisse régulièrement croire la droite, nous ne sommes pas pire que les autres, nous faisons face aux mêmes et nous avons les mêmes solutions, le seul hic c’est que nous tardons à les mettre en place.

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Le problème des retraites

Friday, January 27th, 2012

Voici un excellent texte de Pierre Duhamel sur toute la problématique liée aux fonds de pension. Avec M. Harper qui vient d’annoncer une réforme du régime canadien il est plus qu’important de comprendre la mécanique derrière tout ça.

Et, à voir le nombre de commentaire qui suit le texte et le ton de ceux-ci, il n’y a pas de doute, le débat va être houleux!

.jpm

Davos 2012, le doute s’installe

Thursday, January 26th, 2012

Il y a quelques années encore, le sommet économique de Davos en Suisse se déroulait derrière des portes closes et se voulait le rendez-vous des grands joueurs du capitalisme mondial triomphant. On y établissait les grands axes de la mondialisation, on invoquait les immenses succès de la dérèglementation et on concluait des pactes, des traités, des ententes…

Les temps ont bien changés, la crise économique de 2008 (hé oui, ça fait déjà près de 4 ans) a visiblement atteint le cœur du système et de plus en plus d’intervenants le remettent ouvertement en question. Je crois bien qu’on l’on a collectivement réalisé que le balancier politico-économique était allé un peu trop à droite et qu’il est maintenant temps de donner un nouveau coup de barre comme en témoigne le débat d’ouverture au sommet de Davos.

En effet, quand on ne réclame pas le retour en force de l’économie réelle (par opposition à l’économie financière qui a occupé le haut du pavé pendant beaucoup trop d’années), on se demande comment il faut procéder pour bien redistribuer les richesses ou comment réagir face ou nouveau type de capitalisme qu’est celui pratiqué par la Chine. (Le Devoir)

Quoi qu’il en soit la discussion est bel et bien entamé et, même si pour certains il ne nous reste plus que 4 ans de capitalisme avant que tout le système s’effondre, il n’en demeure pas moins que la plupart des grandes institutions (Davos, FMI, OCDE et autres) cherchent des portes de sortie, des façons de transformer le capitalisme en un outil à la fois économique et sociale viable tant pour la planète que pour les peuples qui l’habite.

Cela dit, même si une certaine élite, de plus en plus grande, commencer à tirer la sonnette d’alarme, bien d’autres continues de prôner la fuite en avant. Celle-ci est d’ailleurs très attrayante parce que simple à exprimer : Il faut cesser de tout taxer et mettre l’argent dans les mains des entreprises, ce sont elles qui créent des emplois pas les gouvernements.

L’option opposée est plus complexe plus nuancée et elle n’a pas de réponse toute faite. Il s’agit de trouver un équilibre entre la libre entreprise, l’économie de marché et les rôles de l’État dont notamment, la redistribution de la richesse et la régulation des marchés.

Bref, nous sommes en quelque sorte à la croisé des chemins et nous y serons pendant encore quelques années. De nouvelles solutions doivent émerger, de nouveaux paradigmes doivent être mis en place, il en va, je crois, de notre survie non-seulement économique mais aussi de celle nos sociétés.

.jpm

p.s. Beaucoup de vidéos et de d’articles sont et seront disponibles sur le site du forum économique de Davos dans les jours qui viennent…

Pendant ce temps à Ottawa

Monday, January 23rd, 2012

Ça brasse tellement du côté politique au Québec ces jours-ci qu’on a l’impression qu’il ne se passe plus rien à Ottawa. Et de toute façon si on avait des nouvelles ce ne serait pas celles dont je vais vous parler.

Il y a quelques semaines, un ami dont la blonde est traductrice, m’a informé comme ça au passage qu’Ottawa avait très largement diminué le nombre de documents qu’il entendait traduire. Les traducteurs se cherchent de la job partout parce que celle offerte par Ottawa depuis de nombreuses années s’est sérieusement tarie depuis septembre dernier.

Puis comble du hasard, dans la même journée Radio-Canada annonçait qu’Ottawa venait de licencier tous les profs de langue seconde (de français dans la plupart des cas donc) de la fonction publique. Bien sûr il compte les remplacer – éventuellement – par des profs du secteur privé qui coûtent moins cher, mais gageons que le remplacement se fera tranquillement et à la demande seulement.

Bref du côté bilinguisme de l’État fédérale, on ne peut pas dire que les choses s’améliorent.

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p.s. Passez lire les quelques commentaires au bas de la dépêche de Radio-Canada, c’est toujours intéressant.

Dimitri, Joëlle et les autres

Friday, January 20th, 2012

Vous avez peut-être vu les publicités faites par diverses commissions scolaires et syndicats de l’enseignement concernant leur opposition à l’obligation pour tous les élèves de faire une demi-année en anglais à la fin du primaire… Ça va comme suit : Dimitri a toujours de la difficulté à lire en français, il ne peut pas se permettre une demi-année intensive en anglais. Bloquons l’anglais intensif en sixième année.

En effet, il y a un problème et on fait bien de le souligner. Dimitri a encore de la difficulté à lire. Mais alors, que fait-il en sixième année! Comment se fait-il qu’il est rendu là et qu’il a toujours de la difficulté à lire? Le problème ce n’est pas l’anglais intensif, le problème c’est que Dimitri est en sixième et qu’il ne maitrise toujours pas la lecture à l’aube de son passage au secondaire! Il est là le problème!

Le Québec n’en peut plus du nivelage par le bas, il est décrié partout, mais à chaque fois qu’on veut aller plus loin on nous dit que c’est impossible parce qu’il ne faut pas oublier les plus faibles, parce qu’il faut attendre Dimitri… Avec cette logique on devrait faire reprendre toute la classe et attendre Dimitri avant de passer à l’écriture! Un second problème ici.

Je sais, toute cette transition est compliquée, mais il y a déjà une multitude d’écoles qui offrent ce programme à ces élèves. Évidemment si toutes les écoles, les commissions scolaires et les profs ne travaillaient pas en vase clos ce serait plus simple, mais ce n’est pas le cas. Alors on va encore réinventer la roue, ça va être le bordel et tout ce beau monde va tirer sur son bord de la couverte plutôt que de travailler ensemble. Voilà le troisième problème.

Sont-ce là de grands problèmes fondamentaux et insurmontables? Pas le moins du monde! Ce sont de faux problèmes, ce sont des problèmes que l’on se crée nous-même! La cause? Égoïsme, manque de volonté, incapacité à voir l’ensemble, culture du chacun pour soi, habitude à ne voir que les cas particuliers, je ne sais pas… Mais on a un ostie de problème et ce n’est certainement pas le cours d’anglais intensif…

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Nouvelle économie : Quelques vidéos

Tuesday, January 17th, 2012

Econ4 est un jeune site web faisant la promotion d’un changement de régime économique, d’une révolution ou d’une transformation du modèle actuel…

Leur vidéo de présentation est intéressant, il est disponible sur la page d’accueil. Par le plus intéressant, parce que l’on y parle de solution se trouve dans la section vidéo de leur librairie de contenu.

Je vous en propose trois en particulier. Le premier est une présentation du livre America Beyond Capitalism de Gar Alperovitz sur The Real News Network est très intéressante. On y présente une approche de « socialisme décentralisé » qui passe principalement par un fort accroissement des coops de travail et des entreprises de type démocratique et propriétaire. Ce qui est le plus intéressant en fait c’est sa façon de présenter la chose en soulignant qu’il s’agit principalement de décentraliser le pouvoir économique en décentralisant la propriété économique. Le lien est clair et la solution aussi. Belle idée.

Les deux autres vidéos que je vous propose sont ceux du groupe New American Dream. La première porte sur le développement d’une économie dite de plénitude. Le concept est simple et clairement exposé. C’est, mis très simplement, le projet le plus proche et le plus semblable à ce que je propose moi-même ici depuis des années. Je suis d’ailleurs à travailler une présentation plus soutenue de ce modèle… Disponible un jour peut-être.

La seconde vidéo est sur les coûts du consumérisme et la façon de les faire diminuer, voire de changer complètement notre rapport à l’argent. Les principes de bases sont exposés clairement, mais les moyens pour briser le cercle vicieux sont, à mon sens léger. Je suis par ailleurs en train de lire un livre qui propose (et même prédit) que ce sont plutôt les entreprises qui vont s’orienter vers une offre de produit et une mise en marché plus humaine, plus proche d’un authentique rapport social… On verra bien.

En attendant, bonne lecture.

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Du déficit d’attention

Thursday, January 12th, 2012

J’ai vécu une expérience très intéressante durant les fêtes autour du déficit d’attention, une expérience qui m’a fait réaliser toute la profondeur du problème, sa complexité et une part du laisser-aller qui fait aussi souvent parti de l’équation.

Voici ce qui est arrivé : Au jour de l’An, ma belle-mère, qui a un très sérieux problème de déficit d’attention, décide de sortir le champagne. Elle pose la bouteille sur le comptoir, me demande de la déboucher et part chercher les verres. Elle revient deux minutes plus tard avec cinq coupes. Je lui fais alors remarquer qu’il en manque une. Nous sommes six adultes. Mon beau-père, ma belle-mère, moi et ma blonde ainsi que le frère de ma belle-mère et sa femme. Facile à compter… Sa réponse à ma remarque : « Je n’ai pas compté. »

Elle a fait quoi alors? Elle est partie chercher des coupes et en a pris une quantité au hasard? Je ne crois pas. En retournant à la maison ce soir-là, j’ai reparlé à ma blonde de l’événement, nous avons comparé nos lectures…

Pour moi, ma belle-mère était partie chercher six coupes, mais avait perdu le nombre en cours de route et était revenu sans même se rappeler qu’elle devait les compter, elle était déjà ailleurs. Pour ma blonde, sa mère était partie pour chercher six coupes, mais s’était laisser distraire par les diverses coupes disponible, celle de son mariage, les coupes à vin, les coupes à champagne, etc. et était revenu avec cinq coupes ayant complètement oublié que nous étions six.

Nous avons alors échangé sur le déficit d’attention. Cela nous arrive tous au travail, on se lève pour aller demander quelque chose à quelqu’un et une fois sur place on a oublié ce que l’on venait y faire. Dans les cas des gens qui ont un sérieux déficit, ça arrive plus souvent. Ils se laissent distraire plus facilement ou ils perdent plus facilement le fil de leur pensée.

Il m’est difficile de comprendre comment on peut autant manquer d’attention et comment il est possible de ne pas se reconcentrer. Ma belle-mère peut bien avoir oublié le nombre de convive, mais une fois les coupes dans les mains, une fois qu’on les saisies, il me semble que l’on revient facilement à notre objectif premier et que même si on a oublié le nombre de coupe, il est facile de les recompter. Reste que comme tout le monde, il m’arrive de perdre le fil et de revenir à mon bureau les mains vides. J’ajouterais que cela m’arrive généralement plus quand je suis stressé. Et, c’est logique, on a plus de choses en tête alors il est plus facile d’en laisser tomber une ou deux. Idem pour ma belle-mère, le temps des fêtes c’est stressant pour elle.

Ainsi, le déficit d’attention est multiforme et les causes des oublis sont multiples et pas toujours facile à identifier. Le stress semble également jouer un rôle important dans l’équation – ma belle-mère est d’ailleurs une personne très stressé, elle s’inquiète de tout. Cela dit, il me semble en comprenant tout ça et en ayant eu l’occasion d’observer le déficit d’attention en plein action qu’il est tout à fait possible pour les gens qui en sont atteint de le combattre en faisant des efforts qui ne m’apparaissent pas comme surhumain.

Développer sa capacité à se concentrer, ce n’est pas hors de porter, s’habituer à se revérifier ce n’est pas impossible, loin de là. Bien sûr, utiliser du Ritalin c’est plus facile et parfois j’imagine, nécessaire, mais faire dans certains cas faire des efforts serait certainement tout aussi bénéfique.

Bref, vivre avec un déficit d’attention, ce ne doit pas toujours être évidant, mais si on en identifie les causes et si on travaille à développer sa concentration, il doit être possible de la combattre, j’en suis convaincu.

.jpm

Du cuisinier aux patrons des multinationales

Wednesday, January 11th, 2012

Je suis officiellement à bout de tous ces reportages, émissions, entrevues, glorifications, etc. que l’on fait d’une faible fraction de la population active. Non mais c’est vrai, depuis quelques années ce sont les cuisiniers, ces créatifs maîtres de l’art culinaire que l’on nous sert à toutes les sauces, mais avant c’était les humoristes et c’est en continu les acteurs, les chanteurs et les personnalités du petit écran.

Et puis, il y a les médecins que l’on dépeint dans une foule de série, les policiers, enquêteurs et justiciers de toutes sortes qui occupent une large part du petit écran. Au Québec, on aime bien les profs, le hockey  et la décoration (comme bien d’autres d’ailleurs).

Bien sûr il arrive que l’on nous présente du monde normal, des secrétaires, des gens qui travaillent à l’usine, mais ce sont toujours des personnages secondaires ou quand ils sont centraux, c’est dans des drames d’une incroyable platitude.

Bon, évidemment je suis bien conscient que le travail dans une épicerie ou dans une boîte de haute technologie n’est pas nécessairement l’endroit idéal pour développer une série télé pleine de drame d’humour et de rebondissement. Ce qui me fatigue en fait c’est cette célébration exagérer, cette glorification que l’on fait de certains acteur de la société – surtout les créatifs. On les invite partout, on leur demande leur avis sur tout et on cherche continuellement à nous faire voir leur processus créatif, comment tout cela est beau et fantastique.

D’accord le travail d’un comptable est moins excitant que celui d’un chef cuisinier, mais il n’est pas moins créatif, il n’a pas moins de problèmes moraux et chaque comptable a son approche particulière, sa façon de définir son travail et de mettre en œuvre les mandats qui lui sont confiés. Encore ici, je suis bien conscient que l’on ne peut pas faire une émission pour chaque métier, mais une seule où l’on nous présente des gens ordinaire et leurs défis ordinaire et peut-être extraordinaire ce ne serait peut-être pas trop demander…

Cela dit, il y a pire à l’autre bout du spectre. À la télé, dans les dramatiques, dans les variétés, on ne parle pas de comptable, d’adjointe aux ventes ou de cadre intermédiaire, par contre on parle beaucoup de patrons. Ceux-là n’ont pas d’émission à eux, on ne leur demande pas leur avis, non plus qu’on leur consacre de soirée, mais on parle souvent d’eux, généralement en mal. Ce sont des bandits à cravate, des vaut-riens qui se pognent le cul toute la journée pour une paye faramineuse.

Soyons honnête, s’il y en a quelques-uns qui répondent à cette description, la grande majorité sont d’honnêtes travailleurs qui mettent un nombre incalculable d’heures dans leur entreprise et qui ont à cœur le succès de cette dernière et le bien-être de leurs employés. Eux, on en parle, mais on en parle en mal… J’imagine que c’est pire que d’être juste absent.

Mais bon le monde ne changera pas, on aime le succès des créatifs, sont tellement plus intéressant, et tant pis pour le reste.

.jpm

Brèves : Lecture politique internationale

Monday, January 9th, 2012

Intriguant, voici deux excellents textes de Joseph Facal, l’un sur la montée de l’islamisme en Égypte d’où il revient d’un court séjour et l’autre sur la montée en puissance de la Chine et le long chemin qu’elle devra parcourir si elle veut s’imposer comme première puissance mondiale…

Intriguant? Oui, les textes sont excellent et ils nous rappellent que l’on est aujourd’hui à la croisé des chemins, mais malgré cela et surtout le fait que je viens de terminer un cours en politique des relations internationales, je n’ai absolument rien à dire à ce sujet.

Je pourrais disserter, certes, sur la montée de l’Islam ou sur les défis qui attendent la Chine, mais mes commentaires seraient entièrement économique ou social, rien autour des relations internationales… Bref, intriguant pour moi, parce que ce cours ne m’a pratiquement rien appris. M’en suis tout de même tiré avec un A. Allez, bonne lecture!

.jpm

Démystification de quelques mythes économiques

Friday, January 6th, 2012

Voici quatre citations tirées du plus récent brûlot d’Éric Duhaime démagogue en chef de la droite libertarienne.

« La gauche a tendance à croire que la richesse est limité et qu’il faut la partager. »
« La gauche croit que l’argent n’est pas créer qu’elle n’est que volé aux plus pauvres par les plus riches. »

« La droite dit que les riches créent de la richesse à partir de rien. »
« La droite croit que les riches ne gardent qu’une fraction de la richesse qu’ils produisent. »

Évidemment pour Duhaime tout est pure vérité alors que pour la gauche, du moins celle décrite par les droitistes qui occupent l’espace publique, c’est l’inverse qui est vrai. Bien sûr la réalité est plus nuancée, mais il est facile de s’y perdre. Alors voici quelques explications qui devraient démystifier tout ça.

À tout moment donné, la somme totale de l’argent disponible est finie. L’échange, le commerce est donc un jeu à somme nul et la gauche a raison de dire que la richesse doit être partagée. Dans ce jeu à somme nul, pour accumuler de l’argent il faut en soustraire à quelqu’un quelque part. Dans notre économie moderne ce prélèvement vient soit des salaires et des payements faits pour les matières premières, soit du prix exigé pour le produit. Dans un cas on ne rémunère pas suffisamment les producteurs puisque le produit vaut plus cher. Dans l’autre on surcharge pour un produit qui a visiblement coûté moins à faire. Évidemment le profit dont il est question ici a une fonction dans l’économie, mais à la base il faut soustraire à quelqu’un l’argent que l’on accumule.

D’un autre côté on peut également dire qu’à tout moment donné la somme totale de l’argent disponible s’accroit. Dans les fait, contrairement à ce beaucoup de gens croient, ce n’est pas l’État qui crée le plus d’argent, ce sont les banques qui par leur prêts créent de l’argent neuf. En effet, les banques du monde entier peuvent prêter plusieurs dizaines de fois ce qu’elles ont dans leur coffres. Le ratio dépôt sur prêt, régis par les gouvernements, oscillent quelque part autour de 5%, mais dans certains pays comme aux États-Unis, il n’y a même pas de ratio minimum, les banques peuvent donc prêter tant qu’elles le veulent. La droite a donc raison de dire que l’argent générer dans une transaction n’a pas été prise à personne.

La réalité se trouve bien sûr quelque part entre les deux et, bien malin qui saura dire exactement où elle se situe.

Maintenant, est-ce que les riches créent de la richesse à partir de rien et en gardent-ils qu’une petite fraction?

D’entrée de jeu dire que les riches créer de la richesse à partir de rien est largement exagérer. L’entrepreuneurship c’est une chose. C’est important et il faut le reconnaitre, mais démarrer une entreprise avec cinq dollars en poche c’est devenu très difficile voire impossible. Il faut des investisseurs et très peu d’entreprises fonctionnent sans aucun intrant. L’entrepreneur ne crée donc pas de la richesse à partir de rien. Il a besoin de capital, de matière première et de main d’œuvre et la création de la richesse qui peut s’en suivre sera tributaire de la participation de tous les composants. Reste que l’entrepreneur est le chef d’orchestre dans tout ça et qu’en ce sens c’est bien lui qui coordonne le tout pour créer de la richesse.

Cette création de richesse doit être récompensé et les grands patrons le font souvent grassement, c’est du moins ce que dénonce la gauche. Gérer une grande entreprise (qu’on l’ait mis sur pied soi-même ou pas) est très prenant, difficile et risqué. Il est donc tout à fait normal que PKP gagne plus que la réceptionniste à l’entrée de siège social de Vidéotron. Cela dit, est-ce que le traitement de ces grands patrons équivaut à la richesse généré? Est-ce que l’on peut sérieusement dire que le patron de Métro génère toute la richesse créée par l’entreprise? Certainement pas. Les grands patrons contribuent peut-être plus que certain à générer cette richesse mais certainement pas à la hauteur des salaires qui leurs sont versés depuis un certain nombre d’année. Il y a une chaine de production derrière ces gens et chaque maillon de la chaine est important.

Encore une fois, il est difficile de cerner exactement la part qui revient à un individu dans la création de richesse, mais à mon sens, il est exagérer de dire que les patrons ne retirent qu’une petite fraction de ce qu’ils créent comme richesse. Disons qu’au mieux ils ont leur juste part et qu’au pire ils en retirent une part disproportionné.

Au bout du compte je continuerai de dire que la gauche comme la droite peuvent facilement faire dans la démagogie et omettre volontairement de nuancer leur propos. Ceci est fort malheureux parce qu’au bout du compte ça discrédite tout le monde et ça alimente le cynisme.

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