Archive pour September, 2010

Lecture : Éteignoires et Nouvelles scientifiques

Thursday, September 30th, 2010

Je vous propose un peu de lecture en ce petit jeudi pluvieux…

Washington : La montée des éteignoirs de Jean-François Lisée vaut vraiment le détour. Il analyse la montée de la droite obscurantiste américaine, brosse un portrait sommaire de celle-ci de ses positions et de ses influences et plus de nous proposer une vue d’ensemble de l’avenir politique Américain des prochaines années.  Excellent texte pour avoir une idée de ce qui se passe chez nos voisins du sud.

Wired et The Singularity Hub nous propose de bons petits textes sur les plus récents développements de la science.

Sur le site de Wired vous trouverez une première dans l’Histoire de l’Homme : la découverte d’une planète extrasolaire qui a toutes les chances d’abrité la vie ou d’être en mesure de le faire! En effet, les astrophysiciens ont déjà trouvé une multitude de planète extrasolaire, mais celle-ci est la première qui réunit toutes les conditions à la vie que nous connaissons sur terre, mieux encore, elle est toute proche, à peine 20 années lumières.

Sur Wired toujours vous trouverez également un article d’intérêt sur la conscience chez les animaux. Je ne le savais pas mais il existe un test fort simple pour vérifier si un animal a une certaine conscience de lui-même. Ça s’appelle le  test de la marque et ça consiste à faire une marque sur un animal et à lui fournir un miroir pour ensuite voir s’il est capable de l’identifier sur son corps. À ma grande surprise l’éléphant, dauphin et le chimpanzé sont déjà reconnu pour passer le test aisément. Le débat de cet article tourne autour du macaque qui serait capable de se reconnaitre mais qui ne passe pas « le » test de la marque soulevant une flopée de question sur les « niveaux » de conscience.

Dernière lecture, celle-ci toute petite, The Singularity Hub propose une belle image qui montre bien l’évolution de la technologie mettant côte-à-côte un iMac de 2000 et le iPhone G4 de 2010, assez impressionnant.

.jpm

La grande aventure

Wednesday, September 29th, 2010

J’aime bien les récits de grandes aventures que publient régulièrement les magazines. Le dernier que j’ai lu c’était dans le Châtelaine de ma blonde… Un couple mi-vingtaine racontait son périple à travers les Amériques. Ils sont partie en Alaska et descende vers la terre de feu en Argentine!

La chose étrange dans tout ça c’est comment on souligne à grands traits que ces voyages nécessitent courage, dépassement, planification et bien sûr les immenses récompenses humaines que l’on en retire. L’article proposé par Châtelaine était un modèle du type. Difficulté du quotidien, route sous la pluie, petits bobos puis, bien sûr, paysages magnifiques et rencontres surprenantes…

Qu’y a-t-il d’étrange? C’est simple, c’est l’apparente opposition de ce type d’aventure avec celui de la vie normale, celle du petit couple de banlieue avec deux enfants et deux boulots, comme si la vie de ceux qui ne choisissent pas de traverser les Amériques en vélo était simple, dénué de récompenses et de paysage magnifique.

Je ne vous parlerai pas de l’esthétisme des rues de banlieues au printemps quand la brume se lève sur une rue déserte parcourue d’une multitude de grands bacs bleus parfaitement alignés ou de celle des rues couvertes de feuilles multicolores à l’automne et bourré d’enfants tout aussi multicolores s’y amusant à grands cris.

Je vous parlerai simplement, sachant très bien que je n’ai pas besoin de m’étendre, du rituel des lunchs pour l’école, de celui du brossage de dents, de ce combat soutenu qu’il faut faire pour élever des enfants… Je vous parle des horaires complexes à gérer, de cette vie de famille où l’on fini malheureusement si on ne fait pas attention par ne plus se voir vraiment, je vous parle du quotidien qui peut tuer la vie de couple, de tous ces petits tracas qui finissent par nous ronger…

Et à travers ce parcours accidenté de la vie de famille en banlieue, quand votre beau-frère arrive à l’improviste, vous mettez la table, vous partagez un repas et vous vivez un moment hors du commun.

Je veux bien croire que traverser les Amérique en vélo est toute une aventure, mais de grâce cesser de tenter de nous faire croire que la vie ordinaire n’en n’est pas une.

.jpm

Au-delà de fables

Tuesday, September 28th, 2010

Je suis un peu moins fâché ce matin, mais je reste tout de même écœuré par cette campagne de salissage de la gauche. On tente visiblement de discrédité la gauche avant même qu’elle ouvre la bouche en l’associant au socialisme et au communisme à tords et à travers. Il n’y a personne, absolument personne au Québec qui veut mettre en place un État socialiste, pas même Québec Solidaire qui reste sommes toutes un parti de centre gauche. Cela dit on ne peut pas en dire autant d’une certaine droite qui rêve d’un État libertarien – c’est-à-dire à peu près pas d’État.

Mettons les pendules à l’heure.

Un.
La social-démocratie n’a pas pour but d’égaliser les revenus de tous, pas du tout. Le but d’un gouvernement social-démocrate c’est d’égaliser l’accès de chacun aux services essentiels et à un niveau de vie normal pour le pays dans lequel il habite. C’est pour cette raison que l’éducation et les services sont gratuits.

Il n’est pas non plus question de taxer les plus riches simplement pour le redonner bêtement aux plus pauvres. L’idée est plutôt de taxer ceux qui ont su profiter des services de l’État (car il faut bien voir que quelqu’un qui prospère au Québec, le fait en partie parce qu’il a reçu une bonne éducation, parce qu’il a été maintenu en santé … parce que les rues sont déneiger l’hiver) pour le remettre dans le système afin de permettre aux générations suivante d’avoir les mêmes services.

Deux.
La gauche n’est pas contre la diminution de la taille de l’État – elle est contre la diminution de son rôle. Par contre, il faut bien se rendre compte que quand la droite par de diminuer la taille de l’État elle parle également de diminuer son rôle d’où une grande partie de la confusion qui règne dans les échanges.

Il n’est pas question de maintenir des centaines de fonctionnaires à rien faire. Les gens de gauche aussi se fâchent quand ils constatent que ça prend six gars de la voirie pour changer une ampoule, mais ils ne veulent pas nécessairement tout confier au privé pour autant. Changer des ampoules ça n’a pas un grand impact, ça peut bien passer au privé (tant que ça ne coûte pas plus cher aux citoyens – comme dans le cas des panneaux de signalisation), par contre l’aménagement d’un quartier, ça doit rester au public.

Trois.
La gauche est pro-syndicat c’est vrai, mais pas à tous prix. La gauche croit que le droit de se syndiquer (de se regrouper pour faire contrepoids aux grands patrons) est fondamental, mais quand elle voit quel foutu bordel sont devenu les conditions de travail des infirmières parce que les syndiqués coûtent trop cher ils ont autant envie que la droite de mettre la hache dedans.

Cela dit transférer les soins au privé n’est certes pas la solution. Tous les rapports les disent, toutes les études le soulignent, les soins de santé coûtent beaucoup plus cher aux États-Unis qu’au Québec. Il faut réformer le système et oui, c’est plus compliquer au public, c’est vrai. Mais le privé est là pour faire des profits et la gauche ne croit pas que ça peut aller de pair avec la santé.

Quatre.
La gauche n’est pas contre l’entreprise privé, loin de là. Elle considère simplement que pour certains services et exploitations (notamment les monopoles naturels) l’État fait un meilleur travail parce qu’il n’est pas ronger par l’appât du gain maximal. Mais cela ne veut certainement pas dire qu’il peut se permettre d’être indéfiniment déficitaire.

Le cas de la SAQ est intéressant. Doit-on la privatiser? Pourquoi pas? Ce n’est pas un monopole naturel  et on paye les commis très cher… Mais les gains sont là. La SAQ a versé en dividendes 867 millions de dollars l’an dernier dans les coffres de l’État. Pour pouvoir verser autant, le privé devrait faire des profits de 3 milliards de dollars par an! Et ce alors que le chiffre d’affaire actuel de la SAQ est de 2.5 milliards, il y aurait loin de la coupe aux lèvres c’est le moins qu’on puisse dire. La SAQ est donc largement plus rentable pour l’État québécois que n’importe quelle entreprise privée.

… Bref la gauche est globalement pour un État fort qui oriente la société et qui intervient dans l’économie alors que la droite prône un État qui sans être minimal (ça c’est plutôt l’extrême droite) intervient beaucoup moins.

Évidemment comme dans toutes choses, la modération a bien meilleur goût. Nous avons donc besoin de discuter pour savoir quelle position centrale nous voulons adopter. Nous devons encadrer par des règles simples et claires autant que possible ce qui relève du public, ce qui relève du privé et la manière dont ces deux entités sont appelées à interagir. Et de grâce ne me dites surtout pas qu’on n’a rien qu’à laisser le marché s’organiser tout seul! Le marché ne s’organise pas tout seul, le marché est organisé par les acteurs qui y agissent et certains ont inévitablement plus de moyens que d’autres… Ne me faites pas accroire que le marché de la téléphonie cellulaire est libre au Canada alors qu’on y paye des tarifs largement plus élevé qu’ailleurs.

.jpm

p.s. Je vous reviens demain avec un sujet plus léger … et jeudi avec le sur-encadrement du système de santé.

Deux leçons…

Friday, September 24th, 2010

Ça y est je suis fâché! J’ai encore reçu ce matin un de ces petits textes qui circule sur le net pour expliquer pourquoi le socialisme est mauvais et pourquoi on devrait cesser d’être à gauche, mettre la clé dans la porte et tout vendre au privé. Je suis exédé par ces petits textes simplistes et bourré de demi-vérité, comme si le socialisme stalinien avait quelque chose à voir avec les systèmes socio-démocrates d’aujourd’hui, comme si être à gauche voulait nécessairement dire que l’on est socialiste voire communiste!

Ne voyons-nous pas ce qui se passe? Cette constante campagne de discrédit de la gauche! Une campagne de lâche sans discussion où les arguments se résument toujours à présenter quelques modèles simplistes qui n’ont à peu près aucune prise dans la réalité? Je fâcher donc et j’ai réagi en écrivant, moi aussi une petite fable simple pour ceux qui voudraient répondre aux autres droiteux qui ne comprennent pas qu’ils basent leur réflexion sur une version hyper-simplifier de la réalité…

Voici le texte que j’ai reçu :

Leçon de socialisme…

Un professeur d’économie dans un cegep annonce fièrement qu’il n’a jamais vu un seul de ses élèves échouer, à l’exception d’une année, lors de laquelle la classe entière a connu l’échec.

Cette classe était entièrement convaincue que le socialisme est une idéologie qui fonctionne et que personne n’y est ni pauvre ni riche, un système égalitaire parfait. Le professeur a alors dit : « Très bien. Nous allons mener une expérience du socialisme dans cette classe. À chaque contrôle, on fera la moyenne de toutes les notes et chacun recevra cette note. Ainsi personne ne ratera son contrôle et personne ne caracolera avec de très bonnes notes ».

Après le 1er contrôle, on fit la moyenne de la classe et tout le monde obtint un 13/20. Les élèves qui avaient travaillé dur n’étaient pas très heureux au contraire de ceux qui n’avaient rien fait et qui eux étaient ravis. À l’approche du 2ème contrôle, les élèves qui avaient peu travaillé en firent encore moins tandis que ceux qui s’étaient donné de la peine pour le 1er test décidèrent de lever le pied et de moins réviser. La moyenne de ce contrôle fut de 9/20! Personne n’était satisfait. Quand arriva le 3ème contrôle, la moyenne tomba à 5/20.

Les notes ne remontèrent jamais alors que fusaient remarques acerbes, accusations et blasphèmes, dans une atmosphère épouvantable, où plus personne ne voulait faire quoi que ce soit si cela devait être au bénéfice de quelqu’un d’autre.

À leur grande surprise, tous ratèrent leur examen final. Le professeur leur expliqua alors que le socialisme finit toujours mal car quand la récompense est importante, l’effort pour l’obtenir est tout aussi important tandis que si on confisque les récompenses, plus personne ne cherche ni n’essaie de réussir.

Voici un petit extrait du discours qui résume parfaitement les choses :

« Vous ne pouvez pas apporter la prospérité au pauvre en la retirant au riche. Tout ce qu’un individu reçoit sans rien faire pour l’obtenir, un autre individu a dû travailler pour le produire sans en tirer profit. Tout pouvoir ne peut distribuer aux uns que ce qu’il a préalablement confisqué à d’autres. Quand la moitié d’un peuple croit qu’il ne sert à rien de faire des efforts car l’autre moitié les fera pour elle, et quand cette dernière moitié se dit qu’il ne sert à rien d’en faire car ils bénéficieront à d’autres, cela mes amis, s’appelle le déclin et la fin d’une nation. On n’accroît pas les biens en les divisant. » - Dr. Adrian Rogers

En passant, au Québec, 40% de la population ne paie  pas d’impôt….

Voici le texte que j’ai pondu :

Leçon de capitalisme

Un prof de sociologie qui s’est retrouvé face à une classe d’étudiant entièrement convaincu que le capitalisme n’avait que des avantages et qu’il enrichissait tout le monde décida de faire une petite expérience avec ses étudiants.

Il décida de commencer la session en donnant au hasard une certaine quantité de points à chaque élève. Certains en avaient plus d’autres moins. Étant prof de sociologie il décida cependant de ne pas visiter les extrêmes, ainsi personne dans la classe n’avait au départ plus de 5 fois les points d’un autre.

L’idée était que les étudiants allaient pouvoir, tout au long de la session, échanger des points entre eux contre des bonnes réponses aux examens – les examens seraient tous composé de questions courtes à développement demandant une préparation préalable et les étudiants auraient accès à une banque de questions à partir de laquelle l’examen serait composé.

Pour le premier examen, tous les étudiants travaillèrent les questions. La répartition des points reflétait la courbe normale. Fort de leurs points de départs et de leurs résultats individuels, certains étudiants ayant accumulé plus de points commencèrent à acheter des réponses aux autres distribuant ainsi leur travail. Les étudiants ayant moins de points que la moyenne répondirent à l’appel sachant qu’ils pourraient ainsi augmenter leur pointage, mais ce faisant, de par la distribution du travail exigé, ils ne pouvaient pas travailler toutes les questions.

Le système favorisa bien vite ceux qui avaient eu plus de points au départ et ceux qui avaient plus de facilité dans cette matière. Fait intéressant, au fur et à mesure que le pointage se polarisait le nombre de points exigés pour travailler une question baissait. Cela ne surprit pas le professeur puisque les élèves détenant beaucoup de points étaient peu nombreux et que ceux qui en avaient moins se retrouvaient en compétition les uns avec les autres pour aller chercher les quelques points disponibles.

À la fin de la session, les résultats étaient représentatifs du mouvement des points durant la session. Quelques élèves avaient réussi à en amasser beaucoup et avaient cessé d’étudier, il ne faisait plus que gérer leurs points, d’autres se retrouvaient dans la moyenne et devaient travailler à chaque examen pour obtenir des points et réussir à en acheter quelques-uns et enfin une autre minorité (mais celle-ci plus grande que la première) se retrouvait avec très peu de points même si elle avait travaillé fort toute la session. N’avaient-ils pas été payés pour leurs efforts? Absolument, mais le hasard aura voulu qu’ils n’aient pas préparés les bonnes questions et que le manque de ressources chroniques ne leur aura pas permis de remonter la pente.

Je n’ai pas de belle citation sur le capitalisme sinon cette simple constatation : L’économie est un jeu à somme nulle. Tout ce qui est gagné quelque part l’est fait au détriment de quelqu’un. Si quelqu’un fait un profit c’est qu’il n’a pas rétribué suffisamment quelqu’un d’autre ou qu’il demande trop pour ce qu’il vend à quelqu’un d’autre.

Et oui, c’est vrai, il y a 40% de personnes qui ne paye pas d’impôts au Québec : Ce sont en très grande partie les étudiants et les retraités. D’ailleurs ce taux est à peu près le même partout au Canada et, si ma mémoire est bonne il est même plus élevé en Ontario.

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Lecture : Montée de la droite, déconfiture de la gauche ?

Thursday, September 23rd, 2010

 Je vous propose aujourd’hui une lecture que je n’ai même pas faite, mais que je compte bien faire. Le texte intitulé Pourquoi l’Europe s’enracine à droite est en fait un échange entre Frédéric Joignot journaliste au magazine Le Monde et l’auteur italien Raffaele Simone auteur du livre Le monstre doux. L’occident vire-t-il à droite? qui semble faire une excellente critique de l’actuel positionnement de la droite et de la gauche.

Bonne lecture,

.jpm

La fin de la récréation

Wednesday, September 22nd, 2010

Ces dernières semaines nous avons eu droit à plusieurs appels au réveil, au retour à la réalité. Ce fût le Conseil du Patronat du Québec, puis le Réseau Liberté Québec et ensuite un groupe de gens d’affaire du Québec… Tous veulent nous réveiller, nous sortir de notre engourdissement collectif et remettre les Québec sur les rails.

Si le message est clair pour la gauche, comme pour la droite, pour les fédéralistes comme pour les souverainistes, les propositions concrètes se font, quant à elles, encore attendre.

Tout le monde s’entend : Il y a des changements à apporter et il faut en discuter. Mais mis à part les appels répété au changement et les multiples mises en garde contre tel ou tel dérapage idéologique, économique ou sociologique, personne ne semble vouloir se mettre la tête sur le billot et proposer quelque chose. Car, soyons honnêtes, les appels à l’amincissement de l’État, à la hausse de tarifs ou encore à l’augmentation des redevances minières restent généralement plutôt flou.

Amincir l’État, bien sûr, tout le monde s’entend là-dessus, la gauche comme la droite, mais comment, jusqu’où et dans quel optique? Il y a X centaines de fonctionnaires à l’environnement, c’est trop! D’accord, mais on garde quoi à l’interne, on confie quoi au privé et on encadre comment ce qui sera confié au privé? Et question cruciale : Est-ce que ça va vraiment nous couter moins cher au bout du compte?

Évidemment, vous me direz, tout ça est très complexe et les discussions ne peuvent se faire dans les médias… Et toi, et toi, le chialeux de salon, tu n’es pas mieux! C’est bien vrai, mais je ne m’appelle pas le Conseil du Patronat moi!

Et puis, ce n’est pas si compliqué que au fond. Je vous donne un exemple. Il est tiré de la table ronde sur les gaz de schistes qui était présenté par le canal CPAC l’autre soir, c’est une proposition de M. Normand Mousseau, un physicien de l’Université de Montréal spécialisé dans les matériaux complexes. Son idée est simple, proposons un partenariat aux États de le Nouvelle-Angleterre afin qu’ils puissent se débarrasser de leur vieilles centrales au charbon et qu’ils se dotent de nouvelles sources d’énergies vertes éolienne et solaire en toute quiétude en leur garantissant de compenser les diminutions de tension qu’ils pourraient subir lors de creux de vents ou de période nuageuses soutenues.

Je sais, c’est un exemple simple, mais à mon sens il représente bien ce que nous devons visé dans les solutions proposées. Des éléments créateurs de richesse, de stabilité qui imprègnent en même temps une direction à l’État et à la société – dans ce cas ci un projet qui s’inscrit clairement dans un mouvement régionale visant à réduire la pollution et à répartir le coût de cette réduction tout en créant de nouvelles opportunités d’affaire.

Bien sur ce n’est pas une solution aux problèmes du système de santé ou du système scolaire, mais c’est dans cet esprit d’une pierre deux coups (comme celui d’investire dans le déplacement à vélo – qui est moins polluant et garde en forme) que nous allons trouver les meilleures solutions – mais ça prends du concret!

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Croissance et confiance

Monday, September 20th, 2010

Bonjour Mme. Elgrably, j’ai lu vos deux plus récents textes sur la crise économique. J’ai bien compris dans Relancer la relance que les plans de sauvetages de plusieurs milliers de milliards n’avaient servi à rien et bien saisi dans La clé de la prospérité que rien ne valait mieux qu’un taux d’imposition faible et un État léger pour relancer l’économie.

Par contre il y a une part de cet argumentaire que je n’ai pas suivi. Les États-Unis ne sont-ils pas le modèle même de ce que vous avancez. Les impôts y sont, pour la classe moyenne, quelques 10 à 15% plus bas qu’au Québec et on ne peut pas dire que le gouvernement est de façon générale interventionniste. Certains États n’ont même pas d’impôt, le Nevada est un de ceux-là. D’autre ont des taux fixe très bas, le Michigan à 4,35% est parmi les plus bas, or vous cites ces deux États comme ayant des taux de chômage record (14,3 et 13,1% respectivement).

Il en va d’ailleurs de même pour l’Irlande LE modèle de l’impôt et de l’État minimal. Il a connu une forte croissance durant les années 1990 suite à ce passage au modèle libéral, mais aujourd’hui avec un taux de chômage de 12,6%, il peine à se sortir de la plus que bien d’autres États Européen.

Ces États ne devraient-ils pas à cause de leurs conditions très favorables à l’entreprise être les premiers à sortir de la crise? Ne devraient-ils pas être dans le peloton de tête?

Je risque une réponse : La confiance. J’ai l’impression que les conditions sont là, mais que peut-être la confiance n’y ait pas. C’est un bon incitatif les taux d’impôts bas, mais quand on ne sait s’il va y avoir des clients au bout du compte c’est moins évidant de se lancer en affaire. Or d’où vient cette confiance? De la stabilité et la stabilité ne peut être garantie par les marchés. Le rempart contre l’instabilité c’est le gouvernement, l’État. Savoir que ce dernier est là et qu’il est en mesure de garantir une certaine stabilité aide à restaurer la confiance.

Je suis d’accord avec vous, on ne peut pas sauver des entreprises à tords et à travers, ça envois un très mauvais message au marché et aux entrepreneurs, mais il faut quand même maintenir une certaine stabilité.

Je sais que vous pourriez probablement me donner une série de contre exemples, à commencer par celui du Texas qui est présentement l’État qui se sort le mieux de la crise, mais le problème n’est pas là, le problème c’est que votre analyse unidimensionnelle voire simpliste de la situation donne toujours le beau rôle au privé et obscurcit l’importance du public alors que c’est lorsque les deux sont bien balancé et travail ensemble que l’optimal se réalise.

Salutations,

Jean-Philippe Martin

Merci M. Harper

Friday, September 17th, 2010

Vous avez entendu la dernière à propos du recensement ? Non, probablement pas. On ne parle plus du recensement puisqu’il est parait-il trop tard pour reculer, mais c’est faux vous le savez autant que moi.

Alors la dernière c’est quoi? Hé bien figurer vous que l’IPMUS – qui est LA référence mondiale dans le domaine des comparaisons démographiques internationales – vient d’annoncer qu’elle allait exclure les données canadienne de sa base de donner.

Nous venons donc de nous faire sortir de la liste des 55 pays avancés qui participent aux comparatifs mondiaux depuis 50 ans. Donc plus de données de comparaison pour le Canada et plus de données canadiennes pour le reste du monde!

Je ne sais pas si vous le savez, mais il y a des milliers d’études qui se font annuellement à partir de ces données. Comparaison des salaires, comparaison du niveau de vie, de l’écart entre les riches et les pauvres, du taux de divorce, de suicide, etc. Ces données servent autant le Canada que les autres pays de la planète. Pour nous elles servent à se comparer et à voir où nous en sommes par rapport aux autres pays développé (et visiblement ces temps-ci nous descendons), pour les autres elles servent également de comparatif pour comprendre comment certaines mesures appliquées ici ont un impact sur la vie des canadiens et comment ils peuvent améliorer leurs façons de faire.

C’est donc une perte énorme que nous subirons avec le retrait du Canada. Pour cela remercions M. Harper, son idéologie complètement tordue et son entêtement à vouloir faire plaisir à on ne sait qui avec ce changement dans la distribution du recensement.

.jpm

Lectures : Nouveau Colisée, Littératie et Panoptique

Thursday, September 16th, 2010

Je vous propose aujourd’hui quelques textes intéressants…

Les trois premiers sont de Jean-François Lisée, il s’agit d’une série sur le nouveau colisée de Québec. Le premier texte porte sur la place du hockey dans la vie des québécois, le second porte sur le financement public du sport et de la culture et le troisième porte sur le financement par les supporter d’une grande équipe sportive quelque chose qui se fait un peu partout et qui serait une solution fort intéressante pour Québec.

Je profite également de ce passage sur Jean-François Lisée pour vous mentionner que j’ai écouté hier sur le web un débat sur les gaz de schiste. Le tout était diffusé sur la page du CPAC, oui, oui, la chaîne parlementaire. Ils viennent de lancer une programmation de débats actuels qui risque d’être fort intéressante.

L’autre texte que je vous propose est celui de David Desjardins sur la littératie et l’exercice de la démocratie. Le texte est excellent et souligne avec finesse et humour qu’on a un criss de gros problème quand 50% de la population n’est pas capable de comprendre un article de journal un tant soit peu complexe. Je sais que ce n’est pas votre cas puisque vous suivez ce blog, mais ça ne veut pas dire que le problème n’est pas pour autant réel. On comprend d’ailleurs pourquoi les débats politiques sont si polarisé autour de positions simplistes.

Enfin, un bref et très pertinent commentaire de Fred sur le panoptique participatif. Il complète bien mon billet d’origine alors je vous le colle ici :

Le problème avec cette idée est quel est base non seulement sur le “What I see is what really happen.” mais aussi sur les valeurs véhiculé par la majorité de la masse.

Donc si du jour au lendemain porte des boucles d’oreille devenais un acte répréhensible pour une majorité, un tas de débile se mettrais à courir et arracher les boucles d’oreille des gens?
C’est ce qui arrive avec les pays au prise avec une dictature religieuse comme l’Iran. Les lois doivent être approuvées par le gouvernement et être appliquées par les autorités dument approuvées.

C’est tout de même un peu bizarre de voir les gens utiliser ce fameux système de dénonciation, mais de faire des marches contre les policiers…

.jpm

Réseau Liberté Québec

Tuesday, September 14th, 2010

Bon, voilà, j’ai fait le tour de l’information disponible sur le RLQ. Je voulais me faire une idée du groupe et de leurs idées.

Leur site ne dit pas grand-chose pour l’instant. C’est normal diront-ils, ce n’est pas un parti politique, il n’ont pas de programme sinon celui, idéologique, d’un amincissement de l’État, d’une primauté de la liberté individuelle et du libre marché.

J’ai donc lu les quelques articles qui leur ont été consacrés et écouter Mme. Marcotte à Christiane Charrette. Il en est ressorti quelques trucs, un début de réponse quant à leur orientation réelle.

D’entrée de jeu Mme. Marcotte, comme tous les fondateurs j’imagine, spécifie qu’ils sont de la droite fiscale et non pas morale (ce qui semble cependant contredit par leur site web où ils affirment vouloir remettre en question le multiculturalisme trop naïf du Québec et défendre une affirmation vigoureuse de l’identité québécoise – une pente très glissante si vous voulez mon avis, mais je ne m’étendrai  pas sur le sujet). Notez qu’ils ont également invité un conférencier climato-sceptique à leur rassemblement du 23 octobre.

Mais revenons au cœur du projet, même si eux semblent s’en écarter, la droite fiscale.

Pour Mme. Marcotte, le RLQ est plus à droite que M. Harper puisque pour eux le gouvernement n’aurait jamais dû débloquer des fonds pour aider les entreprises lors de la crise économique de 2008. Disons simplement qu’ils ont la naïveté de ceux qui ne sont pas au pouvoir. On ne peut pas laisser des pans complets de l’économie d’un pays s’effondrer comme ça, surtout quand tous les autres joueurs investissent à coup de milliards dans leur économie. Ce serait possible s’il y avait d’excellents programmes de formation et de réinsertion pour les travailleurs, mais ça c’est complètement à gauche…

Autre point fort du programme : Amincissement de l’État et libre choix. C’est bien connu la droite même modéré en a contre les programmes mur à mur et l’Étatisation de ceux-ci. Un des exemples préférés de Mme. Marcotte, c’est le système de garderies à 7$. Selon Mme. Marcotte les garderies à 7$ au privé coûtent 37$ par jour à l’État alors que celles du publique, les CPE, en coûtent 45$. Je ne sais pas ou elle a pris ses chiffres (elle n’a pas cru bon de citer ses sources), mais si cela est vrai tout le monde y compris la gauche va réclamer plus de garderies privée.

Évidemment il y a aussi la capacité de choisir. Choisir de faire garder son enfant chez la voisine, chez la grand-mère ou encore de le garder soi-même et recevoir du même coup la même rétribution verser par l’État pour les enfants en CPE. Faudrait voir les chiffres, mais ce projet n’est à mon sens pas plus viable que celui d’un enfant, une place mis de l’avant par le PQ. On a tout simplement pas les moyens – étrange tout de même pour un groupe de droite.

Bien sûr le cas des garderies revient souvent parce que c’est un cas politiquement simple. Amincir l’État, ce n’est pas si simple que ça. Prenez le cas du viaduc de la Concorde qui s’est effondré il y a quelques années. C’est le privé qui a fait la job croche qui a causé l’effondrement, mais c’est le responsable de chantier qui ultimement est le gouvernement qui n’a pas surveillé suffisamment son chantier. Confiez la job au privé et on se retrouve en plein conflit d’intérêt… Et puis, après l’effondrement, il a fallut faire le tour de toutes les structures du Québec, croyez-vous vraiment que ça nous aurait coûté moins cher avec le privé? J’en doute.

Oui, il y a d’autres alternatives aux programmes mur à mur. Oui, il est possible d’amincir l’État, de le rendre moins coûteux et plus performant, mais le privé mur à mur n’est pas plus une solution non plus.

Parlant du privé, le dernier grand axe de la droite qui est défendu par le RLQ c’est la place consentie au libre marché. Pour eux, il faut que le marché soit plus libre et selon la droite, c’est le gouvernement qui limite le libre marché. Je ne vois pas les choses de cet œil.

Pour moi et pour une partie de la gauche (et je ne parle pas ici de la gogauche conservatrice que sont les grandes centrales syndicales assises sur leurs acquis) le marché est principalement réduit par la grande entreprise. Ah, bien sûr vous pouvez ouvrir un dépanneur ou bon vous semble, mais ne tentez pas de me faire croire que le marché de l’aluminium est un libre marché, ne me faite pas croire que le marché de la téléphonie cellulaire est concurrentiel au pays…

C’est un long débat, mais en court, j’ai l’impression que les gouvernements servent bien plus à garantir une certaine liberté de marché qu’à en entraver le développement. C’est certain que si on porte toute notre attention sur les CPE et le système scolaire publique on a l’impression que le gouvernement contrôle tout. Peut-être que les écoles coûtent cher, mais il semble que la construction des routes aussi et ça, ça relève du privé.

Tiens, une dernière. Mme. Marcotte a affirmé en entrevue qu’il était possible d’être à la fois à droite et pour l’intégration des coûts environnementaux. C’est possible en effet, mais il faut pour ce faire un gouvernement fort qui met en place des incitatifs qui obligeront les entreprises à intégrer ces coûts parce qu’elles ne le feront certainement pas d’elles mêmes… Je vois mal un État minimaliste et faible réussir à imposer de telles mesures parce que ben oui, c’est plate, mais ça prends des gens pour définir des normes, faire des études d’impacte et vérifier que le travail est bien fait.

Je conclurai rapidement en soulignant qu’il est tout de même intéressant de voir ce groupe surgir et qu’il sera intéressant de voir ce qu’il en sortira. J’affirme du même souffle que c’est bon pour la démocratie et la circulation des idées et que ce serait encore mieux s’il y avait un groupe de gauche pour répondre.

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