Archive for January, 2010

Vies parallèles

Wednesday, January 27th, 2010

Comme à tous les mercredi depuis le début de la session, j’ai pris l’autobus ce matin pour me rendre à l’université. J’étais debout à l’arrière et je regardais la faune urbaine qui piaillait devant moi. J’en étais à me dire que tut le monde devrait prendre le bus régulièrement, arguant pour moi-même que ça permet de connaître un peu mieux les gens qui nous entoure, quand deux jeunes garçons – en âge d’aller au secondaire se sont installé prêt de moi.

Je les ai observé un moment, me demandant bien où il pouvait aller à cet âge sur ce circuit de bus. La 87 qui mène de l’arrondissement des rivières vers l’université ne compte pas d’école secondaire sur son chemin. Une seule demeurait possible : La Rochebelle, tout au bout de la ligne. Une des, sinon la meilleure école secondaire publique de la capitale. Programme international, prof motivé, bonne cote au classement du magazine L’Actualité, etc.

Ils avaient l’air de se connaître vaguement, des jeunes qui se sont rencontrer au primaire et qui se voient de temps en temps au gré des trajets de bus. Ils ne se voyaient pas tous les matins dans ce bus c’était évident. L’un deux n’avait que pour tout bagage un petit sac du Dollrama, l’autre un gros sac d’école et un iPod…

J’ai commencé à comprendre à quels mondes totalement différents ils appartenaient l’un et l’autre quand celui au iPod a prêté l’engin à son ami. Le jeune au sac du D. n’avait visiblement jamais eu ce genre de truc entre les mains – ce qui est plutôt rare de nos jours. Il ne savait pas trop comment navigué, ni comment augmenté ou diminuer le volume. Puis l’autre a voulu regarder dans le sac du D. qu’il lui avait été confié en échange du iPod.

« Touche pas à ça, je n’ai pas l’âge pour ça tu’l sais ! »

Il semble qu’il y avait des cigarettes dans ledit sac. Et le jeune au sac Dollorama de s’affaler soudainement fatigué et laissant tomber son rôle de jeune cool et de lancer à son ami et à tout l’autobus (le volume du iPod étant trop fort) : « J’suis vraiment dans la marde là, j’ai des heures de travaux communautaires à faire… » Puis quelques bruits masque le reste de ses paroles, son copain lui fait signe de baisser le volume… Et enfin « l’ostie de gang d’enfants de chienne ». Langage hérité des parents je présume.

L’autre est quelque peu mal à l’aise, gêné, mais joue le jeu. Il fait plaisir à cet improbable ami le temps d’un trajet de bus – il lui laisse le iPod et ne dit mot.

Quelques minutes plus tard, le jeune au sac du D. recommence à parler, moins fort mais quand même au bus au complet. Moi, entre temps, je me suis assis au fond et ne suis plus en mesure de comprendre ce qu’il dit. Mais soudain je comprends ceci « Est-ce que je parle trop fort ? » Oui de répondre son ami et un voisin de banc.

Le jeune au sac du Dollorama a beau être jeune, vivre visiblement dans un milieu difficile et dur, certains dirons disfonctionnel, ça lisse la réalité – criss, le p’tit gars s’en va vendre des cigarettes que son frère lui a sorti plutôt que d’aller à l’école, moi je n’appel plus ça disfonctionnel !

M’enfin, le jeune a beau venir de ce type de milieu il sait quand même reconnaitre qu’il dérange peut-être, qu’il n’agit pas correctement en société – dans la vraie société, loin de celle qu’il connait, et tente de s’y conformé. C’est signe, à mon sens, qu’il est intelligent, qu’il est conscient de vivre entre deux mondes et qu’il sait que pour sortir de celui qui est le sien, il devra faire des efforts et se conformer à ses règles à défaut de quoi c’est son monde actuel qui l’attend et à sa gueule on devine qu’il en a déjà marre d’y être.

.jpm

Conversations de bureau

Tuesday, January 26th, 2010

Hier je suis entré au bureau à reculons, ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. J’avais une tonne de job qui m’attendais, plusieurs dossiers complexe, impliquant clients, vendeurs, produits et gens à l’interne. J’avais aussi ce satané site internet qui ne fini plus de finir et pour lequel je dois me battre avec IE6, le « browser from hell » comme disent les experts et les patrons…

Vous savez le gros de ma job, comme celle de bien d’autre aujourd’hui, c’est de gérer des problèmes – communément appelés dossiers. Ils arrivent, je les traite le plus efficacement possible et les sort. Des fois c’est des petites erreurs, des petits problèmes de mesure, d’autres fois c’est des problèmes qui brasse un peu plus, ils nécessitent la révision de procédures, d’instructions de travail et même de la philosophie de l’entreprise.

Bref, ce lundi, comme vous vous en doute j’en avais plus du second type que du premier et j’en avais plus que je ne pouvais en traiter. Et, comme bien d’autres avant moi, je regardais la semaine avec désarrois. Je ne savais pas par où commencer et je n’avais pas le goût de m’attaquer à quelque problème que ce soit. Pourtant il le fallait bien…

Je dois également souligner, avant de passer au déroulement de ce sombre lundi que je n’avais que peu pris le temps de jaser avec mes collègues depuis déjà plus de six mois. L’été dernier a été très occupé, l’automne encore plus et décembre n’a pas été en reste. Vous l’avez probablement déjà compris, je suis le genre de gars travaillant, qui s’attaque à son boulot et qui passe au travers comme on fait une course à obstacle et j’aime ça – ça bouge, c’est vivant, moi ça me motive. Mais depuis l’été, j’ai tellement eu de travail qu’il a fini par prendre toute la place. Pas de pause (je n’en ait jamais vraiment pris), pas de conversation autour de la machine à café, pas de discussions de corridor inutiles, je coupais même court aux discussions de bureau afin d’être plus efficace – j’y allais à l’essentiel point. Et cela à un point tel qu’il m’est passé par l’esprit à moment donné à l’automne, dans un moment d’égarement, que j’allais finir par passé pour un gars asocial.

Mais je suis revenu sur mes pas hier. N’ayant pas le goût travailler je suis allé vers les autres. Je suis allé voir mes collègues, voir ce qu’ils avaient à raconter.

Je ne veux pas dire que les conversations habituelles sont insipides, mais disons que j’avais quand même quelques appréhensions. Tout le monde le sais, ce n’est pas la prorogation de la session parlementaire de M. Harper (allez-vous enfin arrêter de voté pour lui!) qui occupe les conversations de machine à café…

Mais finalement j’ai été très agréablement surpris. Je me suis retrouvé dans des conversations fort intéressantes. J’ai même redécouvert certaines affinités avec certains collègues. Et qui plus est, j’ai redécouvert par la bande, un des plaisir fondamental du travail, celui de jaser avec les gens qui nous entour.

Ça a l’air con comme ça, mais j’avais oublié que le travail c’était aussi ça, jaser avec le monde, discuter avec les collègues, ça rend le boulot plus intéressant et ça permet – chose au combien importante – de faire descendre le niveau de stress.

Enfin, bref, ce sombre lundi m’a fait le plus grand bien et sans dire que je vais dorénavant passer des heures à jaser au bureau, je vais au moins cesser de me sauver quand la conversation dérape un peu et profiter de ces quelques discussions impromptues pour me changer les idées.

.jpm

Mondialisation

Monday, January 25th, 2010

Petit clin d’Å“il comme ça à propos d’un PO* que nous avons reçu la semaine dernière et qui montre bien à quel point la mondialisation a transformé notre façon de faire des affaires et à quel cette transformation peut parfois être ridicule.

Alors voilà, nous avons eu une commande d’une compagnie dont le nom est très clairement francophone. Cependant l’adresse de l’entreprise la situe en Russie…

Mais ce n’est pas on ne nous demande pas d’expédier notre produit à cette adresse mais bien à une autre entreprise en Finlande – qui, au dernières nouvelles, n’est pas plus francophone que la Russie. Donc entreprise Française ? Je ne sais. Adresse Russe et expédition en Finlande. Et la facture dans tout ça me direz-vous. Hé bien, elle s’en va aux États-Unis dans une autre entreprise dont le nom n’a aucun lien ni avec celui de l’entreprise ayant passé la commande ni avec celle où l’on expédie le produit.

Attendez, ce n’est pas fini. Le produit en question, ce n’est pas qui le faisons, mais bien une autre entreprise pour laquelle nous assumons le rôle de distributeur!

Il y a donc un minimum de cinq entreprises et autant de personnes  impliquées dans cette transaction .. une transaction pour un produit dont la valeur marchande s’élève à 480$ US.

Gageons que tout ces intervenants auront au bout du compte coûté plus cher que 480$ US, mais bon on vend des produits très spécialisé alors j’imagine que tout ça est quand même logique.

Vive la mondialisation !

.jpm

Les dix solutions revues et corrigées

Friday, January 22nd, 2010

1. Ne plus subventionner les écoles privées : Pas fou pour autant que l’argent économisé ainsi serve uniquement à augmenter le financement des écoles publique. D’ailleurs, si l’on coupe dans l’école privé, on va devoir s’assurer qu’à court terme l’école publique soit « aussi bonne ». Sinon, il va rapidement se créer une classe supérieure accessible aux seuls riches – que cette supériorité soit justifié ou non.

2. Augmenter significativement les impôts aux entreprises : Encore là, une demi-solution. On peut effectivement faire payé plus d’impôt aux entreprises – ou ce qui serait déjà très bien s’assurer qu’elles payes ce qu’elles doivent. Par contre on ne peut pas trop sortir du cadre nord-américain ou occidental cela risquerait à moyen terme de faire fuir les éventuels investisseurs. Cela dit, une redevance sur les ressources naturel est également une façon de faire refiler une partie de la facture aux entreprises.

3. Permettre l’établissement de cliniques de santé entièrement privées pour ceux qui désirent payer : Ça, par contre, c’est une mauvaise idée. Ça crée rapidement un système à deux vitesse et ça ouvre la porte à l’assurance privée, assurance avec laquelle le gouvernement n’aura d’autre chois que de composer – à perte bien sûr. Une meilleure option serait d’ouvrir des clinique privé accessible gratuitement à tous mais dont la facture serait retourné au gouvernement. Reste à voir si le privé coûte vraiment moins cher que le publique et à savoir comment on va s’assurer qu’ils ne facturent pas trop. Une option encore meilleure serait d’inverser le financement des soins de santé. C’est-à-dire, de ne plus envoyer d’enveloppe budgétaire aux hôpitaux et à contrario de les payer pour les soins qu’ils prodigue. Cette méthode a été mise de l’avant en France et dans certains pays scandinave et ça fonctionne – les unités de soins sont depuis beaucoup plus efficaces.

4. Introduire des péages sur les autoroutes : Bof, comme l’on souligné certains, aussi bien l’ajouté au permis de conduire, ça coûtera pas mal moins cher à mettre en place que des péages… D’un autre côté, la taxation à l’utilisation à le bon côté de permettre la promotion de l’utilisation des transport en commun – encore faut-il qu’il y en ait et qu’ils soient accessible.

5. Imposer un ticket modérateur pour l’accès aux soins de santé : D’accord, d’accord si vous y tenez, mais trop élevé, faut bien doser. Cela dit, je crois qu’une remise de facture symbolique et détaillé (consommables, équipement, main d’œuvre, « overhead ») serait d’une plus grande efficacité.

6. Abolir les commissions scolaires : D’accord, mais il faut trouver un moyen d’organiser, d’uniformiser et de « complémentariser » les différentes écoles d’une région afin qu’elles travaillent ensembles à donner un service cohérent et de homogène avec des programmes spéciaux accessibles. Chose que même les commissions scolaire ne réussissent pas à faire présentement.

7. Fermer les délégations du Québec à l’étranger : Alors là, c’est un non catégorique. Dans ce monde d’internationalisation des échanges et des affaires, ces bureaux sont plus nécessaires que jamais. Je crois malheureusement que les gens comprennent mal le rôle important qu’elles jouent.

8. Augmenter significativement les tarifs des garderies à 7$ : Complètement ridicule, à croire que les gens n’ont rien compris à la situation et à la raison d’être des garderies subventionnées. Quand on craint une pénurie de travailleurs et de payeurs d’impôts on s’organise pour garder ceux que l’on a sur le marché du travail. Non seulement les garderies à 7$ ont permit le retour de bien des femmes sur le marché du travail, mais elles ne sont pas non plus étrangère au mini babyboom que nous connaissons depuis quelques années. Tiens, pour ceux qui veulent un exemple parlant : Sans garderies subventionnées le prix pour un jour en garderie est en moyenne de 20$ par enfant. Pour une famille avec deux enfants en garderie, ça fait 200$ par semaine, 800$ par mois ou, en gros un second hypothèque.

9. Abolir les cégep et ajouter une année au secondaire : Humm, pas évidente celle-là. Pour le général, ça passe peut-être et encore, c’est deux ans qu’il faut ajouter… Pour le technique, ce n’est pas génial. La formation technique est un grand atout, il faut la conservé alors ça prend des écoles techniques… Et puis, bon, soyons honnête, s’il y a tant de décrocheur c’est aussi en partie parce que après tant d’années de cours généraux ils en ont marre, il ne faudrait peut-être pas en ajouter. Bref, pas simple.

10. Réduire significativement les subventions aux festivals et événements culturels : Non, je ne crois pas. Ces grands événements sont d’importantes vitrines pour les villes qui les tiennent et génère d’importantes, voire de très importantes retombés économiques. Réduire significativement les subventions aux grandes entreprises qui font de millions de profits, mais qui grâce à des jeux comptables déclares des pertes au Québec afin de ne pas payer d’impôts et de continuer à recevoir une aide généreuse, ferait beaucoup plus de sens. Exemple frappant : Les compagnies pharmaceutiques qui reçoivent des subventions de recherche et autre alors qu’elle « gaspillent » plusieurs dizaines de millions par année en « promotion » auprès des pharmaciens, médecins et autres intervenant en santé – c’est là qu’il faut couper pas dans le festival de jazz.

Le lien vers l’article qui en parle mais très peu est ici.

…

Je le mentionne souvent, ces questions sont complexes et aucune de ces solutions n’est applicable seule, il est absolument primordiale qu’elles soient toutes analysées et comprises dans un optique globale sinon aucune ne sera vraiment efficace.

.jpm

Un vrai débat ?

Thursday, January 21st, 2010

Une vraie lettre cette fois ;-) envoyé à M. Doucet - chroniqueur qui s’occupe de la question économique au Journal de Montréal.

Bonjour M. Doucet,

Vous le savez autant que moi, nous avons collectivement beaucoup tapé sur la gauche depuis quelques années. Cela s’est fait par la condamnation de certaines de leurs idées farfelues, par la remise en question du modèle québécois et par l’association pur et simple de toute la gauche à une certaine gauche conservatrice et très syndicalisée communément appelé la gaugauche.

L’opération semble s’être bien déroulé puisque hormis quelques syndicalistes et Québec Solidaire personne à gauche – si l’on se fie aux articles et aux commentaires que vous avez publié, ne propose de solutions à la crise. Peut-être est-ce, répliqueront certains, que c’est parce que la gauche ne croit pas en la crise de la dette ou en celle de notre capacité de payer pour nos services… Mais ce n’est pas le cas de toute la gauche, je vous assure.

Si je trouve pour ma part que la crise de la dette est peut-être un brin exagéré (d’autant plus que sa récente enflure est dû aux dérapages du libre marché) je comprends très bien la situation démographique vers laquelle nous nous dirigeons et les problèmes financier qu’elle peut entraîner.

Ainsi, je suis tout à fait d’accord avec le fait qu’il faille procéder au plus tôt à des réajustements. Et, si je suis d’accord avec certaines hausses de frais tel que des frais de scolarité indexé au coût de la vie ou l’ajout d’un troisième palier de frais pour les gros consommateurs chez Hydro-Québec (plutôt qu’une hausse mur à mur), je crois également qu’il est possible d’allez chercher des sous en redevances sur l’utilisation des ressources naturelles (lire les mines) ou avec l’ajout d’un palier d’imposition.

Le problème c’est que ces idées un peu plus à gauche ne se rendent pas sur la place publique. On dirait que pour tous les intervenants toutes les solutions passent par une hausse des tarifs, des taxes et des impôts pour les particuliers. Même les économistes semblent incapables de sortir de ces ornières tarifaires – quoi que ce ne soit pas très surprenant le bacc en économie est un véritable lavage de cerveau, je le sais j’y suis depuis un an.

Donc, à il bien y regarder, il semble qu’il y ait bien peu de chance pour qu’un vrai débat ait lieu. Il y a bien ce regroupement de 37 organismes constitué de groupes communautaires, syndicaux et étudiants qui réclame un débat. Mais entre vous et moi il y a bien peu de chance qu’on les écoute. Ce ne sont pas des experts en la matière et on les a tellement associé à la gaugauche conservatrice qui refuse tout changement qu’ils sont discrédité d’avance.

Dommage ce vrai débat aurait vraisemblablement pu déboucher sur une vrai collaboration et un consensus honnête et équilibré entre la gauche et la droite. J’imagine que pour certain, il s’agit en faite de remettre une balance qui penche déjà à gauche en équilibre alors que pour d’autre c’est l’inverse… Peut-être qu’il est là, le vrai débat.

Jean-Philippe Martin
Québec

P.S.

Je viens de terminer votre petit sondage, j’ai eu 90%, mais je me dois de vous souligner qu’il contient deux erreurs majeures, qui son à votre décharge malheureusement trop répandues.

Premièrement, s’il est vrai que 40% du budget va en santé on oublie généralement d’écrire au long le nom de ce poste de dépense qui est santé et services sociaux. Ce qui veut dire en court que les 40% dépensé ne vont pas seulement dans les hôpitaux, ils servent également, entre autres, à payer les gens qui bénéficient d’aide sociale. Donc oui il est élevé mais c’est mal informer le gens que de leur laisser entendre que tout cet argent sert uniquement au seul système de santé.

Deuxièmement, la question sur le pourcentage de gens qui ne payent pas d’impôt est tout aussi trompeuse. Certes la définition est juste « pourcentage de gens en haut de 15 ans ne payant pas d’impôts soit parce qu’ils sont trop pauvre, soit parce qu’ils ne travaillent pas ». Le problème c’est que ce pourcentage inclus les retraités qui sont de plus en plus nombreux (c’est l’essence de cette crise que l’on anticipe) ce n’est pas dit explicitement (donc tout le monde crois qu’il y a 37% de fainéants aux Québec) et que ce chiffre inclus également les gens qui travaillent à temps partiel faute de mieux… Encore ici les informations manquantes fausse le débat. C’est bien beau donner des chiffres mais encore faut-il savoir de quoi il s’agit.

Dernier point sur ce sondage : Vous affirmez dans votre article que même si à peine 12% des répondants ont obtenu la note de passage, « cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas le portrait d’ensemble ». Et vous en rajoutez en soulignant que 54% pensent que les finances publique sont dans un État précaire et que 20% croient que nous courrons à la catastrophe!

Comment pouvez-vous supporter un thèse pareil, vous venez de prouver que les gens n’ont pas les chiffres qu’ils connaissent mal la situation financière du Québec, mais vous affirmer du même que parce qu’ils sont inquiet ils ont une vue d’ensemble! Les gens n’y voient pas claire mais comprennent la situation? Comment est-ce possible dites-le moi!

En fait, c’est bien simple, je connais la réponse tout autant que vous… Ce sont les média qui a force de crier au loup ont fait entrer cette « vue d’ensemble » dans la tête des gens. Qu’elle soit bonne ou non, ça n’a pas d’importance, mais vous ne pouvez pas affirmer que les gens ont une bonne vue d’ensemble quand ils ne connaissent pas les chiffres et comprennent à peine ce qui se passe – le consensus dont vous parlez, « 74% des québécois sont inquiets » est un consensus totalement construit par les médias.

Cela dit, vous faites un travail tout à fait nécessaire et louable malgré ses quelques ratées. J’espère seulement que les gens vont prendre le temps d’aller au-delà des grands titres et de tenter de comprendre ce qu’il y a derrière tous ces chiffres.

Salutations,

.jpm

P.P.S. : Pour ceux qui n’en peuvent plus de l’économie, sachez qu’il ne me reste plus qu’un texte soit celui sur les 10 solutions du JdeM que je me propose de faire demain. Ensuite, j’ai un peu de sociologie en stock et un truc sur les modifications physiques que subissent notre cerveau.

Communication moderne

Wednesday, January 20th, 2010

Salut Mathieu,

Ça fait au moins dix fois que je me dis que je devrais te donner un coup de fil… Le problème c’est que j’y pense toujours quand je suis en voiture ou en train de marcher et dès que j’arrive chez-nous la vie a tôt fait de me rattraper.

Donc je prends deux secondes pour t’écrire, je vais te faire ça style télégraphique parce que au boulot aussi ça ne dérougit pas. C’est bon pour l’entreprise mais c’est dure pour les employés. Tu sais qu’en novembre il s’est perdu 9 millions d’heures de travail au Canada à cause de la grippe H1N1! Sache qu’il s’est aussi travaillé 8 millions d’heures supplémentaires pour compenser.

Est-ce que je t’ai dis que j’avais eu la H1N1? J’ai bien fait ça, je l’ai eu la fin de semaine. Deux jours sur le dos et hop, retour au boulot!

Bon allons-y. Trois points.

1. Bonne fête en retard! Je sais, j’aurais dû me fier à Facebook, mais qu’est-ce que tu veux, je n’ai pas plus le temps de taponner là-dessus que de te lâcher un coup de fil. Il y aurait eu Twitter ou MSN, mais t’es pas abonné et moi non plus!

2. Et ta blonde alors elle s’est retrouvée du boulot? Elle a obtenu une charge de cours ou est-ce qu’elle va devoir se rabattre sur son boulot au jardin communautaire? Et toi alors, toujours au même poste ou est qu’ils t’on encore re-localisé, redéfinit, ré-attribué, remixé? C’est toujours le même bordel dans ces grosses boîtes on dirait qu’ils ont peur que tu devienne efficace!

3. Trois, euh… Ah oui 3. On devrait passer vous voir quelque part au mois de mars. Ma blonde va aller travailler un samedi à Montréal. On va en profiter pour monter avec elle et faire un petit détour par chez-vous histoire de joindre l’utile à l’agréable. J’espère qu’il va rester de la neige, les enfants aimeraient bien ça aller glisser.

Voilà, je te laisse, j’ai déjà trois nouveaux courriels urgent dans ma boîte et le téléphone sonne…

a+

jp

…

Voilà, ami réel, lettre fictive ou était-ce l’inverse, les deux peut-être? Qu’importe tout n’a pas besoin d’être clairement définit pour être vrai.

.jpm

42 : Dette publique, Parler français, Gros bonus et Un bon commentaire

Friday, January 15th, 2010

Voici un peu de lecture pour la fin de semaine

Un premier texte sur la capacité des États à gerer leur
dette publique
. Le texte est excellent et informatif.
Il est paru dans le dernier numéro de Alternatives Économiques.

Un excellent texte de M. Pierre René de Coteret sur sa
décision de ne parler que le français en touts circonstances à
Montréal. Très bon témoignage d’un gars qui travail vraiment
à la survie et au développement de la langue. Merci M. Coteret.

Un autre bon texte, en anglais cette fois, sur la logique faussé
derrière les bonus faramineux que l’on accorde aux banquiers

de ce monde. L’auteur retrace les conceptes de base des bonus
et démontre que ça ne peut pas fonctionner.

Dernier point, je vous renvois à un de mes texte afin de lire
un très bon commentaire sur ce que l’on pourrait faire pour
sortir le Québec de sa fâcheuse position économique
.
Le commentaire est de Jean-Nicolas Denis.

La gauche au pilori

Wednesday, January 13th, 2010

Voici un texte que j’ai envoyé à Richard Martineau en réaction à son texte La droite au bûcher.

La dénonciation virulente que vous faites de la go-gauche, cette gauche syndicalisé et hautement conservatrice, a l’effet pervers de discréditer la gauche au grand complet. Remarquez, vous n’êtes pas le seul, la droite se fait un malin plaisir a associé toutes les idées de la gauche à la go-gauche, ça clos le débat rapidement, car entre-nous, personne ne veut être associé à cette go-gauche que tous condamne.

Mais il y a pire en discréditant la gauche, on court-circuite complètement le débat, exactement comme le ministre des finance le fait en formant un groupe de travail composé d’économistes de droite uniquement. Du coup on en a plus que pour les tarifs et les taxes!

Pourquoi ne pas évaluer la proposition de Québec Solidaire d’imposer aux minières qui sortent pour plus de 17 milliards de dollars par année de matière première non renouvelable de notre sous-sol une redevance sur ledit sous-sol?

Pourquoi ne pas ajouter un palier d’impôt autour de 125 000$ par an comme c’est le cas au fédéral?

Et puis d’ailleurs, qui a décider que de gérer de façon responsable les finances publique était nécessairement de droite? Les abus de nos chers fonctionnaires sont décriés autant par la droite que par la gauche.

En fait le nœud du problème est là, en stigmatisant le débat autour des idées de gauche et des idées de droite on passe à côté d’une étude sérieuse et globale des options qui s’offrent à nous.

Le film de M. Marcotte, ne lui en déplaise comptait nombre d’idées de gauche. En voici une excellente tiré de son documentaire : « Il est illogique qu’une formation de médecin coûte 3000$, on devrait obliger le médecin formé au Québec à travailler au Québec pour un nombre minimal d’années. » On est presque dans le socialisme là!

À mon sens il faut tout mettre sur la table, en évaluer les tenants et aboutissants en détail en ensuite seulement faire un choix politique. Car il est bien évidant qu’on y reviendra, hausser les frais de scolarité mur à mur c’est de droite, mais augmenter du même coup les bourses pour les plus pauvres, c’est de gauche et ultimement la question c’est savoir si l’on veut ouvrir l’école à tous et leur faire payer après à travers les impôts ou alors limiter l’accès en faisant payer à l’entrée… La-dessus je crois que le choix des québécois est déjà fait et il est et restera de tendance social-démocrate.

.jpm

Quelques suggestions pour sortir le Québec du rouge

Tuesday, January 12th, 2010

D’emblée j’aimerais souligner que je ne suis pas encore totalement convaincu que nous soyons collectivement à ce point là dans le rouge. Depuis la crise, tout le monde est en plus ou moins dans le rouge. Peut-être le sommes-nous un peu plus que d’autres, mais de là à croire que le Québec va s’effondrer la semaine prochaine, il y a des limites.

D’autre part j’aimerais aussi souligner que je ne suis pas nécessairement d’accord avec toutes les propositions contenues dans les liens vers lesquels je pointe ci-dessous. Cela dit, certaines ont bien du sens et rejoignent les miennes. Par contre il s’en trouve des carrément ridicules comme celle, entre autres, d’éliminer totalement le système d’imposition pour le remplacer par un système de taxation. L’effet d’une telle mesure serait de surtaxer les pauvres et de sous-taxer substantiellement les riches – on a beau avoir de l’argent on ne peut pas manger, se vêtir et consommer beaucoup plus que les pauvres et ce n’est pas une taxes extraordinairement élevée sur les bien de luxe qui arrangerait les choses, les riches iraient les acheter ailleurs…

Donc voici les liens vers quatre articles parus dans le Journal de Québec et à la suite mes propres suggestions – suggestions qui seront envoyé au Journal à M. Jean-Jacques Samson qui a lancé un appel à cet effet.

Subventions aux entreprises : Trop c’est trop!
Un ménage à faire dans les programmes.
« Il faut résoudre le problème »
Québec dans le rouge : Suggestions des lecteurs

Les miennes maintenant :

Instaurer une taxe de redevance sur le sous-sol québécois qui s’adresse principalement à l’industrie minière. C’est une suggestion de Amir Khadir que je reprends à mon compte et j’ajoute que cette redevance devrait être assortie d’une obligation de faire la première et la seconde transformation du minerai ici au Québec.

Ajouter de nouveaux paliers d’imposition. Le fédéral en a quatre, le dernier visant les salariés gagnant plus de 126 264$ par an alors que le Québec n’en compte que trois et dont le dernier commence à 76 770$ par an. On pourrait également offrir des retours d’impôts plus élevés pour les plus pauvre et diminuer ceux des plus riches. (Vous l’aurez remarquer, le fédéral se garde la part du lion pour ce qui est de l’impôt prélevé aux entreprises – ce qui nous coupe d’autant de marge de manÅ“uvre.)

Imposer les gains en capitaux à 100%. Il n’y a aucune raison valable pour que seul 50% de gains en capital soit assujetti à l’imposition!

Limiter les subventions aux entreprises aux seuls secteurs stratégiques et aux entreprises qui en ont besoin. Nous subventionnons régulièrement des entreprises qui sont rentables et qui n’ont aucun projet de développement nécessitant réellement une subvention.

Indexer les frais de scolarité au cout de la vie et cela y compris lorsque, comme cette année, le coût de la vie diminue. (Cela pourrait d’ailleurs s’appliquer à une foule de frais.)

Réviser la structure de certains ministère. Cela a été abondamment dit, mais il faut le faire une fois pour toute et cesser ensuite de tout changer à chaque année – faisons une révision aux cinq ans et rendons ces structures indépendante des gouvernements en place. L’édifice G est constamment en réorganisation, ça n’a pas de sens!

Couper complètement ou presque les comptes de dépenses des fonctionnaires et autres acteurs de la fonction publique. Il y a beaucoup trop de gens qui ont accès à ce genre d’avantage social non-imposable et très coûteux pour l’ensemble des contribuables.

…

J’en aurai peut-être d’autre, je continus ma réflexion et vous invite à en envoyer à M. Samson. Ce sont les seuls armes que nous avons pour nous faire entendre sans bloquer un pont alors utilisons-les!

.jpm

Brèves technologique

Monday, January 11th, 2010

Le CES s’achève et avec lui une foule de nouveaux guizmos dont nous n’avons peut-être pas réellement besoin mais avec des innovations techniques qui risque à terme de changer nos vies.

Commençons avec la vedette du show, le gugus électronique qui risque de se répandre le plus vite dans les prochaines années : Le eReader ou Liseuse en français (affreux), Liseur serait déjà mieux. Voici un petit lien qui montre bien la prolifération de ce type de gadget.

Pour avoir eu l’occasion d’en manipuler deux et de lire avec, merci chérie, je dois dire que l’objet n’est pas dénué d’intérêt, loin de là. La technologie n’est peut-être pas encore tout à fait mature, mais c’est très prometteur. La lecture y est aisé et douce pour les yeux grâce au papier électronique qui ne projette aucune lumière et on commence déjà à voir des versions à écran tactile où il est possible de prendre des notes. Gageons que les prochaines itération ajouterons la couleur et la capacité de prendre plus que quelques notes. Le gouvernement californien y voit déjà l’avenir des livres et des cahiers de notes des étudiants de tous niveaux.

Autre gugus dont on voit enfin poindre les premiers produits accessibles : Le calendrier / visiophone / calculateur / agenda familial. Vous savez ce truc qui devait trôner dans la cuisine moderne qui permet de voir le calendrier de tous les membres de la famille de ses laisser des notes, de faire le budget et des appels avec caméra intégré ! Hé bien Innovative Converged Devices (le nom dit tout) devrait en proposer un d’ici peut. Il fait tout ou presque sans être un PC – pensez à un gros téléphone intelligent ou à un « tablet PC », et sera même accessible de l’extérieur. C’est à dire que vous pourrez y poster un message du bureau pour que vos enfants puisse le lire en arrivant…

Évidemment dans le genre eBook, TabletPC et autre Apple se garde le punch pour la fin et présentera, si toutes les rumeurs se confirme, une nouvelle révolution informatique le 26 janvier prochain. Non mais sérieusement, ils sont vraiment fort. Ils attendent que tout le monde ai présenté leur truc, sortis leur prix, puis ils s’ajustent et frappe fort quelques semaine plus tard. J’ai hâte au 26!

Côté développement, il y a Marvell qui a présenté un « plug computer », un ordinateur à peine plus gros qu’une prise de courant. L’ordinateur reste d’ailleurs là pris après sa prise. C’est à voir, même si je n’y vois pas vraiment le côté pratique.

Mais il y a mieux et beaucoup plus excitant. L’université de Tokyo a développer une interface 3D minuscule et probablement intégrable à un téléphone cellulaire. Ainsi il est possible de taper sur un clavier seulement en agitant les doigts dans les airs… Les interfaces à la « Minority Report » ne sont plus très loin!

Comme vous pouvez le constater le potentiel d’innovation et de développement lié à l’informatique est encore très, très grand… Les prochaines années risque d’être fort intéressante de ce côté là.

.jpm