Archive for December, 2009

Les grandes banques s’en sortent, pas nous !

Wednesday, December 30th, 2009

J’imagine que comme moi, vous avez vu les grandes banques, l’une après l’autre, rembourser les prêts que les gouvernements leur avaient consentis. Quelques milliards par là, quelques autres par ci, une centaine ici et le tour est joué.

C’est qu’elles ont bien joué le jeu les grandes banques. Elles ont été sauvées sans le demander  parce que l’on avait pas le choix et elles le savaient. Sans le sauvetage des grandes banques il n’y aurait plus eu aucune liquidité sur le marché des prêts et l’économie aurait alors pu s’effondrer totalement… Ensuite elles ont jouées les bonnes sociétés en remboursant les prêts sans intérêt qu’on leur avaient consenties dans un temps record. Et finalement elles sont retournées à leur petites affaires mine de rien sans s’embrasser de penser à tous les problèmes qu’elles avaient causées.

Bien sûr certaines ont fermé les portes, d’autres ont été racheté et maintenant elle auront à respecter les quelques timides lois d’encadrement qui ont été adoptés dans la foulée de la crise, mais rien de plus, pour elles, c’est « buisiness as usual ».

Mais pour nous et nos gouvernements la crise est loin d’être fini. À cause de la voracité des banques, des nouveaux outils qu’elles ont développés ces dernières années et à cause surtout de la déréglementation qu’elles ont réussi à obtenir ces dernières années le bon peuple et son gouvernement sont dans la merde jusqu’au cou.

La crise est fini? Il y a encore 15 millions de chômeurs aux États-Unis et des millions d’autre à travers le monde…

Mais le pire c’est que même si les banques ont remboursé leurs prêts les dégâts qu’elles ont causés sont loin d’être payés. Qui payera pour toutes les dépenses gouvernementales supplémentaires? C’est nous. Les banques sont de retour dans le vert, mais les gouvernements eux sont dans le rouge et pour un bon bout de temps!

Les banques – à l’origine de cette crise, doit-on le rappeler – vont-elles accepter de payer un peu plus d’impôts afin de nous aider à payer leur dégâts? Bien sûr que non! Elles n’en feront pas plus, pire elles vont continuer de se soustraire au peu qu’on leur demande en cachant de l’argent dans des paradis fiscaux! Bienvenu dans la modernité économique!

.jpm

p.s. Petit texte de Claude Picher en référence – pas toujours d’accord avec, mais là il a bien raison.

Anecdotes du temps des fêtes

Wednesday, December 30th, 2009

Voici pour vous deux petites anecdotes que j’ai entendu pendant les fêtes…

Faites la file :

Celle-là se passe en Allemagne à une grande convention, lors du souper d’ouverture. Des invités de diverses origines sont dans le hall devant la salle en train de discuter tout en dégustant un cocktail. L’heure du souper approche et un des maître d’hôtel ouvre l’une des grande porte donnant sur la salle et demande aux gens de bien vouloir se mettre en file afin de faciliter l’entrée dans la salle et l’assignation des tables. Tout de suite et sans désordre les Allemands se mettent en rang. Les autres continuent à discuter, de toutes façon l’entrée n’est pas encore commencé.

Vient un deuxième appel à joindre la file. Les Anglais et les Américains se dirigent alors vers la file tout en continuant de discuter. Reste alors les Français, les Espagnols et une poigné de Québécois.

Lorsque le troisième appel se fait entendre et que visiblement l’entrée est sur le point de se faire, les Français et les Espagnols se dirigent vers la file tentant par divers moyen de s’y insérer plutôt que de se diriger vers l’arrière. Les Québécois discutent encore tout en observant la scène. Ils regardent la salle qui s’est tranquillement agglutiner devant la porte ouverte et remarquent également qu’un seconde porte s’est ouverte de l’autre côté du hall et c’est là qu’ils se dirigent.

Ils seront bien évidemment assis les premiers dans la salle. Si cette anecdote souligne bien le génie inventif des québécois, il souligne également notre difficulté à respecter des consignes. Chez les Allemands, quand le gouvernement dit quelque chose tout le monde embarque. On respect les règlements à la lettre et on ne remet pas continuellement les décisions du gouvernement en question ce qui fait que quand une décision est prise les effets de celle-ci ne tardent pas à se faire sentir et il est beaucoup plus facile d’en évaluer les effets – bons ou mauvais. Ça a quand même ses avantages.

Le remède aux troubles de concentration :

Cette anecdote-ci se passe au Québec dans des écoles de Gaspésie où ma sœur enseigne. Il y a de plus en plus de cas de problèmes de déficit d’attention chez les enfants et on se demande continuellement pourquoi. En tous cas, moi je me le demande. Sommes-nous plus prompte à déclarer un comportement problématique – à en faire un cas médical? Est-ce la bouffe, les jeux vidéos?

Ma sœur côtoie des milieux très différents en Gaspésie. Dans une école particulière elle enseigne à des élèves dont la plupart des parents sont sur le chômage ou le bien-être social depuis des années. Ces familles sont pauvres, ne valorisent que peu l’école, sont peu coopératifs avec les profs et de l’avis de ma sœur sont généralement sérieusement disfonctionnelles. Hé bien, dans cette école les cas de déficit d’attention sont légion – tous les élèves ou presque ont des difficultés d’apprentissage.

Dans un autre village, ma sœur côtoie un autre type de gens. Ceux-là sont des « granos », ils ont choisi ce petit coin de pays pour faire un retour à la terre, pour vivre plus simplement. Ils ne sont peut-être pas vraiment plus riches que les autres, mais ils le vivent bien. C’est leur décision. Ces familles-là sont attentionnés envers leur enfants, ils valorisent la lecture, le plein air et l’école, ils sont coopératifs avec les profs et ô surprise, leurs enfants n’ont aucun problème à rester assis pendant quelques heures par jours pour apprendre.

Bref, en court, selon cette simple observation faite bien loin des grandes universités et des grands universitaires incapable d’expliquer le phénomène, il semble que l’augmentation des cas de « Ritalin » soit tout simplement dû à une augmentation des cas de familles disfonctionelles. Reste à savoir à quoi est dû cette autre augmentation ;-)

.jpm

Faire des Québécois

Wednesday, December 30th, 2009

Lundi dernier – le 29 décembre, nous avons reçu des amis des enfants pour jouer à la maison. Nous sommes allé les chercher en avant-midi, ils ont dîner à la maison, ils ont passé l’après-midi à jouer dehors et dans la maison et ils sont reparti un peu avant l’heure du souper.

Il n’y a rien d’extraordinaire là-dedans me direz-vous. Non effectivement plein de parents font ça, et quand ce n’est pas eux qui viennent chez-nous c’est nos enfants qui vont chez-eux. Sauf que dans ce cas ci, les enfants en questions sont des colombiens qui sont au Québec depuis moins de deux ans…

Ça n’a rien d’extraordinaire ça non plus. Non, mais le fait de le faire, de leur faire découvrir nos mets, nos habitudes, le fait de leur sortir des patins et puis tiens de leur en laisser une paire que l’on avait de trop contribue à rendre ces jeunes colombiens un peu plus québécois.

Intégrer les nouveaux-arrivants, ce n’est pas que l’affaire du gouvernement.

.jpm

Brèves : Service de garde, 10$ la chaise, Québec High-School et Nexus One

Wednesday, December 23rd, 2009

Et voilà le temps des fêtes qui revient, ses désagréments, ses folies, ses rencontres intrigantes et, bien sûr, ses surprises et ses joies…

Côté désagrément, il y a les éternels problèmes avec le service de garde. L’école ferme, les profs tombent en congé, donc tout le monde est en congé – pas de service de garde. Vous connaissez l’histoire. Hé bien, je suis allé plus loin cette année et j’ai su que la décision était prise à la commission scolaire. C’est eux qui détermine le calendrier. J’ai également appris que hors calendrier, pas de subvention. Donc le service n’est pas ouvert parce qu’il n’y a pas de demande et il n’y a pas de demande, entre autres, parce que ça 25$ par jours plutôt que 7$. C’est sûr qu’avec deux enfants, trois jours et le temps des fêtes, un trous de 150$ au budget c’est chiant. Mais voilà, quand on a juste trois semaines de vacances par année en perdre six à Noël c’est tout aussi chiant! À quand une vrai politique de conciliation travail famille?

Côté folie et là, je ne parle pas que de la folie du temps des fêtes, mais bien de celle de la consommation à outrance, j’ai vu quelque chose d’incroyable : Des chaises noires en métal avec assise cousiné, du genre solide et bien montée à 10.95$. Honnêtement, je n’en suis toujours pas revenu. Comment est-ce possible de fabriquer ces chaises pour aussi peu. Ça n’a pas de sens, c’est impossible, il y a pour au moins 15$ de matière première dans ces chaises! Je veux bien croire en une consommation responsable, mais offrire des chaises à si bas prix, c’est comme donner du gâteau à un diabétique – c’est entretenir la maladie. Que le quincailler fasse plus d’argent, je m’en fout mais faites nous payé le juste prix pour ces trucs, ça va éviter de justifier leur surproduction!

Dans le rayon rencontres intrigantes, je dois dire que j’ai été servi. Lors d’un souper chez une collègue de ma blonde j’ai eu l’occasion de jaser avec un jeune garçon de 15 ans qui fréquente l’école anglaise depuis le primaire. Bien que tout à fait franco, ses parents ont pu l’envoyé à l’école anglaise parce que son père a jadis étudier en anglais. Le jeune homme est allumé, intéressé et intéressant. Mais l’éducation en anglais a fait son oeuvre… Il ne comprend pas l’utilité du français. Ouais, ça sert à parler à maman, papa et aux amis, mais sinon, le français c’est inutile. Pour ce jeune esprit, la connaissance du français ne lui apporte rien. À la limite, je dirais qu’il ne comprend pas pourquoi on parle encore français au Québec. D’accord il est jeune et il a bien le temps de comprendre certaines choses, mais bon il n’y a aucune garantie qu’un jour il va comprendre et plus il y en aura comme lui, plus la langue sera menacée.

Je parlais de folie plus haut, j’en ai une autre pour vous. Ici il s’agit plus du type « hype »… Celle-ci tourne autour d’une belle surprise ; le Nexus One de Google. On ne l’attendait plus vriament avec les deux premier téléphone de HTC, mais le vrai « Google Phone » serait enfin à nos portes. Ça a commencer par quelques rumeurs chuchotés sur la toile, puis il y a eu des images floues, ensuite des images claires et enfin des vidéos… La machine a rumeur s’est sérieusement emballé. Il y même déjà des blog dédiés au Nexus One auxquels s’accroche des communauté de futur utilisateurs! Tout cela était-il prévu? Avons-nous affaire à un formidable coup de pub déguisé en fuites d’initiés qui se retrouvent sur internet ou est-ce la nouvelle réalité de ces méga-entreprises tellement grosses qu’elle ne peuvent plus contrôlé tout ce qui en sort? Peu importe, la folie Nexus One est là qu’on se le dise!

Bon temps des fêtes, profiter des bons moments… Pour ma part, le bureau est ouvert entre Noël et le jour de l’An alors, je risque fort de bloguer.

Amusez-vous bien!

.jpm

Charest ouvre la porte constitutionnelle

Thursday, December 17th, 2009

Je ne suis pas un expert en matière de constitution, mais cette mésentente entre M. Charest et M Prentice au sujet de la capacité du Canada à prendre des décisions pour les provinces et fort intéressant.

Avec une assemblé des premiers ministres de plus en plus forte et des ententes inter-provinciales de plus en plus avancées, les premiers ministres avec M. Charest en tête ont probablement beaucoup plus de pouvoir qu’ils en avaient.

Voici ce que M. Charest a déclarer à Copenhague lorsqu’il est devenu évidant que le Canada n’allait pas s’engager sur des cibles plus sérieuses que le maigre 3% qui était déjà sur la table (Notez au passage que le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique qui représente 80% de la population canadienne et 75% du PIB national ont tous des cibles variant entre 15 et 20%) :

«À Copenhague, le gouvernement fédéral a le pouvoir de signer des traités, mais il n’a pas le pouvoir d’engager nos gouvernements provinciaux dans nos domaines de compétences. Ça, c’est la réalité canadienne, et c’est la dure réalité»

Et il va même plus loin :

«Dans un système fédéral de gouvernement, nous sommes égaux, nous ne sommes pas les gouvernements juniors du gouvernement national, ce n’est pas vrai, ça; il y a un partage des compétences entre nous»

Ça frappe fort ça. Peut-être que j’interprète mal, mais j’ai l’impression qu’il parle ici plus d’un fédération que d’une confédération. À entendre M. Charest, le gouvernement canadien n’a pratiquement pas raison d’être. Nous devrions avoir un premier ministre canadien nommé par les provinces pour administrer ce que les provinces veulent bien mettre en commun.

Nous nous retrouverions alors dans une situation que j’ai déjà évoqué et souhaité, à savoir que le Canada soit géré par par l’assemblé des premier ministre. Ce serait comme un comité supra-gouvernemental où les grandes décisions d’orientations seraient prises et où les stratégies de mise en oeuvre seraient débattues, mais ça s’arrêterait là, le reste ça se passerait dans chacune des provinces…

Si au moins se débat pouvait ouvrir les yeux de certains. Mais j’en doute fort, la nouvelle n’a pas été reprise dans La Presse – ouvertement fédéraliste, et je doute fort que les propos de M. Charest soient rapportés dans le National Post…

Espérons seulement que les autres premiers ministres l’entendent.

.jpm

Le niveau d’inégalité désiré

Wednesday, December 16th, 2009

Hier, après avoir parlé des différentes politiques de taxation, je terminais mon billet sur le niveau d’inégalité désiré. La raison est simple, c’est que cette question d’inégalité est une façon de poser le problème central de ce qu’on appel aujourd’hui le centre – par « opposition » à la droite et la gauche, ou plutôt aux extrême droite et gauche.

Pour l’extrême gauche, il ne doit y avoir aucune différence entre les individus. Tout le monde doit avoir les mêmes opportunités et gagner le même salaire. Le problème vous diront les économistes c’est que dans ce type de d’économie il n’y a pas de motivation a se dépasser, à innover, à devenir meilleur.

Pour l’extrême droite, tout doit être privé, l’éducation et la santé inclus, ce qui à terme (et on ne parle pas ici de milliers d’années – plutôt quelques générations à peine) crée des castes dont il est impossible de sortir. Le problème ici est évidant.

Bien évidemment, le débat ne se pose pas en ces termes. Les gouvernements qui ont gérés la province ne se sont jamais posé la question en ces termes, mais les politiques mises de l’avant ont toute fois un effet direct sur l’inégalité qui existe dans la société.

Est-ce que les subtiles différences économiques qui distinguent l’Ontario du Québec font de l’un ou de l’autre un idéal? Non, mais il y a une sacrée marge entre le Canada et les États-Unis et si le Québec se rapproche de l’Ontario, gageons que de son côté l’Ontario tand à se rapprocher des États-Unis et on ne veut clairement pas se rendre jusque là.

À titre d’exemple, le coefficient de Gini, indicateur d’inégalité très répandu, est de 0.33 au Canada alors qu’il est de 0.41 aux États-Unis. Pour vous donner une référence, le Danemark est premier avec 0.25 alors que des pays comme le Brésil et la Colombie se retrouve en fin de liste avec des coefficients de 0.57 et 0.59 respectivement.

Bien sûr personne ne veut ni de l’extrême gauche, ni de l’extrême droite, mais si ces limites sont facile à tracer, le choix d’un « modèle » d’inégalité centriste l’est beaucoup moins. Cela dit il devrait être clair pour tous – et surtout nos dirigeants – qu’il faut choisir un modèle et cesser de jouer aveuglément avec les paramètres qui sous-tendent en espérant que la cohérence va émerger d’elle-même.

.jpm

Le modèle québécois

Tuesday, December 15th, 2009

C’est quoi au juste « le modèle québécois » ? Si comme pour moi ça n’a jamais été totalement évident pour vous, je vous propose un exemple donné par Laurent Paquin lors de son passage à l’émission La Joute diffusé sur TéléQuébec – une excellente émission d’ailleurs, du moins quand les débats sont intéressant parce que entre vous et moi, la couleur de la margarine on ne a rien à foutre.

Mais ce soir là le débat était d’intérêt publique : Pour ou contre les frais de scolarité variable? Ou en d’autres mots doit-on charger plus cher aux élèves en médecine qu’aux élèves en éducation? L’argument étant que les cours de médecine coûtent plus cher et que les médecins ont largement les moyens lorsqu’ils commence à travailler…

Le contre argument, qui est celui de M. Paquin est que ce n’est pas ça le modèle québécois. Le modèle québécois c’est l’égalité des chances, le modèle québécois c’est va à l’école gratuitement ou presque et on te taxera quand tu fera de l’argent. Bref le modèle c’est de permettre à tout le monde d’obtenir une bonne formation et de les taxer plus tard pour financer le système.

D’accord, vous allez me dire que ce n’est pas typiquement québécois, que c’est en fait simplement la social-démocratie en marche et vous aurez raison. Ce qui fait que ce modèle est québécois c’est que le Québec est le seul endroit en Amérique du Nord où ce modèle prévaut. Partout ailleurs on fait payer à l’entrée…

Le problème dans tout ça, ce n’est pas le modèle, le problème c’est que la taxation est de moins en moins progressive, le problème c’est que année après années on a diminuer l’assiette fiscale avec des baisses d’impôts et que l’on refuser d’indexer les frais de scolarité au coût  de la vie – aussi bien dire que les frais de scolarité on baissé pendant nombre d’années.

Le problème c’est aussi que dans ce monde globalisé on pas le choi – ou du moins on croit ne pas l’avoir – de baisser les taxes et l’impôt si on veut rivaliser avec les autres. La question est donc de savoir si l’on doit les suivre là aussi.

La réponse n’est pas simple. D’un côté, nous sommes effectivement en compétition avec les autres, d’un autre nous ne sommes pas seulement en compétition au niveau économique, nous le sommes aussi au niveau politique et il est possible de se battre sur ce terrin là aussi. On peut très bien décider de cesser d’imiter les autres et faire des efforts pour mettre notre modèle de l’avant l’expliquer, montrer ses avantages… C’est la décision qu’ont pris les pays scandinaves il y a bien longtemps.

Le problème est donc de savoir ce que l’on veut faire collectivement. Il faut savoir quel modèle on va privilégier et cesser de jouer sur les deux terrains en même temps.

En fait, la question fondamentale, c’est de savoir quel niveau d’inégalité on veut au Québec… J’y reviendrai demain.

.jpm

L’autre midi à la table d’à côté

Monday, December 14th, 2009

Le titre est bon hein? Il n’est pas de moi, c’est le titre d’une émission de Radio-Canada. Ça passe le samedi entre 11h00 et 12h00. J’en ai entendu un petit bout samedi dernier.

Comme bien des émissions, celle-ci est aussi bonne que la qualité de ses invités et celle de samedi dernier était excellente. On a eu droit à Josée Blanchette et Alexandre Jardin. Je n’ai pas pu tout suivre, je faisais des commissions, mais je sais que cette émission existe en baladodiffusion (podcast) – merci Apple, et j’ai bien l’intention l’écouter au complet.

Que s’est-il dit de si intéressant à cette table? J’y viens.

Ils en étaient à parler de critique, de celles qu’ils reçoivent des lecteurs et de celles qu’ils peuvent lire ou pas dans les journaux. Ce qui m’a frappé c’est cette attitude qu’ils ont tout deux eu, l’une disant que ceux qui ne l’aimais pas n’avait qu’à ne pas la lire, l’autre soulignant qu’il n’avait pas lu de critique à son sujet depuis près de 20 ans. M. Jardin a même ajouté une explication anecdotique – et très révélatrice – à cette décision.

Un jour alors qu’il était à un lancement un journaliste était venu le voir pour lui dire qu’il avait beaucoup aimé son dernier roman, mais qu’il allait tout de même le descendre dans son prochain papier pour la simple et – selon lui – bonne raison que s’il donnait une bonne critique de son dernier roman il n’aurait que cinq lignes dans un coin de page alors que s’il le critiquait sévèrement il aurait droit à une pleine page!

On a un méchant problème là, non? Comment voulez-vous qu’il y ait quelque débat que ce soit dans notre société si tout un chacun cesse de lire ou d’écouter ceux qui ne leur plaisent pas. Je l’ai toujours dit et je tente de l’appliquer dans mon quotidien : Il faut tenir ses amis idéologiques proches et ses ennemis encore plus proches. Il faut lire ce qu’ils écrivent, écouter ce qu’ils disent sinon, comment voulez-vous être capable de les critiquer intelligemment?

Et c’est pire encore quand on entend M. Jadrin… Ça me fait penser à Berlusconi qui ne comprend pas pourquoi on l’attaque et qui croit que tout le monde l’aime. S’il ne lit rien d’autre que ses journaux, ce n’est pas surprenant qu’il ait l’impression qu’il fait l’unanimité.

Évidemment je ne m’en pas ici à une chroniqueuse d’humeur et à un romancier, mais bien à l’essence de ce qu’ils ont dit et à cette attitude qu’ils ne sont pas les seuls à avoir et qui se retrouve très certainement chez des gens qui ne peuvent pas se le permettre.

Et puis il y a ce journaliste qui préfère faire des vagues plutôt que de dire la vérité. Les chiens écrasés ça vend plus c’est bien connu.

Esclaves de la une, isolés de la critique et cloîtrés par nos positions, pas surprenant que le status quo reigne en roi et maître!

.jpm

Déception politique

Thursday, December 10th, 2009

Alors que j’étais en Chine en septembre dernier, j’ai eu l’occasion de discuter avec un vrai Conservateur, un gars qui s’était présenté comme député aux dernière election, une grande gueule sans réelle envergure – il n’a d’ailleurs pas gagné.

La scène se déroule au dîner offert par la délégation canadienne conjointement avec le bureau de ShenZhen pour le développement des affaires en Chine. Il s’agissait d’un petit buffet, alcool compris, où trônaient des tables de bar sans banc. La bouffe était ordinaire et la musique encore plus – nous avons eu droit à l’hymne national en boucle sur toute l’heure du dîner.

Je connaissais déjà le gars, il était au même hôtel que moi, nous avions voyagé dans le même bus au cours des derniers jours et nous avions même pris une bière ensemble la veille, mais nous n’avions pas parlé politique.

C’est probablement le fait d’être reçu par le Canada qui a fini par aiguiller notre petite conversation du dîner sur le sujet politique. C’est là qu’il a cracher le morceau. Je venais de dire que Harper ce n’était pas mon homme. Il m’a rétorqué qu’il était le plus apte en place tout en soulignant qu’il s’était présenté sous la bannière conservatrice aux dernières élections. Et c’est là que ça a commencé…

Je me suis littéralement fait mettre en boîte par un professionnel. Il a commencer par me dire qui j’étais : « Toi tu loge probablement à gauche pour des raisons de morale et d’équité. » C’est vrai me suis-je entendu dire. Ensuite il m’a expliqué pourquoi il était avec eux sans avoir l’air trop conservateur et m’a tendu le crachoir, ouvert la porte : « Qu’est-ce que tu n’aime pas de Harper? »

Là ça c’est plutôt mal passé. Je me suis déçu. Vous le saver, je suis un gars généralement articuler, mais là, je n’ai pas réussi à articuler une défense intéressante. Je n’ai rien trouvé de concret, rien de solide, j’avais un espèce de gros blanc de mémoire. Je ne me souvenais plus des coupures stupides qu’il a fait en science, je ne me suis même pas rappeler que le ministre des sciences et technologies était un créationiste convaincu…

Bref, je n’ai rien pu répondre ou presque alors que j’étais, en théorie, dans une bonne situation pour avoir une discussion de fond sur la politique canadienne. Pitoyable. Je m’en mords encore les doigts. Mais bon que dire avec son introduction, il m’a cloué, empêcher de définir moi-même ma position et coupé mon éventuel élan… Je ne sais trop. C’est un professionnel, pas moi visiblement.

Morale de cette histoire, tenez-vous toujours près les grands débats ne sont pas toujours où on le pense et la gymnastique argumentaire – celle que vous avez vu dans le premier cours de philo au cégep – ne doit jamais être très loin.

.jpm

Dogmes ou nécessité

Wednesday, December 9th, 2009

Je suis d’accord avec vous Monsieur Martineau, il est devenu très difficile de critiquer les chiffres et le théories qui entoure la question du réchauffement climatique. Cependant, je crois que le problème ce n’est pas les scientifiques ou même le développement d’un dogmatisme vert, le problème c’est que le débat autour du réchauffement de la planète se livre dans un monde où on doit constamment se battre pour faire comprendre la distinction entre le design intelligent et la théorie de l’évolution.

Le problème, c’est que pour certaines personnes – et il y en a beaucoup, et des malintentionnés – dès que l’on se permet de douter d’une théorie, ce que l’on fait toujours en science, cette théorie devient douteuse et donc invalide. Vous le savez comme moi, pour bien des gens, si on ne parle pas de certitude absolu, ça ne vaut rien.

Et, dans le cas du réchauffement de la planète, qu’il soit d’origine humaine ou naturel, de trois ou quatre degrés, sur 20 ou 50 ans, on parle d’un changement de paradigme majeur et dès qu’une petite porte s’entrouvrira tous ceux qui ne voient pas d’un bon œil les changements à venir s’engouffreront dedans pour discréditer totalement l’affaire afin de faire dérailler des projets qui réchauffement ou pas seront bon pour l’avenir de la planète et le nôtre.

Bref en un mot comme en cent, le problème ce n’est pas que les scientifiques refusent de discuter de leur résultats de façon éclairer c’est qu’il ne le peuvent tout simplement pas sous peine de perdre des années d’efforts à rendre la planète un peu plus habitable, car au bout du compte, le débat n’est pas scientifique, il est politique.

…

D’ailleurs, qu’il y ait réchauffement ou pas, le smog existe, la surconsommation aussi et tous les déchets qui vont avec. Le prise de conscience est nécessaire, elle doit être planétaire et le réchauffement est une excellente façon d’y parvenir.

.jpm

Lettre expédié à M. Martineau lui-même.