Archive for February, 2009

Congé, bas de laine et sables bitumineux

Friday, February 27th, 2009

Comme bien des chroniqueurs je pourrais vous parler de la caisse de dépôt ce matin. Discuter et critiquer ce supposé fiasco, cette déconfiture, ce drame incroyable qu’est la perte de 40 milliards de la caisse, mais à vrai dire, je ne crois pas que ce soit aussi dramatique qu’on le dise. Les pertes de la caisse s’élèvent à 25%, celle des autres grandes institution du genre à 18%. La bourse, elle ,a perdu 49% au dernières nouvelles. La caisse est au niveau de 2005, la bourse à celui de 1997… Notez également au passage que malgré les pertes de cette année la caisse enregistre, sur cinq ans - y incluant cette année – un gain moyen de 7.5%. 1000$ à 7.5% pendant cinq an ça fait 435$ d’intérêt soit un rendement cumulatif de 43%! Notons également au passage que le tiers des pertes déclarer sont des pertes comptables, ce ne sont que des dévaluations d’actifs – des édifices, par exemple, qui valent aujourd’hui moins cher qu’hier, mais qui vont continuer de rapporter.

J’aurais aussi faire plus sensationnaliste et vous parler de ce reportage dans la National Geographic sur les sables bitumineux et affirmer qu’il y a là l’ombre d’un complot. Pourquoi faire ce reportage aujourd’hui alors que le baril de pétrole est à 40$  et que M. Obama parle de réduire la dépendance des ÉU envers le Canada pour l’énergie? Pourquoi aujourd’hui alors que l’administration américaine veut lancer de grands projets de développement d’énergie propre? Drôle de coincidence.

Et pour revenir à la caisse et faire le jeu des journaux à potins j’aurais pu vous parler de cette sortie de notre Robin des banques, M. Michaud qui se demandait qui avait bien pu vendre tous ces papier commerciaux aux québécois? Qui a empocher un magot après avoir vendu ce que bien des gens considérait déjà comme un produit à éviter à tous prix?

Je pourrais également y allez de la technique de la pointe de l’iceberg et du complot généralisé en vous disant que le reportage sur les sables bitumineux comme les unes de nos journaux locaux font un traitement sensationnaliste injustifié et qu’en cela ils n’informe pas la population, mais font plutôt le contraire… Mais je ne ferai pas ça. Je vais plutôt taper sur le même clou, celui sur lequel d’autre ne tape pas.

Mes enfants devait avoir une sortie récompense aujourd’hui à l’école. Je ne sais pas trop de quoi on les récompenses, ce n’est pas la fin de l’année, mais bon. Toujours est-il qu’ils devaient aller au village vacance Val-Cartier faire des glissades. Tout ça au frais de l’État!? Non au frais des voisins – ils ont fait une collecte de fonds.

Mais voilà, on annonce de la pluie aujourd’hui – l’activité a annulé et reporté à une date ultérieur. Et que font les enfants aujourd’hui? Rien. Les profs, la direction, la commission scolaire ou peut-être même M. Charest lui-même ont décidé que même si la sortie était reportée les enfants allaient passer la journée à jouer à l’école plutôt que d’aller y apprendre quelque chose.

Ils auraient pu donner des cours non? Faire des activité éducative au minimum, mais non. Les élèves pouvaient amener un jeu – gameboy ou autre – pour l’avant midi et ils vont écouter un film dans l’après-midi. Allo le système d’éducation. Non seulement on va jouer à l’école, mais parce que l’activité a été reporté on aura un autre jour de congé en plus – comme ça ils vont apprendre comment ça marche dans la vraie vie!

Ho, et en passant, pour la semaine de relâche, le service de garde est fermé – arrangez-vous les parents nous autres on est en congé. Et puis au retour de la semaine de congé, y’a pas d’école c’est une journée pédagogique où les enfants vont encore jouer, mais cette fais ce sera au service de garde plutôt qu’en classe.

.jpm

42 : Chine et Afrique le nouveau partenariat

Wednesday, February 25th, 2009

Si vous avez 20 minutes à consacrer à un reportage
cette semaine, c’est celui-ci que vous devez voir.
Intitulé China’s growing presence in Africa, ce reportage
de la station nigérienne Vanguard trace un portrait
de la présence chinoise en Afrique.

Et, accessoirement, démontre à quel point la Chine
va devenir LA puissance d’ici un dizaine d’années.

À voir absolument!

Pas surprenant qu’ils n’aient pas d’emploi, ils ne savent pas compter!

Monday, February 23rd, 2009

Drôle de petite nouvelle dans Le Devoir cette fin de semaine, le front commun des personnes assistées sociales veut que disparaisse la différence de prestation entre les assistés sociaux aptes au travail et ceux qui ne le sont pas.

Petit calcul : Il y a sur l’île de Montréal, selon cet article, 175 000 assisté sociaux. Seulement 35 000 d’entre eux ne sont pas aptes au travail. Ça en laisse dont 140 000 aptes. Les prestations pour les gens aptes sont de 564$ par mois. Celles pour les non-aptes sont de 858$ par mois. 858 – 564 = 294$ * 12 mois = 3528 * 140 000 = 493,9 millions de dollars !

Si on calcul que Montréal compte la moité des assistés sociaux du Québec, ça nous fait une mesure qui coute au bas mot 1 milliard de dollars par ans – et ce pour garder des gens capable de travailler chez-eux.

Mais l’article va plus loin. Le groupe affirme que seul 8.5% des assistés sociaux apte au travail sont réellement employables faute de formation adéquate ou de passé trouble. C’est bien mal comprendre le but de la mesure. Le versement plus bas (à 564$/mois) est justement plus bas pour inciter les gens  à suivre des formations et ainsi a avoir droit à une majoration de leur prestations.

Cela dit, il faut faire attention à ces chiffres. Les 175 000 assistés sociaux montréalais ne sont pas que des adultes – ces chiffres comprennent généralement les enfants.

Autre point, les mères monoparentales, même avec toute la bonne volonté du monde ont une grosse pente à remonter avant de pouvoir espérer avoir un emploi rentable. Parce que ça coûte quelque chose travailler. Au salaire minimum (9.00$ dès le premier mai – 16 380$/ans, 1365$/mois) si vous avez un appartement, deux enfants et une voiture, c’est plus rentable de rester à la maison.

Mais reste que, une fois les enfants à l’école, l’appartement ramassé, il reste en masse de temps pour étudier – finir son secondaire, son cégep ou même se taper un bac par correspondance c’est possible. Encore faut-il avoir la motivation nécessaire et quelques bon conseils.

Moi, j’investirais dans un service de suivi et de conseil plus près des gens dans une situation d’assistance… Ça coûterait moins cher et ça rapporterait beaucoup plus. D’ailleurs c’est ce que font, avec grand succès, les pays scandinaves.

.jpm

Un point pour la gauche

Friday, February 20th, 2009

Vous avez toujours cru que l’interventionnisme de l’État était une mauvaise chose? Vous penchez à droite? Comme beaucoup d’autre ces jours-ci vous croyer que le gouvernement empêche le développement qu’il est trop présent dans l’arène économique?

Hé bien sacher que ce que l’on appel aujourd’hui l’exception qubécoise est dû à cette grande présence. Oui l’État a ralenti la croissance dans une certaine mesure, mais cet aussi cette présence qui aujourd’hui ralentis considérablement notre chute…

Même Obama s’intéresse au modèle canadien tandis que le reste du Canada s’intéresse au modèle québécois!

Pour y voir un peu plus clair je vous suggère ce très bon texte de Benoît Aubin : Le modèle canadien.

.jpm

Accro aux jeux vidéos

Thursday, February 19th, 2009

Je connais un gars qui est accro aux jeux vidéo. On en connaît tous. Celui que je connais a un bac, il a même une maîtrise… Récemment on lui a offert un poste d’enseignant dans un cégep. Il a refusé. Il n’a pas de boulot, mais il a une maison. Sa blonde ne travail pas non plus… Le gars en question préfère jouer… Il est accro.

Note : Si vous avez lu ces première ligne sur le ton des annonces contre le jeu compulsif du gouvernement du Québec, vous avez probablement trouver pas mal de similitude entre les deux situations. Le reste du texte sort un peu du cadre des annonces!

Avant je ne comprenais pas trop cette fascination pour les jeux vidéos. Je n’ai jamais été très bon et ça ne m’a jamais attiré tant que ça. Mais voilà, j’ai commencer à jouer à Need for Speed et j’ai commencer à comprendre.

Je ne dis pas que je suis accro, mais le besoin de jouer est là. On entre très vite dans ces univers où tout est possible.

J’ai commencé à comprendre disais-je parce que j’ai commencer à jouer et parce que j’ai commencer à aimer ça… D’où vient cette fascination, ce besoin de jouer toujours plus? C’est simple, c’est que l’on peut y faire des choses que l’on ne peut pas faire dans la vrai vie et en plus on peut les faire plus vite, apprendre plus vite et devenir bon plus vite.

Dans Need for Speed (NFS pour les intimes) je roule à 150 miles à l’heure sur l’autoroute, j’ai trois voiture que j’ai gagné en faisant des courses et quelques 100 000$ à dépenser pour les modifier. Avec NFS, j’étais un débutant il y a quelques semaines et maintenant je suis un pro. Je remonte mes voitures, je fais des courses de plus en plus rapide, j’évite la police et je gagne beaucoup d’argent et tout ça avec des bons boosts d’adrénaline.

L’envie de jouer est forte. On veut aller plus loin, passer le niveau, se ramasser un autre char, faire de nouvelles courses… Et surtout, on veut retourner dans cette vie exaltante, on veut une autre dose, on veut revivre les moments forts on sait qu’ils sont là.

Dans le fond, être accro aux jeux vidéos, c’est comme être accro à n’importe quoi d’autre… L’idée c’est d’être capable de faire la part des choses, ne pas oublier que la vraie vie peut aussi être tout aussi exaltante et accepter que des fois c’est plate pis qu’il faut juste déneiger son entrée, pas de char, pas de course .. mais du grand air et un peu de mise en forme!

.jpm

42 : 301, Trisomie 21, Star Wars, Économie et Hockey à l’école

Tuesday, February 17th, 2009

Vous connaissez le 301? C’est le syndicat des cols bleu de Montréal.
Moi j’en avais vaguement entendu parler… en mal bien sûr.
Hé bien mon avis est pas près de changer. Une belle gang de cave!
Et encore, je reste poli.

Petit retour sur mon texte concernant la trisomie 21.

Deux textes de Richard Martineau.
Un premier sur le test de dépistage prénatal.

Un second avec plusieurs témoignages de parents de trisomique.

Est-ce que “La Force” existe? Hum, j’ai mais doutes, mais les ondes
électrique émises par le cerveau, elles, elles existent - et on commence
à vouloir s’amuser avec
… À quand les amplificateurs?

Vous êtes toujours intéressé par la crise économique?
Passez lire ce très intéressant texte sur le rôle et la position
de la Chine
dans ette crise et face aux ÉU.

Et finalement un petit texte fort intéressant sur nos amis
les Canadiens de Montréal
et leur subvention (sic) pour
produire du matériel pédagogique.

Combien de chefs d’État pouvez-vous nommer?

Monday, February 16th, 2009

L’autre soir au souper, je ne sais plus trop pourquoi, on s’est mis à parler de chefs d’État et soudainement je me suis demander combien je pouvais en nommer comme ça sans préparation.

Je me suis donc lancé avec ma blonde, l’idée étant de nommer le plus de chefs d’État en fonction possible. Et puis, une chose intéressante est arrivé : J’ai découvert un « patern » dans notre énumération. Je l’ai testé au bureau et il se vérifie avec tout le monde.

Alors voilà, si vous voulez le tester et faire ce petit exercise du bon citoyen du monde, je vous propose de le faire maintenant car le reste de ce billet élabore sur le « patern » et donne quelques réponses.

Alors voilà, vous en avez trouver une demi douzaine? Plus? Moi j’en avais huit. Et alors, dans quel ordre les avez-vous nommés? Si le « partern » est juste vous avez commencer par messieurs Obama et Harper, chez nous quoi. Ensuite vous êtes probablement allé voir du côté du G7 avec Sarkozy, Brown, Merkel et autres.

Rendu là vous avez eu un blanc… Qui d’autre. Les voisins proches dans quelques cas, de toutes façons y reste plus que Calderon. Et puis généralement on passe au grands méchants : Castro (le frère de l’autre), Kim Jong Ill et Ahmadinejad.

Généralement ça en reste là. Si vous avez fait plus vous êtes au-dessus de la moyenne, ou du moyen celle que j’ai pu observer. Cela dit ces quelques noms démontre bien l’étendu sommes toutes relativement limité de nos connaissances en politique étrangère.

Bien sûr quand on se compare aux américains – qui eux n’en doutons pas ne se rendraient pas à deux -  nous faisons bonne figure. Par contre si on se compare aux européens, ce que j’ai l’occasion de faire – y’a des français au bureau – on a des croûtes à manger. Évidemment la proximité et les relations intra-européenne leur donne un coup de main.

Mais dans mon cas, même la proximité n’aura pas fait… J’avais Morales en tête comme président du Mexique, c’est vous dire.

.jpm

Drawin et Villanueva

Friday, February 13th, 2009

En ce 200ième anniversaire de la naissance de Darwin père de la théorie de l’évolution, je croyais, avec ma belle innocence, que tous les imbéciles de créationnistes se retrouvaient aux États-Unis dans la « bible belt » et autour du ranch de Bush… Mais j’avais tord. Non seulement il en traine encore quelques uns à la maison blanche, mais il y en a même au parlement canadien. Moi qui croyais – innocemment encore – que les canadiens étaient moins con que les américains…

Vous voulez des noms? Les voilà!

Stokwell Day, notre ministre du commerce international croit dur comme fer que le monde a été crée il y a 6000 ans et affirme même que cette théorie a des fondements tout aussi scientifique que celle de Darwin. Pire encore il souhaite que les deux « théories » soient enseignés à côte à côte dans nos écoles! Il ne reste qu’à souhaité qu’il ne soit jamais ministre de l’éducation!

De son côté le ministre des finances Jim Flaherty ne voit pas de contradiction entre les deux « théories », outch!

Mais tout n’est pas noir… Plusieurs ministres questionné ont également fait un plaidoyer pour la science. Lisez la suite dans cet article du journal Le Devoir.

L’enquête publique sur le décès de Fredy Villanueva sera reporté pour permettre à la famille de se préparer.

Déjà qu’il y ait une enquête publique pour cette affaire est un non-sens. Le « jeune » Villanueva comme on le souligne toujours dans les journaux avait 18 ans (un adulte donc) lorsqu’il s’est fait tiré dessus par la police pendant une altercation qui opposait vraisemblablement des gangs de rue et éventuellement la police.

Je ne voudrais pas être plate, mais c’est ce qui arrive quand on fait parti d’un gang ou quand on se tiens avec les gars d’un gang ou quand notre frère est dans un osti de gang de rue.

Tabarnak, il aurait aussi bien pu se faire tué par un gang rival. Il était dans le milieu, pis les gangs de rue ce sont des criminels en devenir qui font du trafic de drogue, qui jouent avec des couteaux, qui jouent avec des fusils. Osti, c’est des méchant de la graine de vaut rien point à la ligne.

C’est ben plate pour sa mère, sa soeur, son père pis le reste de la famille de la communauté pis le Québec au grand complet, mais quand on choisi ce style de vie, il faut prendre ce qui vient avec et ça, des fois, ben c’est la mort à 18 ans ou la prison pendant 15 ans.

Si M. Villanueva avait travaillé au McDo du coin ce soit là, il serait encore en vie aujourd’hui.

Cela dit – pour les quelques lecteurs qui passent par hazard sur mon site et qui se disent « chirss y’é fou ce gars là, il a pas couru après Villanueva, pis la vie à Montréal nord c’est pas facile, je voudrais bien l’y voire avec le racisme, les situations précaire et tout le reste. » - je tiens a dire que je ne suis pas incessible à ce genre de situation, je sais que le racisme est réel et que ce n’est pas toujours facile de s’en sortir. Mais, mais, ce n’est pas en laissant courir les gangs de rue sans réagir que les choses vont s’arranger.

Et pour ceux encore plus croche qui aurait voulu voir un rapprochement entre Darwin, la sélection naturelle et la triste histoire de Fredy Villanueva, ben vous êtes bien les seules caves à penser qu’il y a un lien autre que l’actualité entre les deux sujets.

.jpm

Le problème des auteurs canadiens

Wednesday, February 11th, 2009

Pour poursuivre sur ma lancée à propos de « l’opposition » anglais / français, je vais vous raconter une autre petite anecdote. Celle-ci est tiré du monde de l’édition où ma blonde travail.

Invité à une table ronde pour discuter des stratégies de distribution au Canada, ma blonde a eu l’occasion de rencontrer des éditeurs du Canada anglais et de saisir toute l’étendue de la menace d’assimilation à laquelle ils font actuellement face.

En effet, depuis la constitution de grands groupe d’édition et de distribution, les maisons d’édition anglophones généralement contrôlées par les géants américains ou anglais ne donne que très peu de place aux auteurs canadiens. D’un stricte point de vu affaire, c’est bien normale. S’ils ont le choix entre l’édition ou la distribution du dernier bouquin de J.K. Rowling et celui d’un petit auteur canadien, ils choisiront très certainement Mme. Rowling.

Et aude-là de ces choix éditoriaux, il y a la mise ne marché. Fort de son marketing planétaire et d’une grande volonté de faire d’énorme succès avec certains livres, les maisons d’édition et les distributeurs ne vont généralement tablé que sur quelques titres prometteurs dont l’auteur a connu un bon succès dans son pays d’origine – et donc aux États-Unis ou en Angleterre.

Il n’est donc pas surprenant que l’on soit incapable dans une librairie ontrarienne de situer les auteurs canadiens. Non seulement on ne les publies presque pas mais en plus comme ils sont distribués par de grands groupes anglophone planétaire, on a acune intention de leur faire une place spécifique.

Tout ça peut avoir l’air léger, mais ce sont des problèmes sérieux. Les canadiens anglais ont vraiment peur… Ce n’est pas pour rien qu’ils sont venu voir au Québec comment ça se passe, il faut qu’il trouve un solution et vite.

Cela dit, j’ai accueillis cette nouvelle avec un sourire en coin. Enfin, me suis-je dit, il en certain qui vont comprendre ce que c’est que d’être minoritaire et de voir sa culture se dissoudre peu à peu dans celle de l’autre.

.jpm

Du devoir de parler anglais au droit de parler français

Tuesday, February 10th, 2009

Je suis allé au Carnaval de Québec cette fin de semaine. Évidemment il y avait des tonnes de touristes dont beaucoup d’anglophones – probablement des ontariens.

Je faisais la file pour le rafts des neige quand j’ai été témoins d’une scène fort intéressante…

Un gars, un anglophone, qui avait perdu son sac était remonté jusqu’en haut pour voir si on l’avait pas trouvé dans un des rafts. Je ne sais pas trop ce qu’il a demandé à la fille qui s’occupait d’asseoir les gens dans les rafts, mais celle-ci, alors qu’elle était en train de s’informer pour le fameux sac, s’est sentie obliger de lui répondre poliment « Yes i do speak english » d’un anglais parfait, mais sur un ton qui voulait plutôt dire « Oui je t’ai compris, oui, je parle anglais, mais là je suis en train de m’informer alors je le fais dans la langue de mon choix! ».

D’accord j’extrapole peut-être un peu, mais ça avait vraiment l’air de ça. Cette histoire m’en a d’ailleurs rappelé une autre.

J’ai une amie qui travaillait au grand bureau d’information touristique à côté des ponts à Québec qui a été un peu moins polie avec un anglophone, mais ô combien plus intelligente.

Un monsieur s’était présenté à son kiosque et lui avait demandé – comme beaucoup le font – si elle parlait anglais. Celle-ci lui ayant bien sûr répondu oui, le monsieur enchaîna avec une « Well, good for you » bien senti et celle-ci de lui répondre « No, sir, good for you! »

Absolument délectable. « Désolé mon cher monsieur, mais c’est moi qui parle deux langues et c’est vous qui êtes chanceux que je sois en mesure de vous comprendre! »

Vous savez, j’ai souvent eu cette impression que pour bien des anglophones c’était à nous à apprendre leur langue. Pour eux, nous sommes la minorité et s’est à nous de nous adapter à eux. Et d’une certaine façon, ils ont bien raison. L’anglais est parlé par 98% de la population nord-américaine (sans parler du reste du monde et du domaine des affaires internationales) et si nous voulons entrer en communication avec eux, si nous voulons faire des affaires avec eux, être à même de les comprendre, nous nous devons d’apprendre l’anglais.

D’un autre côté, nous avons tout à fait le droit de parler français – surtout chez nous! - alors je ne vois pas pourquoi on se priverait, je ne vois pas pourquoi on devrait toujours faire des courbettes pour les autres. Ce n’est pas parce que nous sommes en situation minoritaire que et que nous sommes entouré par une mer d’anglophone que l’anglais est nécessairement meilleur ou supérieur au français comme certains semblent le croire…

Alors oui, nous avons d’une certaine façon le devoir d’apprendre l’anglais, mais nous avons tout autant le droit de parler français et même le devoir de le faire rayonner et de faire savoir aux anglophones que le français n’est pas une langue de second rang, mais bien une langue de premier plan qu’il gagneraient à connaître.

.jpm