Archive for May, 2008

Le piège du libre-échange

Friday, May 30th, 2008

…mes élucubrations sur les difficultés d’un éventuel renouveau syndical devront attendre, il y a plus important à lire aujourd’hui.

Léo Paul Lauzon l’affirme à plusieurs reprises dans ses bouquins, la souveraineté énergétique du Canada n’est pas assurée dans le cadre du traité de libre-échange Nord-américain en vigueur depuis 1994 : Si une crise survenait nous devrions alimenter les Etats-Unis plutôt que de subvenir à nos besoin.

Cet état de fait n’a jamais été débattue – elle émanait d’un dangereux gauchiste (sic) – mais aujourd’hui c’est Gordon Laxer, de l’institut albertain Parkland, et John Dillon, du Centre canadien des politiques alternatives, et ils vont plus loin que Lauzon en affirmant que le Canada est devenu à travers cet accord une « colonie énergétique » des ÉU !

…

Le papier de Louis-Gilles Francoeur sur ce rapport publié dans Le Devoir d’aujourd’hui est à lire sans fautes.

Vous y apprendrez entre autres que :

Que le Canada consomme 2 millions de barils de pétrole par jours.

Qu’il existe un pipeline que transfert 240 000 barils de pétrole par jour du Québec vers l’Ontario !

« …les Canadiens devraient se priver de 8 à 31 million de barils de pétrole pour approvisionner les États-Unis si ce pays invoquait la clause de «proportionnalité» inscrite dans l’ALENA. »

« Le traité ne garantit pas seulement aux États-Unis une proportion précise de la «production» canadienne mais de «l’approvisionnement total», ce qui inclut les importations comme celles du projet Rabaska… »

…

Les chercheurs présentent trois scénarios résumés dans le texte de Francoeur, la conservation d’une part de notre production, la réserve d’une part de notre gaz naturel pour la croissance de notre industrie et l’avènement d’une crise énergétique… Trois scénarios où il est impossible pour le Canada de faire ce que bon lui semble, trois scénarios où les citoyens sont perdants…

À lire absolument.

.jpm

Et toutes autres tâches connexes

Thursday, May 29th, 2008

Je sors d’un blitz de tâches connexes. Monter des boîtes dans l’entrepôt, chercher des posters pour les ventes dans une série de caisses de transport (poster que l’on pas trouvé d’ailleurs) et faire un brin de ménage en ramenant une série de boîtes vide derrière.

Faire faire ce genre de boulot par un senior comme moi n’est pas très rentable pour l’entreprise, mais bon je les fais vite et bien et, avec l’aide de quelques collègues tout aussi efficaces, ça n’aura pris qu’une demi-heure… Reste que malgré notre efficacité, nous n’avons pas avancé nos tâches de base pendant ce temps.

Cela dit, à la fin de la semaine, c’est toujours les mêmes qui se tape 80% des tâches connexes et, étrangement, ces derniers ne sont pas plus en retard que les autres sur leur travail.

Pourquoi ? Simple, les autres passent leur temps à placoter. Ils sont toujours à la course, leur travail n’avance pas aussi vite que d’autre, ils ne font aucune tâches connexes ou presque, mais ils semblent toujours avoir du temps pour placoter.

Le plus chiant dans tout ça, c’est que si vous faite l’équation tous travail le même temps ou presque sur leur tâches de bases et tous perde le même temps à faire autre chose. La seule différence c’est que pour les uns ce sont des tâches connexes et pour les autres, c’est du placotage.

Pire encore, à la fin de l’année, les tâches connexes passent inaperçues et tous les employés sont chaudement remercié pour leur travail (bon, ok, j’exagère, tous ont une augmentation sans saveur, exposé dans une petite lettre plutôt impersonnelle) et ceux que l’on remercie en cours d’année ce sont ceux qui placote parce que eux ils ont eu le temps de se vanter de leur bon coups pendant que les autres changeaient des boîtes de place.

.jpm

Demain un petit tour du côté des syndicats – conflits et paradoxes…

42 : Environnement, richesse et Bouchard-Taylor

Tuesday, May 27th, 2008

Attention, il y a beaucoup d’excellente lecture dans cette chronique!

Wired publie ce mois-ci dans son magazine une série de courts
articles sur les “nouveaux” environnementalistes
, ceux qui sont
pour le nucléaire et l’air climatisé, mais contre les légumes bio!
Bref une série qui brasse la cabane et les préjuger sur ce qui est
bon pour l’environnement.

De son côté Éric Grenier chez Jobboom publie Les sauvages, un intéressant petit
article qui offre une autre lecture - encore une - de cette hausse de
53$ sur 25 ans de notre pouvoir d’achat et sur la fameuse redistribution
de la richesse.

Enfin Richard Martineau n’est pas en reste avec sa chronique Franc-Parlé
et publie une série de textes sur le rapport que nous ont remis les
commissaires Bouchard et Taylor.
Il souligne entre autre leur sérieux manque de jugement concernant
le voile islamique.
Trois textes:
Une question de perception
Pendant ce temps…

Et mon préféré : Cuisine canadienne

Rapport Bouchard-Taylor : Dernier acte ?

Monday, May 26th, 2008

Comme tout le monde j’ai lu une foule de commentaires sur le rapport Bouchard-Taylor en fin de semaine. Certains sont content, d’autre sont mécontent et la majorité trouve le rapport tout à fait honnête.

Je me retrouve dans ce dernier groupe. Tout n’est pas parfaitement à mon goût mais je crois que ces messieurs Bouchard et Taylor ont fait au global un bon travail.

Cela dit, il y a tout de même quelques points qui accrochent à mon humble avis.

Un, la supposé non-ouverture des régions. Montréal accueil la très grande majorité des nouveaux arrivants. Messieurs Bouchard et Taylor nous disent que l’intégration passe par une plus grande répartition des nouveaux arrivants en région - y incluant Québec qui ne reçoit que 2000 immigrants par année. Leur conclusion : les régions ne sont pas suffisamment ouvertes.

Honnêtement, j’ai l’impression que ces messieurs se foutent le doigt dans l’œil. Bien sûr, il y a toujours des réfractaires et il y en a surement autant à Montréal qu’en région. Par contre en région l’intégration est beaucoup plus abrupte qu’à Montréal. À Shawinigan, à St-Pacôme comme à Québec, il n’y a pas ou pratiquement pas de communautés d’immigrants et les nouveaux arrivants doivent absolument apprendre le français pour travailler, et ils devront adopter notre mode de vie très rapidement parce le leur est inaccessible… Donc ce ne sont pas les régions qui sont moins ouvertes aux immigrants, ce sont ces derniers qui ont moins envie d’aller en région. Et je ne les blâme pas, je ferais pareil même si j’immigrais en France – le 15E arrondissement de Paris est, parait-il, bourré de québécois.

Deux, vous avez dit islamophobie et antisémitisme ? Si je ne doute pas qu’il y ait un brin d’islamophobie au Québec, je doute fort qu’il y ait de l’antisémitisme.

L’islamophobie c’est bien dommage, mais vue les quelques Imams radicaux qui prêchent à Montréal – et que l’on a toujours pas arrêté – et les divers événements qui occupent l’actualité depuis quelques années, je dois dire que je ne suis pas surpris. Cela dit c’est bien dommage parce que, généralement, les magrébins (groupe le plus touché par cet état de fait) sont très gens très sympathique avec qui la plupart des québécois ont des affinités.

L’antisémitisme par contre, je n’y crois pas. Bien sûr il peut y avoir eu quelques incidents, mais de là à crier au loup il y a des limites. Et d’ailleurs les Juifs hassidique d’Outremont ne se mêlent pas à nous. J’ai une amie qui restait dans le coin enfant, et elle n’a jamais pu jouer avec les petites filles juives, leurs parents leur interdisant de la fréquenté… Ce sont des gens qui ne veulent pas s’intégrer… Ce sont plutôt les juifs qui, à mon sens, entretiennent un sentiment québecophobe.

Trois, les anglais ! Hé bien oui, les anglophones de Montréal, les purs et durs du West Island qui mardi dernier à travers un article prenaient plaisir à nous chier dessus (c’est une minorité j’en conviens mais elle parle fort) en nous disant que nous n’étions pas suffisamment ouvert et que devions apprendre l’anglais, ne sont pas en reste…

Alors que la commission Bouchard-Taylor rend son rapport public et qu’elle recommande de faire des efforts pour intégrer les nouveaux arrivants, alors que les Anglos nous disent que nous ne sommes pas assez ouverts, ils veulent mètrent en place des écoles ethnocentriques !

Mais c’est de la pure folie ! Comment allons-nous intégrer des gens si on les ghettoïsent ? Ça prend bien les Anglos et leur tradition multiculturaliste pour avoir des idées pareilles…

…

Était-ce le dernier acte ? J’ai de sérieux doutes. Il y a peu de chance que la répartition des immigrants change beaucoup au Québec… Et le débat autour des écoles ethnocentristes ne fait que commencer – à moins que ça passe totalement inaperçu… Les juifs ne vont pas commencer à s’intégrer demain matin… Et tant que les musulmans n’auront pas régler avec leur coreligionnaires le problème de l’islamisme, les gens seront méfiants…

.jpm

Le site est de nouveau stable

Friday, May 23rd, 2008

Chers lecteurs, en vérité, je vous le dis, les sites web c’est compliqué en tabarnak !

Si jamais vous avez le goût de vous partir quelque chose, blog ou autre assurez-vous d’être au bon endroit dès le départ ! Les transferts sont compliqués les mises à jour sont compliqués et les contacts avec tout ce beau monde, hébergeurs et autres, sont compliqués.

Cela dit, je devrais remonter mon site au complet dans les mois qui viennent – page d’accueil incluse. Et je vais peut-être ouvrir une page Facebook et un fil RSS…

M’enfin d’ici là, profitez de la vie, du printemps et des bonnes choses.

.jpm

La spéculation va bon train : 135$ le baril de brut !

Thursday, May 22nd, 2008

Ces jours-ci on a droit à une foule d’analyses concernant le prix du baril de pétrole. Pour certains la hausse va se poursuivre encore un bon moment, pour d’autres la bulle spéculative va péter et le prix va retomber et pour d’autres encore, le pic pétrolier – que l’on prévoyait pour bientôt – ne sera même jamais atteint puisque la demande fléchira vu les récentes hausse, ce qui à terme ralentira la production – mais devrait également faire fléchir le prix…

Pour ma part la spéculation devrait continuer… Comme l’offre et la demande sont à peu près équivalent (les quelques 90 millions de barils de pétroles produit par jours sont brûlés presque aussi tôt), la spéculation est facile et payante, alors pourquoi ne pas continuer?

Et d’ailleurs, vous serai d’accord avec moi : Un, on a les moyens et deux, c’est un excellent incitatif pour forcer le développement de nouvelles technologies.

Le plus inquiétant dans tout ça, ce n’est pas tant la spéculation sur le pétrole que l’idée de spéculer sur les ressources naturelles « vitales » et d’insérer cette spéculation dans les produits financiers (lire portefeuilles d’obligations et autres) pour en perdre ainsi le contrôle et à terme créer de toutes pièces des crises majeures d’alimentation dans le monde…

.jpm

À lire : le petit article de Radio-Canada qui comporte un tableau retraçant les grands mouvements des prix du pétrole depuis les années 1970.

Impossible décroissance

Tuesday, May 20th, 2008

Vendredi dernier c’était notre assemblé trimestrielle – celle consacré à la fin de l’année fiscale – et comme à l’habitude je me suis retrouvé à reconsidérer ma position sur la décroissance.

Le concept de décroissance économique m’a toujours séduit. Ça semble logique, possible et évidemment souhaitable. L’idée c’est de consommer de moins en moins jusqu’à atteindre un niveau viable de production et de consommation.

Le problème c’est que si tout le monde, absolument tout le monde, ne s’y met pas en même temps et avec des objectifs très précis et régulés c’est tout simplement impossible.

La raison est fort simple. Si vous avez eu l’occasion d’assister à ce genre de rencontre vous l’avez déjà compris. Toutes ces rencontres fonctionnent de la même manière que ce soit pour  une entreprise qui a un chiffre d’affaire de 1 ou de 100 millions de dollars.

Le schéma de base est le suivant : Nous avons fait 10 millions de chiffre d’affaire l’an passé. Ce 10 millions est composé de 8.5 millions de dépenses de fonctionnement, de 1 millions d’investissement et de 0.5 million de profit. La demande pour notre produit est croissante et les investisseurs on confiance en nous, notre objectif pour l’an prochain est donc de 11 millions, avec des dépenses de 9 millions, 1.5 million d’investissement et 0.5 million de profits si tout va bien.

Ce qu’il faut bien voir ici c’est que la roue tourne. L’argent généré (le chiffre d’affaire) sert à payer les employer et à faire tourner la boîte et la balance est généralement réinvestie – sinon la boutique ferme parce qu’un produit meilleur viendra remplacer le nôtre.

Et si on décidait de continuer à 10 millions ? Eh bien il n’y aurait plus de croissance, il faudrait laisser tomber des clients (qui s’en irait chez le compétiteur, diminuant notre chiffre d’affaire – et rendant possiblement l’entreprise non-rentable) et les investisseurs iraient mettre leur sous ailleurs (en plus de nous demander de rembourser l’investissement initial si cela n’a pas déjà été fait).

…

Alors où est la solution ? J’ai bien l’impression que ça passe par un sérieux changement de cap dans notre façon de produire. Ça prend une solution qui ne détruit pas le système économique actuel mais qui le contraint fortement à respecter les limites de production de notre planète…

Remplacer le forage par la récupération, travailler la mise en place de l’approche berceau à berceau (où le fabricant à l’obligation de récupérer tout ce qu’il met sur le marché) et développer notre réseau d’énergie non polluante.

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Interruption temporaire…

Tuesday, May 20th, 2008

Chers lecteurs,

Il se peut qu’il y ait une interruption temporaire du service blogatoire du Chialeux De Salon. Le nom de domain www.jpmartin.net est présentement en déplacement… i.e. je change de fournisseur DNS pour éviter le genre de problème que j’ai rencontré en février.

L’interruption - si elle se produit - devrait être de courte durée 24h tout au plus.

De mon côté je continu à publier…

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42 : Einstein et la religion, les néo-nazis et la création de richesse

Friday, May 16th, 2008

C’est officiel Einstein croyait effectivement que la religion relève
d’une superstition enfantine.
À lire pour le plaisir!

La bible néo-nazie est maintenant disponible en Tchécoslovaquie!
La nouvelle fait le tour du monde et ça fait peur, mais savez-vous quel
est le seul autre pays à en autoriser la publication?
Les États-unis!

 

Pour une fois que cette idée de créer de la richesse avant de la distribuer
est bien expliquer, je vous envois le lien…
Cela dit, ne vous laissez pas berner par cet argument fallacieux de
l’augmentation du revenu des famille, comme je l’ai déjà fait remarquer
si le pouvoir d’achat moyen des familles a augmenté ces dernières années
c’est parce que plus de familles comptent deux conjoint sur la marché du travail.

Reste que j’ai vérifier et l’augmentation des gains des entreprises coïncide
effectivement très bien avec l’augmentation des salaires.

L’économiste est-il nécessairement à droite ?

Thursday, May 15th, 2008

J’ai commencé, en session d’été, un cours de microéconomie. Je n’ai que deux chapitres et demi de lu et déjà j’ai un mauvais pressentiment quant à l’impartialité politique du bouquin étudier dans ce cours.

Déjà au premier chapitre on présente le dilemme fondamental de l’économie comme étant celui entre l’équité et l’efficacité. Suit alors un petit commentaire expliquant qu’en situation d’équité (salariale) les travailleurs sont moins motivés, etc, etc, et termine avec quelque chose qui pourrait s’apparenté à une description sommaire du communisme !

Non mais, il y a tout une marge entre le communisme et une répartition équitable, pas égale, équitable, de la richesse !

Autre exemple, au chapitre 2 dans les exercices on demande la différence entre la pauvreté et la rareté. La question comporte cinq choix de réponse… La « bonne » réponse est à l’effet que les riches ont également des besoins infinis. Bon d’accord, mais ça n’explique en rien la différence entre la rareté et la pauvreté et en plus ça sent la légitimation de la richesse. J’veux bien croire que les riches ont des désirs aussi infinis que le premier venu, mais leurs besoins de bases sont comblés alors que ceux des pauvres ne le sont pas dans bien des cas.

… et les exemples vont certainement continuer de s’accumuler.

Alors quand je vois la monté de l’économie comme « science » dominante dans la société et en parallèle la monté de la droite, je me demande d’où ça peut bien venir, je me demande s’ils n’ont pas raison quelque part, si ce n’est pas moi qui ne comprend rien à tout ça…

Puis j’ouvre ce bouquin et commence alors à voir d’où sortent tous ces économistes de droite formés par ces mêmes bouquins… Et ensuite, j’ouvre le journal et tombe sur Mme. Elgrably qui accuse Statistique Canada de manipuler l’opinion publique en ne publiant que les données d’augmentation du pouvoir d’achat des individus (qui n’a pour ainsi dire pas augmenté) alors que celui des familles à progressé de 11% ! Bien Mme. Elgrably, il y plus de gens qui travaillent par famille ! – et je comprends d’où elle sort … et en plus elle enseigne aux HEC !

D’ailleurs je vais envoyer une lettre au Journal de Montréal pour dénoncer les prises de positions erronées de Mme. Elgrably.

…

Alors voilà, vous avez l’histoire… Est-ce que les économistes sont nécessairement à droite ? Non, mais il y a des gens qui travaillent très fort pour les amener à pencher de ce bord là tout au long de leurs études et même après – tout comme on le fait avec nous tous.

.jpm