Archive pour October, 2007

Vivre sans Dieu

Wednesday, October 31st, 2007

J’ai lu récemment deux bons textes sur la « problématique » de la vie sans Dieux pour nous guider. Le premier c’est dans l’Actualité, une entrevue avec Dale McGowan. Le second c’est dans un bouquin sur la science : Mystère sans magie, Science doute et vérité : notre seul espoir pour l’avenir de Cyrille Barrette.

Extrait de l’entrevue avec M. McGowan :

Éduquer un enfant sans religion pose quand même des défis…

- Être un parent athée veut dire élever ses enfants en croyant que la raison est le meilleur outil. Le but premier de l’éducation est de donner aux enfants les moyens de penser par eux-mêmes. En théorie, c’est exaltent. Au quotidien, c’est parfois difficile et un peu fatiguant. Si l’enfant croit en un Dieu omniscient et tout-puissant, tout est plus facile. Un tel Dieu n’a pas besoin de justification, il a automatiquement raison, il est la réponse définitive à toutes questions […]

Comment aborder les questions difficiles : la souffrance, la guerre, l’injustice?

- À mon avis, c’est plus aisé pour moi que pour ma voisine catholique, qui a besoin de bien des contorsions mentales pour expliquer qu’un Dieu infiniment bon laisse se produire des guerres. […] Alors qu’un enfant peut comprendre ce qu’est une catastrophe naturelle et qu’une guerre est causé par une différence de point de vue ou par un déséquilibre dans l’accès aux ressources.

Extrait du livre de M. Barrette, sur l’éducation :

Il s’agit donc simplement d’éduquer les enfants aux connaissances scientifiques et surtout à la pensée libre et critique ainsi qu’au sens des responsabilités individuelle et sociales, puis de faire confiance à chaque adulte dans ses choix personnels sur les questions de morales et de sens. Tout cela encadré bien sûr par les balises de la vie en société : liberté, responsabilité, justice, démocratie, tolérance, égalité, fraternité.

Extrait du livre de M. Barrette, sur la science et la religion :

La science et la religion ne sont pas complémentaires. En effet, la religion n’explique pas ce que la science ne peut pas encore expliquer, ni ce qu’elle ne pourra jamais expliquer. La religion n’explique rien. Elle donne des réponses qu’elle nous invite à croire aveuglément, non pas des explications. On est dans deux mondes totalement différents : celui de la raison et celui de la foi. Les confondre ou les mélanger les dénatures tous les deux.

Je croyais, à tort visiblement, que ces distinctions entre science et religion et que l’approche athée de la raison en éducation étaient largement répandus et comprises de tous, mais il semble que ce ne soit pas le cas comme le prouve, entre autres, cet article de l’Actualité et la récente sortie d’un millier de parents pour protester contre la laïcisation de l’école.

Vivre sans Dieu, c’est non seulement possible mais souhaitable. Malheureusement il semble que notre mémoire collective soit tellement entachée de dogmes religieux que nous en avons de la difficulté à imaginer l’éducation et la vie sans eux.

Les boeufs sont lents mais la terre est patiente comme disait l’autre.

.jpm

Psycho-pop, sciences sociales : le mauvais choix des consommateurs

Monday, October 29th, 2007

La semaine dernière je me suis rendu chez Renaud-Bray pour acheter L’Esprit de la Loi de Montesquieu. Je savais déjà que Renaud-Bray n’était pas une librairie mais bien un magasin de livres. La librairie Pantoute, sur la rue St-Jean, où j’ai finalement trouvé les livres (hé oui, il y a deux tomes), est une vraie librairie.

Toujours est-il que je suis chez Renaud-Bray et que je cherche la section socio, philo, essai ou quelque chose du genre. J’aperçois alors la section psychologie. Six rayons bien garnis plus un présentoir pour mettre en valeur les derniers titres. Je regarde autour, sexualité, ésotérisme, spiritualité et finalement sciences sociales ; deux rayons qui couvre tout de l’essai sur l’intégration des jeunes en milieu défavorisé, au dernier ouvrage de Jacquard en passant par quelques classiques, Machiavel et autres… Deux petits rayons. Ça n’intéresse personne les grands textes de Platon, de Bourdieu ou de Montesquieu, non, le monde, le vrai monde lisent de la psycho-pop à deux cennes : Lâcher prise, et tout ira mieux.

Le problème avec la psychologie populaire c’est qu’elle n’explique rien. Elle ne fait que proposer des solutions boiteuses qui ne fonctionnent que dans quelques cas – d’où la prolifération d’ouvrages.

Vous vous sentez surmené au travail? Ce n’est pas de la psycho bon marché qu’il vous faut mais un petit cours de sociologie!

Tous les sociologues qui s’intéresse de près ou de loin au travail – et ils le font presque tous – savent pourquoi vous vous sentez surmené au travail. Ils ne vous donnerons pas de fausses solution pour que vous vous sentiez moins surmené, non, mais il vont vous expliquer la source de ce surmenage et de là vous serez à même de le combattre.

Pourquoi sommes-nous si stressé, si fatigué? Simple. Le monde de l’emploi a beaucoup changé dans les 30 dernières années. Les « Trente Glorieuses », l’époque de nos parents, les trente années de forte croissance économique qui ont suivis la deuxième guerre mondiale sont loin derrière. Cette époque révolu où l’emploi était statique, linéaire, où l’approche manufacturière – le fordisme pour ne pas le nommer – a laissé place à une époque où c’est la flexibilité qui prime.

Autant durant les « Trente glorieuses », le travail était découpé, monobloc, autant aujourd’hui tous doivent être polyvalent et multi-tâches. Durant l’ère manufacturière tout était fait à l’usine. Aujourd’hui on sous contracte énormément, ce qui fait que nous avons tous beaucoup plus de relations d’affaires, beaucoup plus de gestion à faire.

Si à l’époque tout le monde s’en tenait à son boulot et devait entrer dans le rang, aujourd’hui il faut tout savoir sur ce que les autres fond et innover. Il faut être polyvalent, innovant et performant. L’entreprise doit être flexible pour suivre le marché, la demande comme la compétition. Elle doit s’adapter en temps réel ou presque alors il va de soit que les employés doivent en faire autant.

Alors voilà : Nous sommes stressés, fatigués, surmenés parce que le boulot est plus stressant et plus demandant que jamais. Les dépressions et les « burnout » sont à la hausse et les ventes de bouquins de psycho aussi.

Ce n’est pas une quelconque recette sur la façon de prendre la journée qui va changé quoi que ce soit au nouveau monde du travail dans lequel nous évoluons. Ce sont de nouvelles façons de faire et celles-ci ne peuvent être élaborés ou rendues possible que par des gens qui comprennent ce qui se passe, pas par des qui lâche prise en espérant que les choses vont s’arranger d’elles-mêmes parce qu’ils s’en inquiètent moins, bien au contraire.

.jpm

Immigration, accommodements et autres examens de conscience

Friday, October 26th, 2007

J’ai reçu un court commentaire de GL (merci, c’est toujours très apprécié) sur mon texte 10 000 immigrants de plus par année. GL nous signale un livre et une entrevue (à CHOQ.fm) de Victor Armony qui nous invite à allez plus loin dans la réflexion sur l’immigration à partir, entre autres, d’un portrait statistique détaillé de l’immigration et d’une présentation des paradoxes culturels du Québec auxquels les nouveaux arrivants font face. Une entrevue que je vais me faire un devoir d’écouter.

Par ailleurs, j’ai continuer ma lecture des articles sur la commission Bouchard-Taylor que nous propose Canoë et je dois dire que parmi les récentes interventions – et à ma grande surprise – ce sont les propos du désormais célèbre conseiller d’Hérouxville, André Drouin, qui m’ont le plus fait réfléchir.

«En 1955, les moulins à papier ont décidé d’ouvrir sept jours sur sept dans un pays où 98% de la population était catholique et pratiquante. Les hommes ont eu un choix déchirant à faire: travailler pour faire vivre une famille de 10-12 enfants ou aller en enfer parce qu’ils manquaient la messe», a raconté M. Drouin lorsqu’il a pris la parole.

«Mes deux oncles et mon père n’ont pas demandé d’avoir une église dans leur usine. Ils ont demandé conseil au curé et le curé leur a dit de faire un chapelet le lendemain. C’est Dieu qui a accommodé les travailleurs et non l’usine»

Hum, Dieu serait-il plus accommodant que Allah ? Non mais sérieusement, la contrainte était plus importante à l’époque, aujourd’hui nous sommes plus accommodants et blablabla. Reste que c’est là la démonstration de ce qu’une foi raisonnée peut faire, de ce qu’un réel contact avec la religion peut permettre contrairement à ce qu’une foi aveugle – et j’arrêterai là les qualificatifs – interdit.

Il y a également Foglia qui s’est sur les accommodements raisonnables cette semaine en rappelant les affres de l’approche « multiculturaliste » canadienne ce que j’ai moi aussi fait il y a quelques semaines dans Multiculturalisme et chinoiseries. Foglia me lirait-il ?
M’enfin, son texte est moyen – pour du Foglia, ou du moins son premier texte, le second étant un vrai petit bijou relaté d’un fait vécu :

C’est seulement que, parlant de petit bonheur, je viens de recevoir celui-ci d’une lectrice…

Arnaud, mon fils, est à l’école maternelle depuis un mois. Il en arrive justement, ouvre la porte, claque la porte, bang.

– Hey Arnaud, ça va?
– Oui.
– Et l’école? Ç’a été ?
– Oui. On a eu un examen.
– Un examen! Déjà? C’est sérieux!
– Oui.
– C’était un examen de mathématiques ou de français?
– Hey ! Penses-tu qu’y nous l’disent!

Si tu savais, Arnaud, tout ce qu’y nous disent pas !

Hé bien, figurez-vous que pas plus tard qu’hier mon gars m’est arrivé avec un devoir à faire ou la question était : Former un ensemble de trois lignes comportant un ressemblance.

Relisez-là lentement. C’est une question de géométrie. Il y avait dessous la question le dessin d’un ressort, un triangle, un cercle et le dessin de ce qui ressemblait à un escalier…

Et oui, je vous jure qu’il y a une réponse « logique » !

Ben voilà, après on se demande pourquoi les enfants ne réussissent plus. Non mais je ne voudrais pas tomber sur l’imbécile au ministère, payé 70 000$ par années, pour ponde des questions aussi incroyablement mauvaises. Je lui ferais probablement voir de quel plante longiligne à écorce je me chauffe.

.jpm

p.s. Il y a le palmarès des écoles secondaires de l’Actualité qui vient de sortir, mon analyse s’en vient…

Friendly

Thursday, October 25th, 2007

Je suis allé dîner avec un fournisseur américain ce midi. Le gars est bien ouvert – en fait il n’est pas originaire des États-unis, mais y demeure depuis 25 ans – et aime bien discuter des différences entre les USA et chez nous. Il voyage beaucoup et s’excuse toujours d’avoir comme président l’idiot du village.

Ce midi nous sommes retomber sur cette différence entre le Québec, le Canada et les États-unis. La grande différence selon lui et c’est vrai partout au Canada et particulièrement au Québec, c’est que les gens sont amicaux. En fait, il allait même plus loin en affirmant que les Américains n’ont pas de réelle idée de ce que c’est être amical.

Selon lui les Américains sont devenu, à force de renforcement négatif, tellement craintif et méfiant qu’ils n’osent même plus être amical avec qui que ce soit…

Alors si vous connaissez un canadien en manque de définition, ils le sont tous – si vous croyez que l’on se cherche au Québec [!] – dites-lui que leur « freidlyness » est un point important de leur différence avec les Américains.

.jpm

Montesquieu à la rescousse

Wednesday, October 24th, 2007

– Après une rude semaine à tenter de guérir une sérieuse attaque d’herbes à puce, je m’empoisonne avec du sushi, deux jours sur le dos sans manger et vous reviens en pleine forme (peut-être pas encore, mais ça ne saurait tarder) –

Montesquieu à la rescousse de Bouchard et Taylor, c’est le titre du tout dernier devoir de philo du journal Le Devoir, une excellente série qui, après une courte relâche estivale, revient en force. Ce texte de Guillaume Rousseau est très certainement l’un des meilleurs de la série. Traitant du côté légal de l’accommodement et de la séparation des pouvoirs de l’État ce texte jette une lumière fort intéressante sur la commission et nous permet de renouer avec les préceptes de base qui doivent régir l’exercice du pouvoir dans nos sociétés. Un texte à lire absolument.

.jpm

L’ascension du BRIC et la suite

Saturday, October 20th, 2007

J’ai lu hier, un excellent article dans la revue Commerce du mois de novembre, celle dont la couverture est ornée d’une belle pancarte « Cul-de-sac » verte et blanche. L’article est à la page 76, il a été écrit par Maurice N. Marchon du HEC et s’intitule Lorsque les pays émergent auront émergé, qu’arrivera-t-il aux pays développés?

L’article est for intéressant non seulement parce qu’il répond à la question de façon claire mais également parce qu’il fait quelque mise au point fort pertinentes. Deux d’entre elles ont particulièrement retenu mon attention.

La première répond à mon éternelle question sur la capacité des États-unis à conservé sa place comme leader économique mondial alors que sa balance commerciale est de – 838 milliards de dollars [!] et qu’il fait des déficits de plus 200 milliards années après années. L’élément de réponse de M. Marchon souligne qu’en fait c’est la Chine qui soutien les États-Unis parce que celle-ci « accumule des réserves de change internationales qui s’élevait à 1 330 milliards de dollars en juillet 2007 […] prêtant ainsi aux américains l’agent nécessaire au financement du surplus commercial qu’ils entretiennent avec eux. »

La seconde mise au point relève du PIB par habitant dont on craint généralement un transfert vers les pays émergents. Selon la firme Goldman Sachs, les PIB par habitants passeront entre 2006 et 2035 de 2 050$ à 23 000$ et de 820$ à 6 500$ pour la Chine et l’inde respectivement alors qu’il progresserons de 44 300$ à 69 000$ et de 38 000$ à 57 500% pour les États-unis et le Canada respectivement.

Pour ce qui est de la réponse à la question posé d’entrée de jeu par M. Marchon, la réponse est simple : Nous serons tous plus riche et il se créera globalement plus de richesse. L’ascension du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) – un acronyme qui risque de revenir souvent dans les années à venir – devrait tirer pendant plusieurs années encore l’économie mondiale, obligeant du coup les pays développer à se tourner vers des produits à plus grande valeur ajouté et vers une plus grande pénétration de ces mêmes marchés émergents maintenant ainsi un niveau de vie élevé tout en permettant l’émergence du BRIC et par la bande de quelques nouveaux pays émergents.

Je dois dire que je suis plutôt en accord avec cette analyse de la situation, comme je suis en accord avec l’idée que le commerce peut amené plus de démocratie dans un pays corrompu. Cela dit il s’agit ici d’approche pour le moins théorique. La réalité est souvent beaucoup moins claire et idéale.

À mon sens le plus important défi qui attend les pays émergé est l’encadrement de l’émergence du BRIC et des autres afin que celle-ci se déroule sans trop de crises et dans un cadre où la redistribution de la richesse se fait de la façon la plus uniforme possible.

.jpm

p.s. envoyez-moi un courriel si vous voulez une version pdf de l’article jpmartin@jpmartin.net

Mots épars

Friday, October 19th, 2007

Cate Blanchette aurait déclaré, selon le magazine l’Actualité, que les souffleurs à feuilles représentent bien les grands maux de l’humanité. Je dois dire que je suis d’accord avec elle .. pour les grands maux de l’occident. Paresse, gaspillage inouïe d’énergie et sérieux penchant pour la surconsommation, une surconsommation bien entretenue par tous les acteurs du commerce au détail. Et tiens, pour finir, mauvaise utilisation du génie humain – à développer et à vendre des gadgets inutiles…

« Les enfants l’adorent » C’est ce que rapportait le Média Matin Québec à propos de lui-même plutôt cette semaine. Honnêtement, je ne suis pas certain que ce soit une bonne chose qu’un journal soit adoré par des enfants de sixième année… M’enfin, ça renseigne sur le lectorat.  [MMQ : Journal au nom imprononçable que les grévistes du Journal de Québec distribuent gratuitement tous les matin et dont l’accent est mis sur les faits divers.]

Radiohead vient de sortir un nouvel album. In Rainbows ne sera pas disponible en magasin, il ne se trouve que sur internet. Encore mieux, vous n’êtes même pas obliger de l’acheter. Vous pouvez simplement le télécharger et donner ce que vous voulez à Radiohead. Que ce montant soit de 20$, 2$ ou 25 cents le groupe fera vraisemblablement beaucoup plus d’argent en « donnant » son disque qu’en passant par l’habituel réseau de producteurs et de mise en marché… Une idée géniale qui espérons-le fera du chemin.

Le PQ pète les plombs! La dernière motion du Parti Québécois à l’effet que la « nationalité » québécoise ne sera reconnue pour les immigrants que lorsqu’ils auront démontré une connaissance de l’Histoire du Québec et de la langue française adéquate est totalement ridicule. Bien que je sois un ardent défenseur de la langue et un québécois inquiet pour l’avenir de sa nation, je trouve cette approche totalement aberrante. Il faut célébrer notre histoire, notre culture et notre langue, pas les faire entrées de force dans le crâne des immigrants. Il faut leur donner les moyens d’apprendre cette langue et les faire participer à la collectivité pas les tasser dans un coin jusqu’à ce qu’ils connaissent par cœur le nom de tous les premiers ministres du Québec – chose que je ne sais pas moi-même.

Oui, il faut intégré les immigrants sinon nous sommes perdu. Non il ne faut pas ériger des barrières infranchissables pour les nouveaux arrivants sinon nous sommes perdu.

.jpm

Décalage

Wednesday, October 17th, 2007

J’ai déjeuné seul ce matin. Ma blonde avait fini depuis longtemps, les enfants étaient en train de s’habiller pour partir. Ils sont partis tous les trois alors que je prenais ma dernière bouchée de toast.

J’ai déjeuné seul ce matin parce que j’avais à me faire des bandages. Je suis visiblement entré en contact avec de l’herbe à puce et comme j’y suis très allergique, la réaction est démesurée. J’ai la moitié du bras droit bandé.

J’ai déjeuné seul ce matin parce que ça m’a pris beaucoup plus de temps que la norme pour me préparer.

La tranquillité aidant je me suis mis à penser aux malades aux vrais, ceux qui ont des maladies chroniques ou dégénératives. Ce collègue qui a la sclérose en plaque, cette amie qui est bipolaire extrême et la collègue de ma blonde dont l’estomac ne fonctionne plus, ils sont tous décalés par rapport à la norme.

Aucun d’eux ne peut fonctionner normalement, tous doivent faire toutes sortes de courbettes pour arriver à plus ou moins vivre avec nous, les gens normaux. La collègue de ma blonde va jusqu’à manger avec les autres sur l’heure du dîner – les repas ayant également une fonction sociale – pour vivre comme nous même si cela lui cause toutes sortes de problèmes. Ce décalage, pour moi, est temporaire. Pour eux c’est permanent et ils doivent faire avec en modifiant horaires et mode de vie.

Alors il y a la mal, bien sûr, mon collègue sclérosé a les bras et les jambes qui lui brûle constamment, mais il y a aussi se décalage qui, au bout du compte, fait peut-être plus mal que le mal lui-même.

Drogué au Benadyl, je suis lent, endormis, dans la lune, l’ombre de moi-même et ça me fait chier, mais c’est temporaire et je le sais. Pour les malades, les vrais, ce décalage, cette vie à être l’ombre de ce qu’ils ont été est permanente. La vie décalé est leur réalité une réalité que l’on ne remarque généralement pas sauf lorsque l’on décale soi-même…

.jpm

Je rêve

Monday, October 15th, 2007

J’suis pas en forme ce matin. J’ai j’sais-pas-quoi, un p’tit mal de tête, un p’tit mal de gorge, étourdis, sans trop d’entrain… Remarquez, je l’ai vu venir, j’ai même pas réussi mes problèmes d’échauffement sur le petit mur d’escale que j’ai aménagé dans mon garage et puis j’ai fais un somme hier, 2h00 en après-midi, c’est mauvais signe.

Alors comme je n’ai pas l’énergie pour penser à du concret je rêve. Je pense à ce blog à tout ce que j’ai déjà écris, à tout ce que je pourrais encore écrire et je rêve d’un grand texte, un texte majeur. Il ne serait pas nécessairement bien long mais ce serait un vrai chef d’œuvre, quelque chose de concis, précis, clair, touchant… Quelques lignes pour changer le monde.

Je rêve en couleur me direz-vous. C’est vrai, mais je rêve encore. Je rêve de changer le monde de le rendre meilleur, à la hauteur de mes aspirations pour l’humanité. C’est complètement stupide, je le sais, mais je ne peux m’empêcher de rêver, de croire qu’il y a quelque chose à faire, quelque chose à dire pour que tout change, pour que nous cessions de faire les cons.

Mais c’est moi qui est con – rêver à mon âge! Rêver d’une solution simple à une infinité de problème complexe, rêver d’un texte, d’une action, d’un mouvement qui changera tout, c’est ridicule. C’est aussi con que de croire au prince charmant. Mais je n’y peux rien…

Quand mon cerveau devient flou, il s’amuse à croire. J’imagine que ça me fait du bien. C’est comme une pause avant le dur retour à la réalité, celle des problèmes complexes et des solutions impossibles.

.jpm

10 000 immigrants de plus par année

Friday, October 12th, 2007

Pour ceux qui, comme moi, se posent des questions sur la nécessité d’accueillir 55 000 immigrants par année au Québec et sur notre capacité à les intégrer j’ai fais quelques petites recherches. N’y voyez pas de tendance xénophobe, la question n’est que mathématique pour moi – et puis gouvernementale.

D’entré de jeu, 10 000 personnes de plus ça ne représente que 0.13% de la population québécoise, pas de quoi s’alarmer. Cela dit, la vraie question c’est est-ce que nous avons besoin de ces gens pour combler des emplois comme l’affirme le gouvernement?

En moyenne depuis l’an 2000 le Québec a crée un peu plus de 62 000 emplois par année avec un sommet de 129 000 emplois en 2002 et un plancher de près de 37 000 en 2005 qui fut redressé l’an dernier avec 48 000 emplois.

Le nombre moyen de nouveaux travailleurs disponibles (15 an et plus) depuis 2000 s’établie, quant à lui, à un peu plus de 60 000 par an soit un déficit à la base de 2 000 personnes. Il faut cependant noter que ce chiffre tiens compte autant des nouveaux arrivants que des jeunes qui poursuivent leurs études. Le déficit de 2 000 personnes est donc un minimum.

Par contre, il ne faut  pas oublier qu’il y a, malgré tous ces emplois crées et ce déficit évidant, des gens au chômage. Même s’il a sérieusement fondu depuis quelques années ce taux si situ encore aujourd’hui à 7% soit un peu moins de 300 000 personnes, de quoi combler des déficits de 2 000 travailleurs pendant plus de 40 ans en considérant un chômage technique de 5%.

Le besoin semble déjà beaucoup moins criant, mais il ne fait aucun doute qu’il ira en s’accentuant, un détour au McDo du coin qui compte de plus en plus de têtes blanches finira de vous convaincre si ces chiffres ne l’ont pas déjà fait.

Cela dit, ce n’est pas de plus de chauffeurs de taxi instruits dont nous avons besoin, mais bien de travailleurs dans des domaines de pointe. Or, ouvrir les vannes de l’immigration pour accueillir 10 000 immigrants de plus par an n’y changera strictement rien si nous ne changeons pas notre façon de reconnaître les diplômes et la compétence de ces nouveaux arrivants.

Qui sait peut-être qu’il n’est même pas nécessaire d’aller chercher 10 000 personnes de plus par an. Peut-être que les travailleurs de pointe dont nous avons besoin sont déjà ici. Peut-être sont-ils simplement mal accueillis ou mal dirigés…

Allez chercher de nouveaux immigrants, je veux bien, mais assurons-nous d’abord que nous faisons tout ce qu’il faut pour que les postes à combler le soit par des gens qui sont déjà installé ici qu’ils le soient depuis 10 mois ou 10 générations.

.jpm

Les chiffres viennent d’ici (travail/empois) et de là (chômage).