Les récentes affirmations de l’ex-ministre Hélène Sherrer voulant que le Québec soit une province très pauvre dépendant de la générosité du fédéralisme canadien m’ont, comme pour la plus part d’entre-vous choqué et déçu.
Choqué à la fois par la surprise et l’attaque de ces propos, puis déçu si tant est qu’un telle chose soit vrai. Mais, en bon citoyen ayant accès à internet, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai entrepris de fouiller les données de statistiques Canada afin de trouver quelques information qui pourraient infirmer ou confirmer ces dires.
Mais avant de vous présenter les résultats j’aimerais rappeler qu’il n’y a pas si longtemps encore (une quarantaine d’années tout au plus, ce qui est assez court à l’échelle d’une société), le Québec appartenait aux investisseurs étrangers. Je dis étrangers, mais je fais bien sûr référence aux patrons Ontariens qui géraient plus ou moins le Québec avant la révolution tranquille, ce qui est fort à propos dans le type de comparaison qui nous occupe.
Des étrangers, donc, qui investissaient dans le « cheap labour » franco-canadien, se gardant bien de les faire progresser dans l’échelle de l’entreprise et de réinvestire l’argent ici au Québec.
On nous maintenait donc, encore à l’époque, la pauvreté au Québec en y investissant peu. Tout comme il y avait encore à l’époque (et jusque dans les années 1970) un plan officiel d’assimilation de la minorité francophone au Canada. Mais tout ça a commencé à changer avec la révolution tranquille et la prise en main des québécois par les Québécois. [D’ailleurs si vous voulez compléter ou critiquer cette brève introduction n’hésitez pas à envoyer un commentaire.]
Que se passe-t-il aujourd’hui au pays du Canada?
Des finances relativement bien balancés dans lesquelles le Québec semble effectivement bien profiter du fédéralisme canadien. Ce n’est cependant pas la province très pauvre qui a absolument besoin du fédéral, loin de là.
En effet, le Québec paye 2.3% moins d’impôts que le voudrait son poids démographique ce qui représente tout de même un gain de 9.5 milliards de dollars annuellement. Mais il y a un bémol à tout cela le coût de la vie y est moindre que toutes les autres provinces au Canada ce que veut dire que l’on gagne moins et donc que l’on paye nécessairement moins.
Donc le Québec profite du régime canadien mais il n’en est pas le plus grand bénéficiaire. Non, la province qui profite le plus de la fiscalité canadienne est -à la surprise générale- : l’Alberta! Hé, oui, ils payent près de 7 milliards de dollars de trop en impôts mais on y a invertis, pour des immobilisations [Reliés à l’extraction de pétrole peut-être! Ça coûte cher tout ça! Et, aujourd’hui ils ne veulent plus partager…] plus de 22 milliards, un surplus total de 17 milliards, contre 2 pour le Québec. En fait nous sommes quatrièmes au rang des gagnants du fédéralisme, tout près de 4 milliards devant la Colombie-Britannique, grande perdante de la valse des milliards du fédéral.
Cela dit Sylvain Sauvé dans Le Soleil de ce samedi, ne tire pas les même conclusion que moi [Selon cet économiste nous verserions 435 millions de $ de plus que ce que nous reçevons] de et soulignait que les transferts fédéraux au Québec avaient, depuis 1995, en baisse de 9% alors que ceux vers la C-B étaient en hausse de 63%… Fait intéressant, en 1995 nous étions sixièmes au chapitre des transferts provinciaux.
Alors, sommes-nous pauvre? Comme pays au plan mondial, non, certainement pas. En Amérique du Nord versus les autres provinces et états? Il semble que nous soyons dans le peloton de queue en grande partie à cause de notre dette…
Mais toutes ces lectures son très subjectives même si elles s’appuient sur des chiffres bien précis. Qui inclus quoi et comment?
Cela dit, je suis convaincu que nous avons tous les moyens et toutes les capacités de se positionner de façon plus que honorable en Amérique comme dans le monde dès lors que nous nous donnerons un projet de société digne de ce nom. Et je ne parle pas ici nécessairement de souveraineté, je parle d’un peuple qui se donne une direction et les moyens pour la suivre! Tout le contraire de ce que nous faisons depuis déjà plusieurs années, suivre un courant puis un autre au gré des élections et des dernières idées à la mode…
Tiens, au fait je vous laisse mon tableau ici (20kb) et le texte de M. Sauvé intitulé Le Québec ne fait pas vivre la Canada que j’ai scanné en toute illégalité ici (2mb!). (Vous le téléchargez, lisez et ensuite le détruisez comme si je vous avais passé mon journal du samedi ;-)
.jpm
p.s. mes sources? Statistiques Canada!