La semaine dernière, j’ai lu pour vous [ pour moi aussi, soyons honnête ] un dossier présentant le coût de l’insouciance su Québec en matière d’économie présenté, sous forme de ” Bulletin Économique ” dans la revue Commerce. [ Attention la page de ce numéro ne sera pas disponible longtemps, ils travaillent avec des “frames” ]Je l’ai lu pour deux raisons : Primo parce que la note du Québec me semblait passablement mauvaise et que j’ai voulu comprendre pourquoi et secondo parce que comme pour le magazine Québec Inc. la belle province n’est globalement pas productive pire, elle fait preuve d’insouciance en ce domaine et a, semble-t-il, un important retard à rattraper. On va même jusqu’à dire que ce déficit de productivité explique aujourd’hui 58% des écarts de richesse entre le Québec et l’Ontario ou les États-Unis.
Première interrogation : Comment mesure-t-on ce nouvel indicateur par excellence de la performance des PME, des multinationales et des pays? C’est relativement simple -voire simpliste, comme pour bien des indicateurs- il suffit de diviser le PIB par le nombre d’heures travaillé (définition de Statistique Canada) et on obtient ainsi la valeur des biens ou services produit par heure de travail qui était, en 2003, de 42,26$ au Québec comparativement à 44,86$ en Ontario et à 44,26$ dans l’ensemble du Canada.
Mais revenons à ce dossier sur le Québec économique en commençant par ce fameux ” Bulletin Économique “. Nous obtenons :
B pour la Culture et la R&D
C en Éducation, en Technologie et pour l’État et développement économique
D pour la Productivité, l’Entrepreneuship et les Investissements étrangers
Légende : … B Répond facilement aux attentes, C Répond aux attentes, D Éprouve des difficultés, …
À première vue et si l’on a omis de parcourir le dossier en entier avant de regarder le bulletin on pourrait croire qu’il n’est pas si mal : On répond aux attentes dans 5 domaines sur 8 alors qu’on éprouve des difficultés dans 3 domaines sur 8. Mais attention il s’agit là de domaines clés car si l’on en croit les auteurs des divers papiers que contient ce dossier une culture en santé, de grandes forces en R&D, de bonnes aptitudes en Éducation, en Technologie, au chapitre de l’État et en développement économique ne font pas le poids à côté du manque d’entrepreneuship, de dollars étrangers et de la toute puissante Productivité.
Alors, on veut comprendre et on s’attaque au dossier. On apprend alors qu’au Québec il arrive souvent que l’on a pas les bons outils [ la grande quantité de PME explique probablement cet état de fait ] mais aussi que ce n’est un problème de productivité lorsque l’on perd des emplois au profit de la Chine [ avec ces salaires de 50¢ l’heure, même hyper-productif le Québec ne pourra jamais concurrencer la Chine ].
On apprend aussi que malgré la réingénérie [ l’article couvre, dans un encadré clair, 13 points de cette fameuse réingénérie… ] l’accueil réservé aux initiatives économique libérales est plutôt nuancé. Puis ça continue avec les Technologies [ le Québec est éparpillé], l’Entrpreurship [ 10 fois plus de jeunes Ontariens songent à démarrer une entreprise ], Investissement [ malgré un taux d’imposition des sociétés moindre qu’en Ontario ou qu’aux États-Unis le Québec ne reçoit que 17% du total des investissements étrangers faits au Canada ], R&D [ 42% des entreprises canadiennes qui font de la R&D se trouvent au Québec (!) ], Éducation [ le Québec à un des taux de diplômés universitaires les bas de tous les pays de l’OCDE ]…
Et quoi encore? Entre 1991 et 2001, 43% des immigrants on choisit Toronto contre 12% pour Montréal. Soixante-quinze pour cent des touristes du Québec sont québécois…
Bref, vous voyez le topo : On a encore beaucoup de chemin à faire pour rattraper ces paradis de la libre entreprise que sont l’Ontario et les États-Unis à qui on ne cesse de nous comparer. Notre bulletin économique à beau être correct dans l’ensemble, l’essentiel c’est d’être une terre d’entrepreneurship, d’investissement et de productivité accrue.
Mais on ne fait pas que taper sur le clou dans ce dossier, on nous sort aussi quelques données qui mises ensemble donne, à mon avis un tout autre portrait de la position économique du Québec…
On apprend entre autre que Montréal se classe en terme d’emplois en Amérique du Nord : 4ième en aéronautique, 8ième en biopharmaceutique, 9ième en TI et télécoms et 11ième pour la technologie en générale…
On apprendra également en lisant plus avant que nous sommes très bien partis en nanotechnologie avec nos 25 entreprises [ contre 1200 au ÉU ] et en biotechnologie avec 130 entreprises et 4 700 emplois, soit la troisième place en Amérique du Nord, après la Californie et le Massachusetts deux des états les plus riches de la planète…
Pas mal pour une petite ville de 7 millions d’habitant qui ne parle pas la langue du coin et où les systèmes de santé et d’éducation sont gratuits. Trouvez-là-moi la ville ou l’état de 7 millions d’habitants aux États-Unis qui peut se vanter d’être un chef de fil dans autant de domaine tout en faisant près de 50% de la R&D su pays!
Ceci dit ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de place pour l’amélioration. Je comprends la critique, pour l’entrepreneuship, les investisseurs et la productivité et ce même si je sais pertinemment, et par expérience, que productivité et R&D ne vont pas de paire. Mon seul problème c’est cette attitude d’approche négative de la chose.
Pourquoi ne pas avoir fait un dossier sur l’économie québécoise en présentant ses forces et ses faiblesses et les comparaisons de mises de façon à montrer jusqu’où il nous serait possible d’allez si nous prenions telle ou telle mesure, si nous adoption telle ou telle loi ou règlement, si ensemble nous décidions de pousser dans telle ou telle direction plutôt que de nous comparer point par point avec les meilleurs pour mieux nous faire la leçon…
Le coût de l’insouciance, ce n’est pas celui de ce Québec qui est moins productif, c’est plutôt celui de ces experts en économie qui sont incapable de présenter un bilant claire et honnête du Québec économique d’aujourd’hui et mettre sur la table des pistes solutions pour aider entreprises et gouvernement à s’améliorer.
jpm