Archive for the 'Société' Category

Bulletin de la prospérité du Québec

Tuesday, September 7th, 2010

J’ai parcourus le rapport sur la prospérité du Québec (.pdf) publié il y a quelques semaines par le conseil du patronat du Québec.

Le document est intéressant. Les indicateurs choisis sont pertinents. Pour certains, tels que le taux de diplomation ou l’intégration des immigrants il est difficile de ne pas constater le retard du Québec. C’est clair qu’on a des croûtes à manger. C’est clair qu’on va devoir faire des efforts et je parle ici d’efforts tant au niveau de la réglementation – intervention gouvernementale – qu’au niveau social et culturel.

Pour certains autres indicateurs par contre l’impartialité du rapport peut être mise en doute. La mesure du fardeau fiscale, par exemple, comporte, ramené sur le PIB, ce que verse les sociétés, les particuliers et l’État (Hydro-Québec), il nous est donc impossible de juger du poids qui revient à l’industrie au Québec par rapport aux autres. D’ailleurs pour ce même indicateur, il est intéressant de constater que la plupart des pays dont le fardeau fiscal est moindre que celui du Québec sont dans le trouble ces jours-ci (États-unis, Irlande, Grèce, Japon) alors que ceux qui ont un fardeau fiscale plus grand font parti des pays que l’on cite toujours à titre d’exemple de réussite tant sur la plan social qu’économique (Finlande, Autriche, Belgique, Norvège, Suède, Danemark). Bien sûr il ne s’agit pas simplement de prélevé des impôts encore faut-il bien les utiliser – notre principale lacune est probablement là.

Autre indicateur d’intérêt, le coût de la main d’œuvre. Dans ce tableau où le Québec obtient un D (par rapport aux autres provinces) on compare le coût réel d’un salaire de 40 000$ pour un employeur. Le coût inclus le RRQ, l’assurance emploi, santé sécurité au travail etc. L’Alberta où le coût est le plus bas se situ à 43 500$ alors que le Québec frise le 46 000$… Or en faisant des recherches sur les autres classement de ce type, je suis tombé sur une remarque fort pertinente sur les performances du Québec dans ce type de classement : On soulignait la bonne position du Québec pour attirer de nouvelles entreprises par son bas niveau salarial. En effet, comme le coût de la vie est moindre au Québec, les salaires sont également moins élevés…

Voici les données de Statistique Canada à ce sujet : Salaire moyen en juillet 2010 au Québec (20.69$/h), en Ontario (22.88$/h), en Alberta (24.99$/h) et en Colombie-Britannique (22.54$/h). Ainsi à 40h par semaine le québécois moyen coûte 43 000$ alors que l’albertain moyen coûte tout près de 52 000$ soit 9 000$ de plus .. moins la différence de coûts pour l’employeur 2 500$ .. ce qui fait que le salaire moyen au Québec est de 6 500$ de moins qu’en Alberta – ce qui vaudrait au Québec un A plutôt qu’un D.

…

J’ai mentionné un peu plus haut d’autres classements du type. Fait intéressant, dans les deux classements que j’ai pu retrouver sur les meilleures villes canadiennes pour faire des affaires, le Québec se classe parmi les premiers.

En 2009 pour le palmarès FCEI, le Québec est en tête avec la Saskatchewan. On y souligne entre autres les « fortes racines entrepreneuriales », un autre secteur où le Québec obtient un D selon le Conseil du patronat – quoi que j’ai plus tendance à croire que la vérité se situe au milieu…

En 2007, dans le magazine Business Week le Québec fait encore meilleure figure! Six villes Québécoises se classent parmi les 10 premières avec Sherbrooke en tête. On y souligne d’ailleurs que c’est Québec qui arrivait en tête en 2006! Les indicateurs ne sont pas nécessairement les mêmes, mais ils se rejoignent en grande partie.

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Bref, il y a place à l’amélioration, mais j’ai l’impression que le tableau n’est pas aussi noir que le Conseil du patronat veut bien nous le faire croire.

Cela dit, le pire problème c’est probablement l’immobilisme et cette réelle absence de discussion au Québec. Il y a des problèmes, on doit en parler, mais on dirait que rien avance et que tout le monde reste campé sur sa position.

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Le panoptique participatif

Friday, September 3rd, 2010

Hier j’ai reçu par internet un petit vidéo montrant quelqu’un en train de faire un acte répréhensible dont la description serait inutile. Ladite vidéo était accompagné d’un commentaire enjoignant les gens à identifier et à retrouver la personne prise en flagrant délit de mauvaise conduite.

Cette demande de vengeance populaire m’a fait penser à cette idée du « participatory panopticon » dont certains sites tel que WorldChanging annonce la venue.

Le panoptique participatif, décrit comme un avènement inévitable dans nos sociétés, est présenté comme la surveillance de son plein gré de tous par tous et ce grâce à toutes ces caméras et autres moyens technologiques d’enregistrer les agissements d’autrui. Beaucoup semble y voir de grands avantages. Savoir qu’à tous moments la société peut vous épier et vous coincer par la force du réseautage peut être un excellent élément dissuasif. C’est d’ailleurs le rôle de la police et des caméras déjà installé dans les lieux publics. Mais dans le panoptique tout le monde observe tout le monde – nous sommes la caméra et internet est le système de surveillance, de jugement et de condamnation…

D’un autre côté on peut aisément associer le panoptique à Big Brother, cette entité supposée bienveillante qui contrôle tout et qui peut très détruire quelqu’un par sa simple volonté. Si intéressante que soit l’idée, nous ne sommes jamais à l’abri d’une dérive schizophrénique  ou conspirationiste collective. Il n’est pas toujours évidant de connaître le contexte des actes de chacun et l’angle de vue d’une caméra ne sera toujours qu’un seul angle de vue.

Je n’ai pas pu la retrouvée, mais je me souviendrai toujours de cette vidéo où l’on voyait un policier blanc tirer sur un jeune noir après que ce dernier ai laissé tomber son arme. Tout le monde croyait avoir affaire à un crime odieux et raciste, mais une seconde caméra, donnant un autre angle montrait que le garçon avait un second fusil et que le policier derrière lui venait de voir le jeune homme l’attrapé pour faire feu.

Alors le panoptique (qui par ailleurs était à l’origine un modèle de prison) est-il un avènement pour le mieux ou une autre pente glissante sur laquelle la société s’engage lentement mais sûrement?

Comme dans toutes choses, il s’agit encore ici de ne pas tout prendre pour acquis et d’essayer de ne pas se laisser avoir par les conclusions des autres…

D’ailleurs, la petite vidéo que j’ai aperçu hier avait mystérieusement disparu ce matin quand j’ai tenté de la retrouver pour ce billet.

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Petit tour au États-Unis

Tuesday, August 31st, 2010

Je suis allé faire un petit tour au États-Unis cette fin de semaine. Trois jours, vendredi, samedi, dimanche – un trip de gars : Quatre heures de route par jour, petites bouffes rapides en chemin, dodo dans l’auto, tout ça pour faire quatre belles demi-journées d’escalade de bloc à Lake Placid et Smugglers Notch. Il a fait super beau, les conditions étaient excellentes et la route enivrante, mis à part la 20 bien sûr. Bref, j’ai fait un beau petit voyage.

Comme à mon habitude j’ai pris le temps d’observer le monde qui m’entourait et de prendre quelques petites notes.

Je n’ai visité que des petits villages. J’ai bien apprécié, comme partout au ÉU, le grand respect des automobilistes envers les piétons. Surtout sur les petites artères commerciales qui font généralement le cœur de ces villages, on y retrouve toujours une multitude de passages piétonniers auxquels les conducteurs sont obliger de s’arrêter pour laisser passer les piétons. Ça rend la rue plus vivante, plus sécuritaire et surtout ça ralentis grandement la circulation.

Autres points positifs, il semble y avoir beaucoup de petits groupes de musique qui se produisent un peu partout. Des fois en plain air pour la ville, d’autres fois dans des petits bars. C’est quelque chose qui manque au Québec. Évidemment, ces petits événements attirent toujours leur lot de spectateurs, mais le plus impressionnant c’est de constater à quel point les activités communautaires sont courantes et fortes au États-unis. Il y en a partout autour d’une multitude de thème. Les américains se rencontre plus que nous et la pression de la communauté (le jugement des pairs) est probablement plus grande là-bas, mais dans un sens positif ou du moins dans la majorité des cas. C’est probablement un point qui peut expliquer comment ce grand pays réussit depuis des décennies à se passer en bonne partie des services d’un État providence.

Aussi, la plupart des petits villages que j’ai traversé avaient des petits restos sympathiques avec de la bonne bouffe et un décor au goût du jour. Cela dit, les États-unis, c’est le monde de la façade. On s’organise pour que ça ait l’air beau, mais pas plus. Par exemple, le Starbucks du Lake Placid of l’internet sans fil, commandité bien sûr, mais ils ont bouché toutes les prises de courrant du café donc pas moyen de recharger son portable ou autre…

Côté décor, j’ai aussi mis le doigt sur les différences qui font d’un village américain ce qu’il est. Premièrement, il y a toujours trois Église par village, chrétienne, protestante et méthodiste, disons que ça surprend pour des petits bleds qui comptent moins de 1000 habitants. Il y a aussi cette architecture typique des bâtiments officiels, toujours ces briques rouges et ces grandes colonnes blanches qui encadre l’entrée. Dernière différence importante : L’aménagement des terrains résidentiels, c’est frappant. Chez nous, les gens ont souvent de petites maisons bien dissimulées derrière les arbres, ils veulent de la tranquillité, alors que de l’autre côté de la frontière les maisons sont souvent au milieu d’un grand terrain avec de grands espaces verts tondu de sorte que les villages offrent, du côté des maisons toujours une très belle vue sur le paysage qui les entourent.

Dernière observation, qui se veut aussi un conseil… Si vous partez en « road trip » et que vous coucher dans votre char, assurez-vous de bien repérer l’emplacement des McDo, c’est bien pratique une salle de bain que l’on peut utiliser quand bon nous semble surtout si on se lève avec la tête ébouriffé.

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Gauche Droite : le combat se fait dans l’ombre

Thursday, August 26th, 2010

J’ai affirmé à quelques reprises que le combat gauche/droite était dans une certaine mesure dépassé parce que tout ce passe dans le centre, mais il n’en demeure pas moins que les idéologies sont là et que les deux camps se livrent une bataille à finir.

Cela dit, cette bataille ne se fait pas sur la place publique, elle n’a pas lieu dans les journaux et le bon citoyen n’y voit rien sauf quand il est trop tard – surtout quand il s’agit d’avancé de la droite.

Il y a quelques semaines tout le monde s’est mis à parler de cette dépense de 700 millions que le gouvernement projetait de faire pour remplacer les panneaux de circulation. Certains journalistes on relevé le fait que la fabrication de panneaux avait récemment été laissé au privé… En effet, avant c’était une entreprise gouvernementale qui produisait lesdits panneaux. Cette entreprise était parmi les plus efficace dans le domaine et pas juste au Québec, mais dans le monde. La boîte faisait des panneaux pour plusieurs autres États! Mais nous l’avons fermé pour laisser la place au privé – parce que le gouvernement à pas d’affaire à faire des panneaux. Ah non et pourquoi pas s’il a une expertise et qu’il réussit à être le meilleur?

Pourquoi ne pas avoir demandé des soumissions aux autres plutôt que de fermer l’entreprise? Parce qu’il ne réussissait pas à avoir de contrat, hé bien tant pis c’est ça la loi du marché! Mais c’est drôle, on ne l’applique qu’au privé, quand il s’agit d’une entreprise publique ça ne compte pas!

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Ces jours-ci c’est le ministère du revenu que le gouvernement Charest veut privatiser! Pas sûr que ce soit une bonne idée, vraiment pas sûr. Mais jouons le jeu. S’il voulait vraiment rendre le tout plus efficace il mettrait le ministère en compétition avec d’autres entreprises pouvant rendre le même service or ce n’est pas ce qu’il fait. Notre gouvernement pense transformer le ministère du revenu en agence. Il remplace un monopole d’État par un monopole privé – créant du fait même le plus gros sous-traitant du gouvernement. Un sous-traitant avec un conseil d’administration composé de gros joueurs du privé et n’ayant que peu de compte à rendre au gouvernement.

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Donc la guerre idéologique existe belle et bien et elle se déroule dans l’ombre. Mais il y a pire. On le constate aisément, les chantres de la privatisation ne veulent pas de saine compétition de libre marché, ils veulent simplement une déréglementation qui va être payante pour eux!

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Bellemare, Bastarache et Saint-Placide

Wednesday, August 25th, 2010

Ces jours-ci, il est difficile de suivre autre chose que la commission Bastarache. Tout est analysé, passé au peigne fin et interprété. Il faut dire que les allégations de M. Bellemare ne sont pas légère et qu’elle donne beaucoup de poids aux autres allégations de conflit d’intérêt, de collusion et de corruption qui lierait le gouvernement et le monde de la construction.

Cela dit, au-delà de la gravité des allégations et de tout ce qui en découle sur les malversations, les dépenses du gouvernement et autres malaises démocratiques, si vous êtes comme moi, vous vous êtes probablement demandé en quoi un juge mis en place par des amis du parti ou des bailleurs de fonds peut être utile. Hé bien, j’ai trouvé une réponse intéressante dans le journal de ce matin. Le cas remonte à 2006, mais il est toujours en cours…

Il s’agit d’un dépotoir, celui de Saint-Placide. En 2006, il a été partiellement privatisé, mais la décision a été contestée. La privatisation avait été accordée par un juge. Elle fut contestée par la municipalité qui arguait qu’il s’agissait là de la privatisation d’un bien publique sans débat… Aujourd’hui le site de Saint-Placide fait encore les manchettes, parce que ladite privatisation (toujours constatée) permet à l’entrepreneur d’être très entreprenant et de permettre à la ville de Longueuil d’aller y enfouir ses déchets…

Bref, quand on a des amis bien placés dans les tribunaux, ça simplifie la déréglementation quand on veut prendre la contrôle de certains services…

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The show must go on

Tuesday, August 24th, 2010

Les dernières nouvelles sur le plan du réchauffement climatique ne sont pas bonnes. Je dirais même que ce sont les plus mauvaises jusqu’à présent.

On a observé une diminution impressionnante (40% depuis 1950) du phytoplancton, petite algue à la base de toute la vie marine et par ricochet d’une bonne partie de la vie terrestre.

On a également commencer a constater la fonte du pergélisol et l’évaporation par le fait même de grande quantité de méthane un gaz 10 à 20 fois plus efficace dans la réflexion de l’infrarouge et donc dans le développement de l’effet de serre. On parle même de bombe méthane parce qu’il peut y avoir emballement. Plus de méthane, plus de réchauffement et donc encore plus de méthane.

Bien sûr il y a encore de sceptiques. Ils ne sont pas certains que le phénomène soit complètement artificiel même si tous les indicateurs montrent le contraire!

Et qu’est-ce qu’on fait pendant que la planète se réchauffe à vitesse grand V? Rien.

Nous sommes tellement empêtré dans notre économie, dans nos façons de faire, dans nos petites habitudes collectives qu’il nous est impossible de s’arrête et de réfléchir à notre avenir.

Car soyons clair, ça prend un changement important pour ne pas dire radicale de notre façon d’envisager le travail, la consommation, l’économie et la société. Et, ce changement ne peut se faire que si la planète entière s’y met ensemble et en même temps.

Mais voilà, personne ne veut faire le premier pas parce que ça voudrait dire sortir du système et se retrouver dans une situation marginale insoutenable alors tout le monde continue… Alors le show continue, le show doit continuer parce qu’il n’y a pas d’alternative, parce que les autres continuent, parce que personne ne veut prendre le risque d’être le premier à arrêter…

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Ça se vérifie malheureusement tant au niveau personnel, qu’au niveau national ou mondial… L’humain est partout pareil. Tant qu’on a pas frappé un mur on continu. Espérons simplement que le mur arrive avant le précipice.

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Penser à long terme

Friday, August 20th, 2010

Je suis plutôt occupé ces jours-ci alors je vous renvois à un texte du journal Le Devoir aujourd’hui. Ce texte est le compte rendu d’une étude de la Financière Banque Nationale faite par Pierre Fournier (le compte rendu complet est disponible en pdf à le fin de l’article).

En gros M. Fournier constate ce que tous bon citoyen sait déjà à savoir que l’on ne pourra pas continuer comme ça. La croissance illimité est impossible, l’Occident va devoir diminuer son rythme de vie et il faut sérieusement commencer à penser à long terme… Mais bon là c’est un économiste d’une grande banque qui le dit alors ça va peut-être avoir plus de poids.

Voici un court extrait pour vous donner envie de lire l’ensemble.

” Des gouvernements à courte vue et des entreprises en quête de profits rapides se sont aussi plu à croire et à faire croire que le transfert de leurs emplois manufacturiers vers la Chine ou l’Inde n’était pas grave et était même souhaitable parce qu’ils seraient remplacés par d’autres, mieux rémunérés, dans les services, les hautes technologies ou ailleurs. «Cette illusion était d’un optimisme délirant, constate aujourd’hui Pierre Fournier. On n’est jamais parvenu à remplacer les emplois perdus, et bientôt c’est la Chine et l’Inde qui nous vendront des autos et des avions.» ”

Bonne lecture!

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p.s. Je me renseigne sur le bulletin économique du Québec publier le 18 par le Conseil du Patronat du Québec et je vous en reparle…

Quand le système déraille

Tuesday, August 17th, 2010

Le renouvellement des voitures du métro de Montréal est en train de devenir une véritable saga juridico-économique opposant à la fois la vision d’économie locale et celles d’économie mondiale libre et d’économie mondiale réglementé.

D’une part, il serait logique de pouvoir confier le renouvellement des voitures de métro à Bombardier, une entreprise local dans laquelle le gouvernement a beaucoup investi et qui donc à travers des contrats et des emplois aurait l’occasion de « rembourser » cette aide.

D’autre part, Bombardier fait des affaires partout dans le monde et si elle a pris de l’expansion, entre autres, en Europe c’est bien parce que d’autres pays qui compte de grandes industries capable de faire des trains lui a permis de soumissionner sur de lucratifs contrats.

Maintenant, comment tout ceci doit-il être géré? Peut-on permettre à tout le monde de soumissionner? Les entreprises voulant soumissionner ont-elles le droit de demander que l’appel d’offre soit refaite – comme cela s’est produit pour les voitures du métro?

Pire on apprend ces jours-ci que Zhuzhou menace de traîner la STM en cour si elle ne révise pas son appel d’offre pour y inclure un système sur rail alors que la STM (le client dans cette affaire) n’en veut pas!

…

Le problème ici c’est la réglementation, la judiciarisation des échanges économique. C’est l’habituelle opposition entre l’esprit et la lettre de la loi. L’esprit veut que les soumissions soient ouvertes à tous afin de permettre une saine compétition sans entraves nationales, mais la lettre n’est pas suffisamment subtile et permet d’exiger du client qu’il modifie son appel d’offre afin qu’un fournisseur puisse soumissionner – ridicule. Cela dit, ce n’est pas encore fait. Mais si ce cas va en cour, l’OMC devra se mouiller et clarifier la situation…

En passant vous savez qui est l’imbécile qui pilote le dossier pour Zhuzhou? Maître Julius Grey!

…

D’ailleurs on a eu droit à un autre bon exemple de mauvaise foi dans l’interprétation d’une « règle » lors des jeux olympique l’an dernier.

La sous représentation du français dans la cérémonie d’ouverture. Une sous représentation qui a value 38 plaintes au commissaire des langues officielles - soit 19 fois plus que celles déposé à propos du recensement en 10 ans…

Hé bien sachez que les organisateurs ont répondu en incluant dans le contenu francophone le poème L’Hymne du Nord traduit en anglais pour l’occasion de FX Garneau, l’excellente mais non moins anglophone pièce Hallelujah de Leonard Cohen…

Mais ce n’est pas fini! Pour les organisateurs il y avait au moins 25% du spectacle qui était francophone parce que la mise en scène était d’approche théâtrale, ce qui bien sur est non seulement francophone mais typiquement québécois!

Tant qu’à se moquer de règle aussi bien le faire en grand!

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Les jeunes politiciens

Friday, August 13th, 2010

Je regardais il y a deux semaines une entrevue au Francs Tireurs avec de jeunes politiciens. Vous savez, ceux qui font partis des jeunes libéraux ou des jeunes péquistes.

L’entrevue portait sur leurs idées et leurs partis respectifs certes mais aussi sur leur utilité réelle. C’est-à-dire l’utilité qu’ils ont non pas pour leur future carrière, mais bien pour leurs partis respectifs.

La réponse m’a surprise. Dans les deux principaux partis politique du Québec, le chef de l’aile jeunesse s’assoie au moins une fois par semaine avec le chef du grand parti. Mieux il assiste même régulièrement aux cocus et autres tables de travail.

Mais qu’en est-il de leurs propositions. Sont-elles utiles? Sont-elles trop idéologiques, trop déconnecté de la réalité citoyenne ou politique?

On en a une réponse fort intéressante aujourd’hui. Je ne dis pas que c’est toujours comme ça, mais cette fois-ci la proposition est excellente et fait la preuve que les jeunes sont parfois beaucoup plus perspicaces que le gouvernement en place…

Quoi que le gouvernement Charest fait peut-être simplement le dur d’oreille. Qu’importe, ça démontre au moins que les jeunes libéraux n’ont pas l’intention de suivre les traces de leurs prédécesseurs.

Quelle est donc cette proposition si intéressante? Obliger les députés à répondre aux questions posées lors de la période de question! Comment? En fournissant les questions 12 heures à l’avance et en les sanctionnant si il élude la question! Passez lire le fort intéressant commentaire (on y apprend des détails croustillants) de Jean-François Lisée sur son blogue.

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Chômage structurel

Wednesday, August 11th, 2010

Je suis allé un peu vite hier en parlant du chômage structurel aux États-unis et en disant que certains économiste n’y croyait pas vraiment. J’y reviens donc aujourd’hui pour préciser certains points.

Comme son nom l’indique le chômage structurel évoqué par le journal Le Monde, est lié à la structure de l’économie. On parle généralement de chômage structurel lors de transition dans le type d’économie d’un pays. Le passage d’une économie basé sur l’agriculture à une économie basé sur la production manufacturière en est une. Celle évoqué aux États-unis est le passage d’une économie manufacturière à une économie de service.

Pour les journalistes du quotidien français, les américains commence suite à la crise à ressentir la vraie transition de leur économie – une transition qui par ailleurs s’est déroulé sur une quinzaine d’années.

Pour bien d’autres observateurs le taux de chômage élevé et persistant que connaissent les américains est plutôt dû à la récente crise économique et au fait que l’économie peine à redémarrer.

Là ou ça devient intéressant c’est que le chômage structurel sous-entend un autre concept (qui sous-tend également une reprise lente ou inexistante) : L’équilibre sous optimal. C’est sur ce dernier concept que les idées des économistes divergent. Certains, les plus libéral, pensent que ce type d’équilibre ne peut exister.

L’équilibre sous optimal est un équilibre économique ou l’économie tourne normalement, mais avec une part importante de chômeur pour qui il n’y a que très peu de nouveau emplois. Prenons l’exemple de Dubaï. Depuis quelques année l’économie tourne à plein régime on importe des milliers de travailleurs pour construire d’immenses complexes d’affaire. Mais quand la construction sera finie, l’économie de Dubaï se retrouvera avec des milliers de travailleurs en trop, des travailleurs qu’elle ne pourra absorber dans son économie régulière.

D’autres causes peuvent également être à l’origine d’un équilibre sous optimal. Les changements technologique, une période de déflation, une crise économique profonde qui sape les bases de l’économie ou une combinaison des trois – ce qui s’approche de la réalité américaine.

Alors où en sont les américains? Difficile de dire, mais vous avez une bonne idée de la complexité de l’analyse macro-économique.

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